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Muyaya: «Non seulement que le Rwanda viole délibérément l’accord mais il vise à régionaliser le conflit notamment en s’attaquant au Burundi»

Une réunion exceptionnelle s’est tenue mardi sous l’égide de la Première ministre Judith Suminwa, rassemblant les figures clés du gouvernement: les ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de l’Économie, des Finances ainsi que celui de la Communication et des Médias. En toile de fond, des préoccupations grandissantes sur la situation sur le terrain, plus précisément le corridor Kamanyola-Uvira dans le Sud Kivu, où l’urgence humanitaire s’intensifie, exacerbée par les bombardements rwandais et ses provocations incessantes.

À l’issue de cette rencontre cruciale, Kinshasa a exprimé des accusations sévères contre Kigali, qu’elle accuse une nouvelle fois de violer l’accord de paix signé le 4 décembre à Washington, tel que promis par les présidents Trump, Kagame et Tshisekedi.

Dans cette déclaration, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, n’a pas mâché ses mots: «Non seulement que le Rwanda viole délibérément l’accord de Washington mais il vise à régionaliser le conflit notamment en s’attaquant au Burundi». Face à cette situation explosive, le gouvernement fait appel au soutien des États-Unis, espérant que le médiateur américain interviendra pour mettre un terme aux manœuvres belliqueuses du Rwanda. «Il est impératif que les États-Unis interviennent et rappellent Kigali à l’ordre», a insisté le ministre de la Communication et des Médias.

Dans un appel à la prudence, le gouvernement enjoint la population à rester vigilante, soulignant: «Méfiez-vous du poison rwandais qui circule, visant à semer la panique et la confusion parmi les communautés». La tension est palpable, et la situation au Sud-Kivu mérite une attention accrue alors que les promesses d’un avenir pacifique se heurtent à la réalité d’un conflit toujours latent. Depuis le week-end, Luvungi a été le théâtre de violents affrontements.

Cette localité de l’est de la RDC était considérée comme le poste le plus avancé des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) appuyées par l’armée burundaise et des combattants pro-gouvernementaux. Les combats ont eu lieu au sol mais aussi dans les airs, avec l’usage de drones. Finalement, l’AFC/M23 a pris le contrôle de Luvungi. Les combattants y ont même tenu lundi un meeting devant les rares habitants encore présents.

Le mouvement a poursuivi son offensive vers le sud. Des combats de moindre intensité ont ensuite été signalés autour de Sange, à une trentaine de kilomètres plus bas. Sange est un point important : il abrite le bâtiment administratif du territoire d’Uvira. Il faut distinguer le territoire d’Uvira de la ville d’Uvira elle-même, qui est aujourd’hui la capitale de fait de la province.

Le Burundi hausse le ton

Selon des sources locales citées par RFI, les éléments de l’AFC/M23 ont quitté la zone de Sange pour descendre encore plus au sud, à une vingtaine de kilomètres de la ville d’Uvira. Une progression qui inquiète et qui agace les autorités burundaises, d’autant que la ville d’Uvira est directement adjacente à Bujumbura, la plus grande ville du Burundi.

Lundi, devant les diplomates étrangers, le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, a accusé directement le Rwanda. Il a affirmé que des positions de l’armée burundaise en territoire congolais avaient été attaquées. «Les attaques continuent sur des positions burundaises et congolaises», a-t-il déclaré, prévenant: «Le Burundi ne tolérera aucun acte remettant en cause sa sécurité. Nous avons prévenu le Rwanda. Si cela se répète, le Burundi a le droit de poursuite».

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