
Cinquante‑deux ans après sa première et unique participation à la Coupe du monde, la République Démocratique du retrouve enfin la scène planétaire. Les Léopards ont validé leur ticket pour le Mondial 2026 au terme d’un parcours intense, conclu par une victoire arrachée en finale des barrages intercontinentaux face à la Jamaïque, après prolongation. La nuit a été longue, le suspense total.
Avec un décalage horaire de sept heures entre Kinshasa et Guadalajara, la soirée du mardi 31 mars touchait à sa fin dans la capitale congolaise lorsque le coup d’envoi a été donné. Avec les prolongations, Kinshasa a retenu son souffle, vivant un réveillon mars‑avril inoubliable, jusqu’au but d’Axel Tuanzebe à la 100e minute. Auteur d’une prestation défensive parfaite, le central de Burnley a repris victorieusement un ballon qui traînait dans la surface des Reggae Boyz pour basculer l’histoire et libérer tout un peuple.
Cette qualification, la RD-Congo l’attendait depuis 52 ans ; elle a dû patienter 120 minutes de plus.
Le chemin vers ce succès n’a cependant pas été un fleuve tranquille. Engagés dans les éliminatoires africains, les Léopards ont manqué la première place, remportée par le Sénégal. Contraints de passer par les barrages africains, ils ont su répondre présent en éliminant successivement le Cameroun puis le Nigeria, avant de décrocher leur billet contre la Jamaïque.
La résilience comme fil conducteur
Au fil des rencontres, la RD-Congo a démontré une remarquable capacité à rebondir. Après une contre‑performance susceptible de fragiliser le groupe, le sélectionneur et ses joueurs ont su resserrer les rangs et relancer la dynamique. La solidité défensive, incarnée par une charnière disciplinée menée par le capitaine Chancel Mbemba et le mur Axel Tuanzebe, et l’efficacité offensive dans les moments clés ont été les piliers de cette campagne.
Plusieurs cadres ont répondu présents, tandis que de nouveaux visages ont émergé, apportant fraîcheur et détermination. Parmi les surprises de la sélection figure Brian Cipenga. Vice‑capitaine de Castellón en D2 espagnole, inconnu au début des éliminatoires, il est à l’origine de deux des buts décisifs des Léopards durant les barrages, notamment face au Cameroun et à la Jamaïque. À Guadalajara encore, il a pris le match en charge peu après sa montée sur la pelouse.
Une qualification au goût d’histoire
Cette qualification marque un tournant majeur pour le football congolais. Depuis 1974, sous le nom de Zaïre, le pays n’avait plus goûté à la Coupe du monde. Entre espoirs déçus et campagnes avortées, les Léopards ont longtemps couru après ce rêve. En validant leur billet pour 2026, ils mettent fin à plus d’un demi‑siècle d’attente et offrent au pays une nouvelle page à écrire sur la scène internationale.
À Kinshasa comme dans de nombreuses villes du pays, le coup de sifflet final a déclenché des scènes de joie. Klaxons, chants et drapeaux ont envahi les rues, témoignant de l’importance de cet exploit pour toute une nation. Bien plus qu’un résultat sportif, cette qualification incarne un symbole d’unité et de fierté nationale, dans un pays où le football reste un puissant vecteur d’émotions collectives.
Désormais qualifiée, la RD-Congo peut se projeter vers la Coupe du monde 2026 et le groupe K, aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. Après avoir brisé le plafond des éliminatoires, les Léopards nourrissent désormais l’ambition d’écrire une nouvelle histoire, avec, dans un coin de leur tête, l’envie d’effacer l’affront de 1974, lorsque leurs illustres aînés avaient encaissé 13 buts en trois matchs.
WIDAL

