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OCC: Julien Paluku engage une action disciplinaire contre le DG Tshimanga pour «fautes de gestion lourdes»

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a notifié au Directeur général de l’Office congolais de contrôle -OCC-, Étienne Tshimanga Mutombo, l’ouverture d’une action disciplinaire pour «fautes de gestion lourdes, insubordination et mise en péril des intérêts de l’Office». Dans un courrier daté du 28 janvier et consulté par AfricaNews, le ministre détaille une série de griefs qu’il qualifie de «faits d’une gravité exceptionnelle». «Il m’a été rapporté des faits d’une gravité exceptionnelle qui témoignent d’une volonté manifeste de s’affranchir des règles administratives, financières et éthiques régissant l’OCC», écrit Paluku.

Les trois axes des accusations

Selon la lettre ministérielle, trois ensembles de faits sont reprochés au Directeur général de l’OCC. Le premier concerne la gestion des ressources humaines et la violation d’instructions, principalement des recrutements «massifs» et des «promotions de grade frauduleuses» alors que l’Office peine à payer les salaires «dans les délais légaux» ainsi qu’une 

méconnaissance alléguée des «instructions formelles d’austérité» du ministre, avec une aggravation de la masse salariale. Paluku suspecte également Tshimanga d’avoir mis en place d’un «système de fraude technologique» via l’instauration présumée d’une «administration informatique parallèle» pour la gestion du contrôle des importations, «en marge des protocoles officiels».

Selon le courrier du ministre, l’activité soupçonnée est «particulièrement» concentrée à la Direction provinciale de Matadi, avec un déploiement «en cours» dans l’Espace Katanga, selon le courrier. Ce n’est pas tout. Le ministre soupçonne en outre le Directeur général de l’OCC des pratiques à la base d’un important manque à gagner et des actes frisant l’usage de faux à travers l’utilisation frauduleuse d’attestations de vérification BIVAC BV facilitée par la duplication du système parallèle.

Un préjudice financier direct estimé par le ministère à «plus de 25 000 000 de dollars» pour l’exercice 2025. Toujours selon la correspondance du ministre, 6 640 dossiers sont concernés, dont «87 % à Matadi». «Ce manque à gagner constitue un crime économique contre l’Office et, par extension, contre le Trésor public», soutient le ministre dans sa lettre.

Un ultimatum de 20 jours

Paluku enjoint Tshimanga de fournir des «explications écrites et documentées» dans un délai de 20 jours sur des points précis. Notamment la justification des recrutements «budgétivores» malgré la lettre ministérielle n° 593/CAB/MIN.COMEXT/kkd/09/2025 du 18 septembre 2025 interdisant tout recrutement sans autorisation préalable ainsi que l’identification des «concepteurs et administrateurs» du système informatique parallèle signalé à Matadi et en déploiement au Haut-Katanga. Tshimanga est aussi prié d’expliquer  l’évaporation des recettes liée aux fausses attestations de vérification -AV-, sous sa «supervision directe».

La lettre de Paluku conclut en invoquant «l’urgence» et la nécessité de «sauvegarder le patrimoine de l’État». L’OCC et son Directeur général n’avaient pas officiellement réagi au moment de publier cet article. 

Natine K.

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