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C’est la crise, le Parlement refuse d’organiser la cérémonie de prestation de serment des 3 juges constitutionnels nommés par le Président Tshisekedi

C’est la crise. En termes non voilés, la rencontre mardi entre le Président de la République et les présidents de deux chambres du Parlement a accouché d’une souris. Les hôtes du Président Tshisekedi sont restés fermes, dans la logique de leur regroupement politique, le Front commun pour le Congo -FCC-, qui crie haut et fort que les dernières ordonnances du Chef de l’État sur la mise en place de la magistrature violent la Constitution. Les sociétairesdu FCC demandent au Président de surseoir ces ordonnances. Voilà pourquoi Alexis Thambwe Mwamba et Jeanine Mabunda, au sortir de l’audience leur accordée par le Chef de l’État sur la question relative à la Cour constitutionnelle ont dit leur attachement aux textes. «Nous avons simplement dit au Président de la République que nous sommes attachés aux textes», a fait savoir le Président du Sénat. Même son de cloche de la part de la présidente de l’Assemblée nationale. «Nous pensons que notre lecture peut enrichir la façon de voir les choses», a ditJeanine Mabunda, évoquant le respect des textes légaux, indiquant que cela demeure un principe fondamental du Parlement.

Alexis Thambwe Mwamba et Jeanine Mabunda Lioko, respectivement présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, ont été reçus ce mardi 13 octobre à la Cité de l’Union africaine -UA- par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les entretiens entre les trois personnalités ont été axés principalement sur les questions relatives à la Cour constitutionnelle. L’on sait que les dernières nominations opérées par le Chef de l’Etat au sein de l’appareil judiciaire et particulièrement à la Cour constitutionnelle n’ont pas rencontré l’assentiment de ses alliés du Front commun pour le Congo -FCC- qui ont crié à la «violation intentionnelle de la constitution par le Président de la République».

Raison pour laquelle deux juges en cours de mandat à la Cour constitutionnelle mais nommés à la Cour de cassation n’ont pas prêté serment. Au-delà de la polémique, une crise institutionnelle est née. «Le sort de ces deux juges est déjà scellé», selon Tshisekedi pendant que le FCC dénonce la violation de la constitution et demande au Chef de l’État de rapporter ses ordonnances.

C’est dans ce climat de suspicion, d’une part, et dans le cadre des relations interinstitutionnelles, d’autre part, que les présidents de deux chambres et le Président de la République ont échangé sur Haute Cour.

Se confiant à la presse à l’issue de cette audience et affichant une attitude de réserve sans aller trop dans le détail, Thambwe Mwamba et Jeanine Mabunda ont affirmé que leurs discussions avec le Chef du l’État ont tourné autour de la question de la Cour constitutionnelle. «Nous avons voulu échanger avec le Président de la République sur les questions qui concernent la Cour constitutionnelle. Nous avons débattu la question de manière tout à fait sincère et il nous a fait part de ses sentiments. Nous allons nous retrouver encore prochainement à ce sujet», a déclaré Alexis Thambwe Mwamba, visiblement réservé face à des journalistes qui cherchaient vainement à lui tirer le vers du nez. Le président du Sénat a quand même lâché une phrase furtive sans aller dans le détail: «Nous avons simplement dit au Président de la République que nous sommes attachés aux textes».

Pour sa part, la speakerine de l’Assemblée nationale,Jeanine Mabunda Lioko, a souligné qu’il était de leur devoir d’édifier le Chef de l’État sur la perception qu’ils ont en rapport avec certains sujets touchant à la vie des institutions. Notamment le cas du rôle des assemblées qui est de produire les lois et d’effectuer le contrôle parlementaire. «Nous pensons que notre lecture peut enrichir la façon de voir les choses», a-t-elle dit, insistant sur le fait que l’attachement aux textes demeure un principe fondamental du Parlement. «Il faut laisser la primeur de nos entretiens qui vont se poursuivre à ceux qui nous ont reçus aujourd’hui», a déclaré Jeanine Mabunda.

Selon certains observateurs, en disséquant les propos des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, les violons sont loin de s’accorder entre le Président de la République et le Parlement RD-congolais. Contrôlé à 90% par les sociétaires du FCC, le Parlement tient à imposer la position du FCC, celle de voir le Président de la République rapporter ses dernières ordonnances. À l’allure où vont les choses, la prestation de serment des nouveaux juges de la Cour constitutionnelle est bloquée à cause des divergences de vue entre le FCC et le CACH, la coalition au pouvoir. C’est l’impasse.

Octave MUKENDI

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