
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a sensibilisé le public américain sur l’agression dont la République Démocratique du Congo est victime de la part du Rwanda. En visite à New York pour la 80ème Assemblée générale des Nations Unies, le porte-parole du gouvernement a accordé un entretien exclusif à Richard Quest, animateur phare de l’émission «Quest Means Business» sur CNN, le vendredi 26 septembre. Au cours de cet échange, Muyaya a soulevé plusieurs thèmes clés concernant la situation dans son pays, notamment le partenariat stratégique avec les États-Unis et les perspectives de paix et de développement. Il a également souligné le génocide dont ont été victimes des millions de RD-Congolais à cause de leur nationalité.
«Il est impératif d’atteindre l’opinion américaine. L’interview de Muyaya sur CNN perturbe la stratégie rwandaise. Le Rwanda ne peut plus agir en toute impunité», a analysé Eric Kalu, un RD-Congolais résident à New York. Selon le ministre, seule la paix permettra d’exploiter pleinement les richesses et opportunités du pays. Il a également salué l’engagement du président américain Donald Trump et le soutien qu’il apporte aux initiatives de paix du président Félix-Antoine Tshisekedi.
«La paix ne s’obtient pas simplement par la signature d’accords. Il existe de nombreuses initiatives à mettre en œuvre sur le terrain. C’est pour cela que l’engagement de l’administration américaine est crucial pour garantir que chaque partie respecte ses engagements. Nous faisons notre part, mais il y a des doutes sur la volonté du Rwanda à faire de même. Ce n’est pas uniquement une question de soutien américain, il y a aussi des discussions à Doha où le Rwanda ne prend pas sa part de responsabilité», a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’implémenter ces accords pour instaurer une paix véritable et une sécurité durable, tant attendues par le peuple de la RDC.
De plus, il a salué l’engagement du président américain en faveur d’une paix qui assurerait la sécurité des enfants et mettrait un terme aux violences subies par les femmes. Selon lui, l’implication des États-Unis et leur capacité à exercer des pressions sur le Rwanda sont cruciales pour faire avancer les processus de Washington et de Doha, ce dernier étant lié à la coalition M23/AFC, perçue comme un instrument du Rwanda. Il a ajouté que, bien que la RDC respecte ses engagements, les comportements observés sur le terrain laissent planer des incertitudes quant à la volonté du Rwanda et de son proxy M23/AFC de soutenir les discussions à Doha comme prévu par l’accord de Washington. Il a rappelé que le M23 est sous sanctions américaines et que son dirigeant, également sanctionné, est un individu corrompu, véritable marionnette au service du Rwanda.
«Ce que nous espérons le plus aujourd’hui, c’est que les processus de Washington et Doha mènent à des résultats concrets. Une fois l’objectif de paix atteint dans cette région, je suis convaincu que la RDC pourra non seulement entamer son chemin vers le développement sous la direction du président Tshisekedi, mais que l’ensemble de la région progressera également. C’est pourquoi la paix est si essentielle», a-t-il précisé.
En ce qui concerne l’investissement, Patrick Muyaya a souligné l’immense potentiel de la RDC tout en mettant en garde contre ceux qui exploitent les richesses du pays par la force. Il a affirmé que la RDC est l’un des pays les plus riches du monde, avec un potentiel énorme. «Il y a de la place pour tous ceux qui souhaitent investir», a-t-il assuré.
Selon lui, les négociations actuellement en cours s’inscrivent dans le cadre du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis, portant sur plusieurs secteurs, allant au-delà des mines, en englobant l’énergie et les infrastructures. «Nous avons un partenariat stratégique avec les États-Unis depuis de nombreuses années, et nous ne parlons pas uniquement de ressources minérales mais aussi d’énergie, d’environnement et d’infrastructures. La RDC est au cœur de l’Afrique, entourée de neuf pays, et bénéficie de projets tels que le corridor de Lobito financé par des investisseurs américains», a conclu Patrick Muyaya, réaffirmant que la RDC, avec son immense potentiel, n’a besoin que de paix pour se développer.
