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Pierre Lumbi et les millions indiens de l'hôpital du Cinquantenaire

Comment l’ancien ministre des ITPR et autres grands commis de l’Etat et expatriés indiens ont floué la République dans le contrat d’approvisionnement des équipements techniques du centre hospitalier dont le personnel a décidé de débrayer
Il y a du vrai et du faux dans ce que le Dr Rahman Hazeeb, l’Indien placé à la tête de l’Hôpital du Cinquantenaire, raconte pour condamner la grève du personnel RD-congolais de ce centre hospitalier.
Les investigations d’AfricaNews dévoilent qu’un contrat d’une durée de 25 ans a été signé en son temps entre le gouvernement de la République, représenté par l’ex-ministre d’Etat Pierre Lumbi, et Dr Rahman Hazeeb pour le compte de la firme indienne Padiyath Health Care.
A en croire les résultats d’une enquête de l’ambassade de la RD-Congo en Inde, le médecin, propriétaire d’une clinique dentaire et jamais de 18 hôpitaux appartenant à ses frères au Sud de l’Inde comme il le prétendait, affirme qu’il devait financer le projet à hauteur de 1,5 million de dollars par année et la première tranche a servi à payer les commissions de certains dirigeants RD-congolais, contre rien côté gouvernement.
A la pointe du dispositif, on trouve les noms de l’ancien ministre d’Etat en charge des ITPR Pierre Lumbi, devenu Conseiller spécial au cabinet du Chef de l’Etat, ainsi que d’un commis de l’Etat proche des dossiers chinois, à en croire un cadre proche du dossier. Rahman revient à la charge et soutient avoir décaissé le même montant la deuxième année.
Là encore, la pieuvre s’est servie… au détriment du personnel local.
Aux dernières nouvelles, le gestionnaire de l’Hôpital du Cinquantenaire assure y avoir déjà investi 10 millions de dollars dont 5 millions auraient servi à l’achat du logiciel de gestion, montant qu’il réclame au gouvernement.
Mais le doute s’installe après un tour dans les installations: les carreaux sont déjà fendus, les sanitaires hors d’usage, le scanner en panne depuis six mois… et 70% d’équipements ne fonctionnent plus. Ces réalités soulignent l’une des critiques majeures au sujet de 5 chantiers: des responsables ont plus visé les commissions que les résultats en faveur de la population.
Les dégâts sont énormes mais la presse locale, pourtant très critique à l’égard des Indiens depuis l’assassinat de la RD-Congolaise Cynthia Vechel Kadima par son mari indien, en fait rarement l’écho.
Le gestionnaire indien de l’hôpital du Cinquantenaire ne dit pas qu’il avait pris l’engagement d’apporter globalement 40 millions de dollars et de construire un Centre de cardiologie.
«La réalité est que docteur Rahman a tenté en vain d’obtenir un crédit dans une banque de la Place après avoir raté une promesse de financement de la famille royale d’un pays du Golf à laquelle il est attaché», moque un RD-Congolais intéressé au dossier.
Rahman ne dit pas non plus que tous les médecins indiens venus en RD-Congo à la faveur de ce contrat sont entrés au pays avec des visas de tourisme d’une validité de trois mois et sont en situation irrégulière. Comme il n’ose pas raconter comment il est allé jusqu’à séquestrer un Conseiller du Premier ministre en mission de travail à l’Hôpital du Cinquantenaire.
En mai dernier, l’Ordre des médecins a traduit en justice certains docteurs indiens de cet établissement pour exercice illégal de cette profession en RD-Congo. La plainte déposée à l’office du PGR incriminait le gestionnaire principal, le docteur Rahman Hazeeb, le même, ainsi que ses collègues Monis Gajdhar, Mufique Gajdhar, Ravi K.
Noble et consorts, tous jamais inscrits au tableau de l’Ordre. «Une irrégularité voulue et entretenue en âme et conscience par le gestionnaire de l’hôpital du Cinquantenaire en dépit du rappel à l’ordre du ministre», déplorait-on à l’Ordre des médecins.
Conséquence de cette gouvernance, le personnel RD-congolais de l’Hôpital est entré en grève le 11 juillet. Le mouvement a été initié pour réclamer le paiement d’un mois d’arriéré de salaire et dénoncer les conditions de travail au sein de cet établissement hospitalier, a expliqué un manifestant à Radio Okapi.
Selon lui, les responsables de l’Hôpital ne respectent pas le code du travail en vigueur en RD-Congo. Les grévistes reprochent notamment à l’administration de les faire travailler comme de simples sous-traitants.
Et même là encore, des sources indiquent que le patron de l’Emploi et de la prévoyance sociale affiche une attitude pour le moins suspecte.
Il semble que le Vice-Premier ministre Willy Makiashi a dû interrompre son congé pour venir rappeler le personnel en grève à reprendre le travail. Au motif que le contrat ayant été signé pour 25 ans, il ne serait pas possible d’envisager une révision de quoi que ce soit.
Un discours qui frise la fuite de responsabilité ou qui cacherait quelque chose d’autre. Les employés RD-congolais du Cinquantenaire soupçonnent le VPM d’être lui aussi passé à la casserole car leur situation ne semble pas l’émouvoir.
Au ministère de la Santé, on ne s’explique pas pourquoi l’hôpital du Cinquantenaire, un établissement public, doit continuer à fonctionner sans un Conseil d’administration ni un Comité de gestion régulièrement nommés.
Certaines sources laissent entendre que le dossier serait bloqué par certains conseillers à la Présidence de connivence avec l’administration indienne de l’hôpital.
Et cela ne date pas d’aujourd’hui. A l’époque où le principal accusé, Pierre Lumbi, trônait comme Conseiller spécial déjà, le dossier avait été plusieurs fois évoqué et immédiatement recalé.
YAKAKESA

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