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Pétrole de Muanda: Sakombi prend le pari de la transparence avec la mise sur pied d’un cadre de concertation Perenco – communautés locales

C’est un grand pas vers une redistribution plus équitable des dividendes de l’exploitation du pétrole dans le territoire de Muanda. En mission de travail dans la province du Kongo Central, le ministre des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, a annoncé, lundi 08 juillet au terme d’une réunion quadripartite, la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre la société PERENCO, qui exploite le pétrole de ce territoire, et les communautés locales. L’exécutif, représenté par le ministère des Hydrocarbures, et le législatif, à travers le caucus des députés nationaux du Kongo Central, vont également faire partie de ce cadre permanent. «Je ne suis pas venu m’instituer en tribunal entre les uns et les autres. Mais plutôt pour qu’ensemble, nous œuvrions pour la paix et le bien-être de tous», a circonscrit le ministre.

Au cours de la réunion quadripartite tenue à l’hôtel Beviour de Muanda, les communautés locales, réunies au sein du Comité de concertation du territoire de Muanda -CCTM-, ont fait part de leurs doléances, à bâtons rompus, au Directeur général de la PERENCO, Arthur Gueriot, qui s’est fait accompagner de son adjointe, Yvonne Mbala. Le président du CCTM, John Nzinga, s’est chargé d’étaler les desiderata des communautés locales. «Nous avons apprécié la démarche du ministre de nous mettre en face de la Perenco», a-t-il déclaré, non sans noter avec satisfaction la détermination de Sakombi Molendo pour un dénouement heureux dans un «bref délai», en l’occurrence le décaissement des fonds pour financer des projets locaux d’intérêt général. «Ces projets sont déjà transmis au ministre. Il s’agit de la construction des écoles et des postes de santé», a  révélé John Nzinga, complété par la 2ème vice-présidente, Pauline Mbenza, qui a évoqué le «problème d’accès à l’eau potable» qui écume ce territoire. «Nous avons urgemment besoin de forages d’eau mais aussi de lutter contre les problèmes environnementaux», a-t-elle expliqué.

Associé à cette réunion et au cadre de concertation permanent à mettre en place, le caucus des députés nationaux du Kongo central a salué une démarche «pleine de transparence» du ministre Aimé Sakombi Molendo. «Au nom de la population, nous sommes allés vers le ministre pour afficher notre volonté de vouloir voir clair dans la manière dont le pétrole est exploité. Le ministre s’est montré très ouvert et nous avons posé les questions qu’il fallait», s’est félicité le député national Pierre Nsumbu, élu de Mbanza-Ngungu et président du caucus des députés du Kongo central, venu assister à cette réunion, accompagné d’un échantillon de députés nationaux du Kongo Central. De son côté, la PERENCO, tout en se félicitant de l’initiative du ministre des Hydrocarbures, a salué une étape qui marque le début d’un «dialogue franc et courtois». A propos des inquiétudes sur l’impact environnemental de l’exploitation du pétrole dans ce territoire, le DG de la PERENCO, a rassuré que son entreprise fait «l’objet des contrôles réguliers», faisant mentir certaines accusations.

Déterminé à initier une vraie refonte des Hydrocarbures, Sakombi Molendo entend entreprendre des «réformes courageuses». Avant de se jeter à l’eau, il a réservé au Kongo Central sa première mission hors de Kinshasa. Un choix «normal et logique», selon Sakombi Molendo, d’autant plus que cette province, la seule à produire actuellement du pétrole, est la plaque tournante de son secteur.

Fin d’un marathon plein d’enseignements

Muanda était la dernière étape du séjour de Sakombi Molendo dans la province côtière. Durant les trois jours qu’il a passés dans ce territoire, le ministre des Hydrocarbures a pu également palper du doigt la réalité de la contrebande pétrolière au poste frontalier d’Incat. Lundi dans la journée, il a été en haute mer pour inspecter, accompagné des experts de son ministère, le site d’extraction de la Perenco.

Avant l’étape de Muanda, il est passé à Matadi et Boma où il a visité un total de quatre terminaux pétroliers à Cobil, SEP Congo, Lerexcom Petroleum et Oritrans logistics. La mission finie, le ministre Sakombi, qui est rentré à Kinshasa, mardi 9 juillet en début d’après-midi, a promis de faire rapport à qui de droit. Avec l’aperçu général obtenu, Molendo entend désormais entamer son chantier de transformation des Hydrocarbures pour en faire un «puissant moteur de développement ultime». Pour relever ce défi, il pourrait s’inspirer de son «brillant passage» aux Affaires foncières où il a passé 5 ans à requinquer la gestion des terres.

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