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Milice de Kingabwa : L’Auditorat prié d’éclairer 8 zones d’ombre

En pleine capitale RD-congolaise, la Police a démantelé un camp d’une milice secrète au quartier Kingabwa, dans la commune de Limite, QG du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS/Tshisekedi. Ce démantèlement a provoqué non seulement un choc au sein de paisibles citoyens mais aussi des chaudes réactions dans tous les milieux socio-politiques ayant dénoncé le danger d’une guerre sournoise qui pèserait sur la ville de Kinshasa pendant que les provinces de l’Est du pays -Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu- ainsi que celle du Haut-Katanga notamment dans la ville de Lubumbashi et Kasumabalesa, l’insécurité bat son plein. Le doute d’une guerre civile préméditée se préciserait. Pour la milice de Kingabwa, l’Auditorat militaire est appelé à éclairer l’opinion sur les zones d’ombre ci-dessous.

De un, le Père Pierre Katumpa Mutanga Dibwe, Directeur à la Maison civile du Chef de l’Etat, aujourd’hui aux arrêts au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa -CPRK- ex-Makala, pour constitution d’un mouvement insurrectionnel, à qui faisait-il ses rapports, depuis mars 2020? C’est très important à savoir du fait qu’il a opéré en clandestinité depuis mars à août 2020, profitant de confinement de la ville de Kinshasa dû à l’état d’urgence décrété par le Chef de l’Etat pour faire face au Coronavirus. Deuxième point: lors du démantèlement de la milice de Kingabwa, le mercredi 26 août dernier, les éléments de la Garde républicaine -GR-, chargés de protéger le site, ont tiré sur les éléments de la Police nationale congolaise -PNC- venus en mission de service.

Pourquoi se fait-il qu’aucun élément GR n’a été jusqu’à ce jour transféré à l’Auditorat militaire? L’on estime que ces éléments pourront donner des informations utiles et nécessaires à l’Auditorat. De trois, la population RD-congolaise en générale et kinoise en particulier tient à savoir quelle a été la mission précise de ces GR à Kingabwa au site où on formait la milice? Et qui organisait leur relève? Les informations qu’ils fourniront permettraient à l’Auditorat militaire d’établir les responsabilités et de dire le droit dans toute sa rigueur.

Le 4ème point est aussi indispensable. Le Père Pierre Katumpa Mutanga Dibwe, Père Carme défroqué et chassé de l’Église catholique romaine, est notoirement civil. Qui assuraient la formation militaire de cette milice, qui en étaient des instructeurs et qui les payaient? Autant d’éléments qui entrent en ligne de compte pour faire éclater la vérité au grand jour et dissiper la crainte des Kinoises et Kinois. En 5ème position, les miliciens arrêtés ont informé la PNC et ont confirmé à l’Auditorat général qu’ils étaient la 3ème Promotion de plus ou moins 2.000 miliciens. «Que sont devenus les 5.000 miliciens de deux premières promotions? Où sont-ils et que font-ils?». Des questions qui méritent une réponse dans le verdict attendu.

Au point 6, il est également de savoir pourquoi la question sur l’identité du propriétaire de la parcelle, où la milice de Kingabwa a réussi à former 3 promotions, en pleine ville de Kinshasa, capitale de la RD-Congo, demeure-t-elle toujours sans réponses? Et le Père Pierre Katumpa occupait cette parcelle à quel titre, et en quelle qualité? Un observateur très averti s’attarde sur ce point qui ferait que le voile soit levé ou que les masques puissent tomber. Au 7ème point, la population des environs du site de la milice de Kingabwa jure, les mains sur le cœur, que la PNC a arrêté le mercredi 26 août 2020 là, plus ou moins 200 personnes dont des mineurs, des filles, des militaires GR et autres FARDC, des éléments PNC en formation au sein de la milice.

Il revient des sources proches du dossier judiciaire que la PNC n’a transféré que 21 personnes à l’Auditorat général. «Où sont parties les autres? Qui a ordonné leur libération précipitée? Pour quelle raison particulière?», se demande-t-on. Et 8 enfin, réunir plus de 1.000 personnes dans une et même parcelle, pour plusieurs types de formations militaires, pour plusieurs promotions, et pendant plusieurs mois, nécessite absolument une logistique conséquente!

L’ex-Père Carme, Pierre Katumpa, où trouvait-il régulièrement cette logistique et grâce à quelles ressources? Si l’Auditorat général parvenait à éclairer ces 8 points, l’affaire de la milice clandestine de Kingabwa connaîtrait une bonne issue car la justice sera faite. Dans le cas contraire, le doute va persister au sein de la population sur les vraies raisons de cette formation axée sur les services de défense et sécurité en pleine capitale, à l’insu des services compétents et habilités. Il en va de la sécurité et de la sûreté de l’État.

Tino MABADA

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