
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a animé mercredi une conférence-débat à l’Université de Kinshasa -UNIKIN- sous le thème: «Au cœur du processus de pacification de la RDC: comprendre pour agir -L’appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour la construction d’une paix durable». Devant un auditoire composé principalement d’étudiants, le porte-parole du gouvernement a exposé les grandes lignes des différents processus de paix auxquels la République Démocratique du Congo est engagée, notamment les récentes discussions de Washington, tout en appelant les jeunes à jouer un rôle central dans la construction d’un narratif national fort et résilient. «Il ne peut y avoir de paix durable si la jeunesse ne s’approprie pas l’histoire et ne participe pas à l’écriture du présent», a-t-il déclaré d’un ton ferme.
Contre les narratifs imposés, un récit RD-congolais à bâtir
Insistant sur l’importance de la mémoire historique, Muyaya a exhorté les jeunes à déconstruire les narratifs importés qui dépeignent la République Démocratique du Congo uniquement à travers les prismes de la guerre, du chaos ou de la dépendance extérieure. Pour lui, cette guerre n’est pas uniquement dirigée contre les institutions en place, mais remet en cause la souveraineté même du pays. «Cette guerre n’est pas seulement dirigée contre le président Félix Tshisekedi. Elle vise la souveraineté de la RDC. Elle doit être résolue une fois pour toutes, et cela commence par la conscientisation de notre
jeunesse», a-t-il martelé. Le ministre a encouragé la promotion d’un récit RD-congolais endogène, enraciné dans les réalités locales, les réussites nationales, la culture et les aspirations du peuple de la République Démocratique du Congo. Selon lui, le récit d’un peuple forge son identité collective, influence ses choix politiques et renforce son unité.
Rappel historique et sensibilisation
Très pédagogique, Muyaya est revenu sur le contexte historique du conflit RD-congolais. Il a rappelé que depuis près de 31 ans, le pays traverse une période de violences ininterrompues, dont les origines remontent notamment à l’afflux de réfugiés rwandais en 1994, à la suite du génocide. «Certains jeunes ici n’ont jamais connu une RDC en paix. L’accueil des réfugiés rwandais en 1994, sous pression de la communauté internationale, a marqué le début d’un engrenage dramatique pour notre pays», a-t-il souligné, visiblement ému.
L’université, au cœur du renouveau national
Dans son mot de circonstance, le recteur de l’UNIKIN, le professeur Jean-Marie Kayembe, a salué l’initiative du ministre, qu’il a qualifié de «cardiologue de l’information», capable de décrypter les enjeux complexes souvent détournés sur les réseaux sociaux. «Quel meilleur lieu qu’une université, où bat le cœur de la pensée nationale, pour parler de paix? Et qui mieux que Patrick Muyaya pour nous aider à comprendre les vérités dissimulées autour des accords de Doha ou du rôle des États-Unis dans la région?», a-t-il déclaré.
Un appel à l’engagement citoyen
À l’issue de son intervention, Patrick Muyaya a exprimé le vœu de voir émerger des «ambassadeurs de paix» dans chaque université, chaque quartier et chaque village du pays. Il a reconnu la frustration des étudiants, qui se sentent souvent exclus des processus décisionnels et marginalisés dans les médias traditionnels. Pour y remédier, il a proposé la création de plateformes citoyennes et universitaires permettant aux jeunes de produire, diffuser et défendre leur propre récit sur la RDC. Il a également mentionné le rôle stratégique de Radio Alma Mater, la radio universitaire de l’UNIKIN, comme canal privilégié pour porter la voix des étudiants et favoriser un dialogue permanent avec les institutions.
