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Onatra: les directives de Suminwa à Bemba 

Judith Suminwa veut désamorcer la bombe sociale à l’ONATRA : audit, salaires et redressement en ligne de mire. Face à la grave crise sociale qui secoue l’Office national des transports -ONATRA-, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a décidé de prendre les choses en main. Dans une correspondance adressée au vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, elle a transmis une série d’instructions claires visant à mettre fin aux tensions sociales récurrentes au sein de cette entreprise publique stratégique, en vue de restaurer une exploitation commerciale «efficace et efficiente» de ses activités fluviales et ferroviaires.

Parmi les mesures phares ordonnées par la Cheffe du gouvernement: un audit exhaustif des ressources humaines engagées depuis 2022, le paiement de cinq mois d’arriérés de salaires aux agents, l’élaboration d’un planning clair pour l’apurement des décomptes finals, ainsi qu’un inventaire complet du patrimoine immobilier de l’ONATRA.

Audit RH et transparence sur les effectifs

L’objectif de l’audit est de clarifier la situation réelle du personnel de l’ONATRA, en déterminant précisément le nombre d’agents actifs et de retraités, répartis par catégories. La Première ministre a fixé au 28 juin 2025 la date butoir pour la transmission du rapport d’audit.

Concernant l’apurement des salaires impayés, Mme Suminwa a autorisé un prélèvement sur la Redevance logistique terrestre -RLT-, au titre de subvention d’équilibre. Elle a insisté pour que les paiements soient effectués sur la base du fichier officiel des travailleurs actifs et retraités, afin d’éviter tout abus. En cas de besoin, elle a recommandé de faire appel à l’Inspection générale des finances -IGF- pour accompagner le processus et garantir sa rigueur.

Une réponse à un signal d’alarme syndical

Cette série de mesures intervient après les alertes répétées des syndicats représentatifs de l’ONATRA. Dès mai 2025, les délégués syndicaux, conduits par leur président Armand Osase, avaient rencontré la Première ministre pour exposer la situation critique que traverse l’entreprise : salaires impayés, gestion chaotique des ressources humaines, et détérioration des conditions de travail. À la suite de cette rencontre, Judith Suminwa avait relevé une «défaillance structurelle» dans la gestion interne de l’ONATRA, marquée par un management jugé «non prévoyant», et s’est engagée à répondre de manière structurelle aux revendications sociales.

Vers un redressement de l’ONATRA

L’intervention de la Cheffe du gouvernement vise à redonner un souffle à l’ONATRA, jadis fleuron du transport public en RDC, aujourd’hui minée par des années de mauvaise gestion et de tensions sociales.

Ces décisions s’inscrivent dans une volonté politique claire: remettre sur pied les entreprises publiques stratégiques, restaurer la dignité des travailleurs et renforcer l’efficacité des services publics, notamment dans un secteur aussi vital que celui des transports. La balle est désormais dans le camp du ministère des Transports, chargé de la mise en œuvre rapide et rigoureuse de ces directives.

WIDAL

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