Dossier à la UneNation

Pourquoi le Général Ndaywel avait traqué Gisèle Busima

Les langues se délient à Kinshasa après l’annonce par la presse belge d’une nouvelle plainte déposée en Belgique contre le Général Christian #Ndaywel. Des sources sécuritaires confient qu’à la suite de l’arrestation par les FARDC en avril 2024 de Éric Nkuba, un proche de Corneille Nangaa à l’aéroport de Dar es Salaam, les renseignements militaires avaient retrouvé parmi ses contacts une dame présentée suspectée espionne du Rwanda. Son nom: Gisèle Busima Nebale, ayant comme activités apparentes un poste dans une banque commerciale de Kinshasa, où elle gérait des clients VIP.

Gisèle Busima a été retracée, traquée, interpellée et détenue pendant plusieurs semaines dans les locaux de l’ex-Demiap, où elle avait livré des éléments à sa connaissance et son téléphone passé au peigne fin a révélé ses relations privilégiées avec Corneille Nangaa, l’actuel coordonnateur de l’AFC/M23 comme l’attestent les captures des appels vidéos entre les deux partenaires auxquelles les médias ont eu accès. Madame Busima est aussi connue pour avoir travaillé comme assistante à la Commission électorale nationale indépendante -CENI- sous le même Nangaa.

«Naturalisée américaine, Gisèle Busima, jamais séquestrée mais détenue par les renseignements militaires pour raisons d’enquêtes liées à la sûreté de l’État, a pu être relâchée après plusieurs pressions de l’Administration américaine», confient des sécuritocrates précisant que l’avocat belge de la présumée espionne plaignante est le même qui a déjà gére plusieurs dossiers judiciaires délicats du Régime Kagame.

Certains médias ont pris la liberté de condamner à l’ex-chef de l’ex-Demiap et au ministre, avant même les conclusions du Parquet et un jugement, violant ainsi leur droit à la présomption d’innocence. Une démarche orientée qui suscite des questions de la part des observateurs attachés à l’objectivité et la lucidité.

Rêve de nuire? Intention de nuire? Comment ne pas y penser tant l’auteure de la plainte commence par affirmer avoir été abusée mais se perd par la suite, ne fournissant aucune preuve pour étayer ses allégations? Dans son récit, elle fait état d’une supposée relation sentimentale avec le ministre, prétend avoir pris la décision de rompre pour avoir eu connaissance de l’existence d’une rivale… Comment pousser le bouchon à ce point s’il n’y avait pas volonté de faire mal et mettre en péril le mariage de la personnalité visée?

Autre hypothèse. Dans sa plainte, nulle part Dame Busima ne parle d’une rencontre avec son prétendu bourreau dans les locaux de l’ex-Demiap. Nulle part elle ne fait part des menaces reçues de la part du présumé ex-compagnon ou d’une quelconque relance de sa part pendant tout le séjour dans les installations du renseignement militaire. Parce qu’il s’agit d’un renseignement militaire, n’est-il pas fondé que tout suspect soit retracé, interpellé et détenu le temps des investigations? Ce raisonnement ne suffit-il pas pour constater l’incohérence du récit transmis au Parquet fédéral belge? Gisèle Busima a-t-elle été interpellée par le renseignement militaire? Oui.

En présence de son avocat, selon sa propre plainte. Mais pour l’avocat n’a jamais dénoncé alors que sa cliente était en danger comme elle l’affirme dans sa plainte? Pourquoi n’a-t-il jamais saisi les structures de défense des droits de l’homme mais se montre du coup prêt à aller délier sa langue devant la justice belge? Pourquoi ne s’est-il pas intéressé à la presse pour en faire large écho? Pourquoi a-t-il omis d’en parler à la Famille Busima qui se chargerait d’alerter les autorités et les structures compétentes? Si la Famille avait pu être saisie, pourquoi se serait-elle tue dans toutes les langues? Bizarre.

L’ex-Demiap avait-il raison d’interpeller Gisèle Busima? Oui, sur base des éléments trouvés dans le téléphone de sieur Éric Nkuba, ce proche de Nangaa interpelé dans la capitale tanzanienne, conduit à Kinshasa par les FARDC et mis à la disposition du renseignement militaire?

Au nombre de ces éléments, les sources sécuritaires citent plusieurs interactions dont des captures des appels vidéos, à des heures parfois indues, entre Busima et Nangaa dont la plaignante a été assistante à la CENI. Seraient-ce les fameuses photos intimes dont la plaignante dit craindre l’étalage public à titre de représailles?

Pour les sécuritocrates, Busima, présentée comme espionne du Rwanda, a été prise pour des raisons d’enquêtes liées à une menace contre la sûreté de l’État. Légitime. Normal. À ce stade, aucun raisonnement objectif ne saurait comparer sa détention à une séquestration, encore moins pour une affaire salace.

L’ex-Demiap a peut-être eu le flair avant de céder à la pression américaine pour relâcher Busima. Le choix, fut-il libre, de Maître Bernard Maingain, avocat connu proche de tous les dossiers de Kigali, de devrait-il pas donner matière à réflexion?

À en croire les sécuritocrates, on n’est pas loin d’une collaboration suspecte et bien ficelée avec le Rwanda, non seulement prêt à tout savoir, tout connaître sur les responsables politiques et sécuritaires de la République Démocratique du Congo, mais aussi prompt à écorner l’image sinon neutraliser quiconque empêche son Régime de dormir. Voici que dans le cadre de ses activités professionnelles comme employée dans une banque commerciale de Kinshasa, Busima avait en charge des personnalités VIP.

Natine K.

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