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PPRD Bas-Congo: Comment Boshab a intronisé Mbadu

Le gouverneur Jacques Mbadu
Le gouverneur Jacques Mbadu
Ce qui s’est passé il y a peu lors de l’élection du gouverneur du Bas-Congo peut être désormais considéré comme la consolidation de la démocratie au sein du parti cher à Joseph Kabila  
Le gouverneur du Bas-Congo Jacques Mbadu Nsitu a officiellement pris ses fonctions de président interfédéral du PPRD de cette province. Le mardi 1er avril, au siège du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD-, sis avenue Pumbu, Commune de la Gombe, le Gouv’ a été officiellement intronisé comme patron du parti phare de la Majorité présidentielle au Bas-Congo, au cours d’une cérémonie officielle présidée par le SG Evariste Boshab. Comme on pouvait s’y attendre, même loin de ses terres et de son fief, Mbadu a drainé une marée humaine qui a chanté et dansé à la gloire de Joseph Kabila, autorité morale du parti, sous un soleil en plein zénith!
 
Le PPRD affûte ses armes pour des échéances électorales à venir. Rien n’est laissé au hasard. Tous les dignes fils sont rappelés au bercail, question de maximiser toutes les chances de consolider le pouvoir du Raïs. Le 1er avril, loin d’être un poisson d’avril, le gouverneur du Bas-Congo, qu’on disait être en rupture avec son parti, s’est vu officiellement confié la lourde tâche de présider à la destinée du parti présidentielle dans sa province, à la veille de grands enjeux. Voilà qui vient clouer les becs à tous ceux qui disaient que Mbadu était comme «un enfant en rupture familiale». Son péché: le fait d’avoir postulé en indépendant à l’élection du gouverneur du Bas-Congo qu’il a remporté haut la main alors que le PPRD était sur le point de perdre cette stratégique province.
Depuis lors, les folles rumeurs ont circulé toute la République. Alimentées par ceux qui voulaient imposer leur diktat au sein du parti. Il y a eu certes un gros coup d’inquiétude quand Mbadu a pris la course contre Deo Nkusu, le candidat de la MP. Mais le solitaire n’a pas loupé l’occasion. Depuis le label Kabila se porte bien au Bas-Congo. Plusieurs fois, le Chef de l’Etat donné en froid avec le gouv’ s’y est rendu. On l’a vu côte-à-côte avec Mbadu. A Moanda, à la faveur de la connexion du pays à la fibre optique, Kabila a même pris place à bord d’une même jeep que le Gouv’. C’est rarissime.
Aujourd’hui, Mbadu a su se concentrer sur des actions qui favorisent la percée du Président dans une province jadis hostile. Pas étonnant que le PPRD lui rende l’ascenseur en faisant de lui son principal meneur au pays des Ne Kongo. Une action héroïque suffit à orienter un jugement. Celle de Mbadu en est une. Ceux qui étaient présents au siège du PPRD ce mardi ont été eux-mêmes témoins de l’événement. Tous les gros calibres du parti ont affiché complet à la cérémonie d’intronisation de leur camarade. «Ce n’est pas sa popularité qui nous a poussés à lui confier cette tâche», a commenté le professeur Emile Bongeli, secrétaire national chargé de communication du parti.
 
Boshab a senti le coup!
C’est vrai, Mbadu n’est pas que populaire! Opérateur économique, sénateur, député, gouverneur honoraire de la même province…l’homme présente des gros atouts susceptibles d’être exploités par le parti surtout pendant cette période charnière de la vie politique nationale. En tous cas, du gros calibre. Son intronisation reste une manifestation pleine des significations et d’enseignements: en se rapprochant davantage du parti à la veille de grands enjeux qui nécessitent des sociétaires de la MP des actes de loyauté et de fidélité indéniables, Mbadu envoie un signal clair à l’autorité morale et au chef du parti, le SG Evariste Boshab. Il veut assurer qu’il est aux côtés de Kabila pour le servir et servir ses projets pour la RD-Congo. Mais comment en est-on arrivé là? C’est simple à comprendre. La soumission, l’allégeance, la totale loyauté sont absolument nécessaires en politique. Comme la reconnaissance.
La politique est faite des hommes et des femmes. Rien d’autre. Avec les passions qui vont avec. C’est de cela qu’il est question dans les alliances -nécessaires-, voire dans les désamours. C’est de cela qu’est faite l’Histoire, petite ou grande. Il faut des passions pour rassembler, unifier, guider, diriger, montrer de la voie! Comment croyez-vous que De Gaulle, pas encore au pouvoir et la guerre encore inachevée, pouvait déjà louer la grandeur du peuple allemand et en dire toute son admiration utile à la future réconciliation qu’il estimait incontournable et imminente? C’est grâce à la passion qui permet certains reniements apparents mais efficaces au moment de la décision.
Mbadu a de la passion pour la démocratie. Et ce qui s’est passé lors de l’élection du gouverneur du Bas-Congo peut être désormais considéré comme la consolidation de la démocratie au sein du parti cher à Joseph Kabila. Aujourd’hui, son courage ou son risque bénéficie au parti et à toute la Majorité. Mbadu a cru participer au combat de Kabila en mettant en avant ses propres qualités, ses propres énergies pour l’intérêt du groupe. Il est à la fois loyal, digne et fidèle à ses convictions. Il a su se battre pour offrir le Bas-Congo à Kabila. Sans nul doute, la province est dans le giron. Politique averti, Boshab a senti le coup alors que le pays s’avance vers des échéances à hauts risques.     
Henry MBUYI 
Achille KADIMA MULAMBA

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