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Mobilisation générale en faveur des élections: Bruno Tshibala annonce les couleurs

«Le 31 décembre, nous avons signé l’Accord du Centre interdiocésain. Avec cet accord, nous avons signé la paix des braves. Il n’est pas question d’Opposition ou de Majorité. Tous, nous devons travailler main dans la main pour organiser et tenir les élections», a martelé le nouveau chef du gouvernement, à Lemba, devant une foule en liesse
Le Président de la République, Joseph Kabila, a nommé, vendredi 7 avril, Bruno Tshibala Nzenze, secrétaire général adjoint de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- et porte-parole du Rassemblement, comme Premier ministre. La nomination s’est faite sur base de l’Accord du 31 décembre 2016 comme l’a indiqué l’ordonnance présidentielle lue à la télévision nationale.
Constitué autour de l’UDPS, le Rassemblement, frange de l’Opposition non signataire de l’accord du 18 octobre 2016, s’est scindé en quelques factions après le décès de son leader Etienne Tshisekedi, le 1er février. Félix Tshisekedi, fils du défunt opposant, a pris les fonctions du président, nouvellement créées, prenant les commandes d’une faction avec au poste de président du comité des sages Pierre Lumbi, membre du G7, proche de Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga devenu opposant.
Une restructuration rejetée par l’autre aile qui a porté Joseph Olenghankoy à la présidence du comité des sages. Bruno Tshibala, le nouveau Premier ministre de la République Démocratique du Congo, est issu de cette branche qui dit s’en tenir à l’acte de Genval et a pris part autour du Président Kabila aux consultations des 3 et 4 avril au Palais de la Nation destinées à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre, notamment la désignation du Premier ministre et la mise en place du conseil national de suivi de l’Accord -CNSA.
«C’est la flexibilité et le sens du compromis qui ont conduit Tshibala à la Primature. Nous lui souhaitons bonne chance», a déclaré dans un message posté sur Twitter l’opposant Steve Mbikayi, signataire de l’Accord de la Saint Sylvestre.
Et le directeur de cabinet adjoint du Président de la République, Jean-Pierre Kambila de renchérir sur le même réseau social: «Eh oui! La politique est l’art du possible, du compromis. Les extrémistes sont voués à l’échec».
«La politique est l’art du possible». Formule fameuse, expression du pragmatisme, signée du pur et dur républicain dans l’âme Léon Gambetta, cette bête de scène politique morte accidentellement à 44 ans en 1882, que le Tshikediste a fait sienne.
Nouveau visage, nouvelles couleurs
Qui l’eût cru? Un Tshisekediste pur, Bruno Tshibala, un autre visage de l’UDPS, un bagarreur de rue arrêté le 12 octobre 2016 à l’aéroport international de N’Djili, en partance pour Bruxelles, par le Pouvoir qui lui reprochait l’organisation des manifestations du 19 et 20 septembre à la base des graves incidents qui ont fait plusieurs victimes et incarcéré pendant des dizaines de jours au CPRK, s’installe à la tête de l’Exécutif six mois plus tard!
Tshibala en a donné l’explication samedi à la faveur d’une procession à laquelle des centaines de Kinois l’ont spontanément contraint samedi 8 avril à Lemba, où ce haut cadre de l’UDPS et du Rassemblement résidait encore jusqu’avant sa nomination.
«Le 31 décembre, nous avons signé l’Accord du Centre interdiocésain. Avec cet accord, nous avons signé la paix des braves. Il n’est pas question d’Opposition ou de Majorité. Tous, nous devons travailler main dans la main pour organiser et tenir les élections», a martelé le successeur de Samy Badibanga Ntita. En clair, aux termes de l’Accord du 31 décembre, le Rassemblement de l’Opposition s’est accommodée du maintien au pouvoir du Président Kabila en échange de la Primature et d’une élection présidentielle en décembre 2017.
Tshibala a annoncé les couleurs, ses nouvelles couleurs. C’est peu de dire que c’est un autre homme transcendé qui se révèle, parle à la classe politique et à l’opinion, et décrète une mobilisation générale en faveur des élections, avec un tempérament désormais pondéré, doué d’une saine appréciation des réalités.
En attendant les politiques, à Lemba, un échantillon du peuple anonyme, ce peuple qui occupe constamment la scène et prend toujours le premier rôle, des troubles à la paix ou vice-versa, de la pauvreté à la richesse, du sous-développement au développement, a accordé sa bénédiction et promis son soutien au Premier ministre.
AKM

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