
C’est un appel à l’action que Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-, a lancé le samedi 1er novembre. Lors d’un entretien avec les médias du Vatican, Mgr Muteba a exprimé ses réflexions sur la dernière Conférence internationale de Paris consacrée à la paix dans la région des Grands Lacs. Il a salué cette initiative, qui s’aligne avec la position des Églises catholique et protestante en République Démocratique du Congo, lesquelles ont élaboré un document commun pour organiser un dialogue national inclusif.
«Le dialogue est justement une des étapes dans le processus synodal. Il n’est qu’un moment parmi d’autres», a-t-il souligné.Le document, soutenu par presque toutes les Églises du pays aujourd’hui, résulte d’une longue concertation dans le cadre du «Pacte social pour la paix et le vivre ensemble en République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs». Ce texte, adopté par la commission ad hoc créée par la Présidence de la République, attend toujours des actions politiques concrètes de la part du président Félix Tshisekedi pour être appliqué, a indiqué Fulgence Muteba.
Une démarche à la fois pastorale et patriote
Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’Église du Christ au Congo -ECC- intensifient leurs échanges. Selon le président de la CENCO, ces discussions avec divers acteurs politiques et diplomatiques ont permis de jeter les bases d’un véritable processus de réconciliation nationale, dont la feuille de route est le premier pas. «Ce document prépare précisément le dialogue», a-t-il affirmé, tout en confirmant que l’Église est prête à accompagner les étapes suivantes. Néanmoins, Mgr Muteba a précisé que ce «cahier des charges» est celui du peuple RD-congolais et non des Églises, «afin que la paix devienne réalité».
Bien que Mgr Muteba apprécie les initiatives internationales, en particulier celles de Paris, il estime que le moment est venu pour le gouvernement de la République d’agir. «Nous soutenons toutes ces initiatives, mais nous attendons que le président de la République prenne les décisions inscrites dans cette feuille de route», a-t-il déclaré. En tant que garant de la Nation, le Président Tshisekedi, selon la CENCO, doit faire avancer ce processus de réconciliation.
En soulignant l’initiative des Églises, le prélat catholique n’a cependant pas négligé les nombreux processus de paix en cours à l’international, notamment à Washington et Doha. Toutefois, il reste convaincu que la solution durable ne pourra émerger que d’un dialogue entre Congolais. «Nous pouvons aller à Washington, à Doha, à Paris, mais les véritables enjeux se jouent sur place. Ce sont les Congolais eux-mêmes qui doivent se rassembler autour d’une table selon le schéma que nous avons tracé», a-t-il insisté.
Malgré les obstacles et la lenteur des progrès, le prélat reste optimiste quant à une issue favorable, tout en déplorant une «perte de temps et de vies humaines» qui aurait pu être évitée. «Nous ne recherchons pas une paix temporaire, mais une paix qui incarne le respect des valeurs humaines et un développement authentique», a-t-il ajouté. Pour sa part, Félix Tshisekedi a souvent exprimé son soutien au dialogue, mais pas avec les RD-Congolais qu’il considère comme «inféodés» aux pays étrangers. Cette position contraste avec l’inclusivité prônée par le duo Cenco-Ecc.
WIDAL
