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Muyej: son droit à la défense bafoué!

Entre Richard Muyej et l’Assemblée provinciale du Lualaba, c’est le désamour, la défiance. Se servant de la feuille d’observations de l’inspection générale des finances accusant le gouverneur d’avoir détourné plus de 300 millions de dollars, les députés provinciaux ont décidé de retirer leur confiance à ce dernier. Double problème: les conclusions de l’IGF ont été, comme d’autres ces derniers jours, critiquées pour leur caractère partial, étant donné qu’elles n’ont pas pris en compte les pièces justificatives transmises par le ministre provincial des Finances, et que le vote des députés l’a été en violation du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale.

L’IGF et l’Assemblée provinciale ont violé le droit à la défense de Muyej, sanctionné sans avoir été entendu, sans avoir eu l’occasion de donner ses éléments de réponse. Directeur de Cabinet adjoint du gouverneur Muyej, Yanick Tshisola a relevé toutes ces irrégularités lors d’une intervention à la radio «Top Congo Fm». «J’ai parcouru le Règlement intérieur, j’ai vu qu’ils se sont basés sur l’article 205 pour le mettre en accusation. Mais l’article 205 parle de la majorité absolue des membres composant l’Assemblée provinciale. Et la majorité absolue composant l’Assemblée provinciale c’est de 12 députés sur 22. Je pense qu’il n’y a pas eu mise en accusation du gouverneur Muyej», a décrié Tshisola.

Vendredi dernier, onze députés provinciaux ont voté pour le retrait de confiance au gouverneur Muyej et à tout son gouvernement. C’est à quoi s’est insurgé son directeur de Cabinet adjoint, évoquant en même temps les faux chiffres présentés par l’IGF et l’accusant, avec l’Assemblée provinciale, d’avoir violé le droit à la défense du gouverneur. «Non! Je crois que ces chiffres ne sont pas vrais. D’ailleurs comment ces chiffres seraient vrais lorsqu’on sait que la province du Lualaba mobilise plus ou moins 10.000.000 de dollars le mois?  300.000.000 millions de dollars c’est-à-dire que rien n’a jamais été fait dans le deux ans? C’est-à-dire qu’on a jamais construit des routes, des écoles… Tout l’argent a servi à mettre dans la poche? Je crois que c’est quand même très simpliste de pouvoir traiter des questions pareilles dans une procédure très cavalière où on ne respecte pas le droit de la défense.

Richard Muyej est député national élu, gouverneur élu et c’est une personne. Il a droit à ce qu’on appelle le droit de la défense», a tempêté Tshisola. Puis: «Vous savez, Richard Muyej est en contrôle médical en Afrique du Sud. Si cette Assemblée estime qu’il y a des choses à redire par rapport au rapport de l’IGF, elle devrait constituer une commission d’enquête afin de pouvoir vérifier les faits et non de le faire nuitamment comme ça, dans une Assemblée complètement assiégée par la Police et l’Armée, comme si on était dans un état de siège».

Avant Richard Muyej, José Makila, le PCA de la SCTP, avait lui aussi protesté contre sa suspension à la suite d’une procédure cavalière de l’IGF dont les inspecteurs avaient marché sur le principe du contradictoire, violant ainsi ses droits constitutionnels à la défense et la présomption d’innocence.

Tino MABADA

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