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Lubaya accuse le pouvoir d’avoir fait un passage en force: «C64, Cenco et Ecc flouées»

La décision est tombée comme un couperet. En validant le projet de loi référendaire, la Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo a offert au président Félix Tshisekedi le dernier sésame juridique dont il avait besoin. Pour Claudel Lubaya, il n’y a plus de doute: le pouvoir vient d’opérer un «passage en force». Dans un message publié sur X le 28 juillet, l’opposant et membre du Cadre de concertation des forces politiques et sociales et de C64, en exil en Belgique, dénonce une manœuvre visant à «démanteler l’architecture institutionnelle issue de la Constitution du 18 février 2006».

La Cour accusée de se muer en «instrument du pouvoir»

Pour Claudel Lubaya, l’arrêt de la Haute Cour marque la fin du principe d’alternance. «En déclarant conforme à la Constitution le projet de loi référendaire, la Cour constitutionnelle fait sauter le dernier verrou de la légalité constitutionnelle et remet à Félix Tshisekedi un chèque en blanc», écrit-il. Selon lui, les juges «ouvrent la voie à une présidence à vie de fait» en levant les derniers obstacles juridiques à la limitation des mandats. Plus sévère encore, il estime que la haute juridiction «s’est disqualifiée comme ultime rempart de l’État de droit pour se muer en instrument aveugle de sécurisation juridique du pouvoir en place». Le camp présidentiel n’a pas encore réagi officiellement. Le gouvernement présente pour sa part ce référendum comme un outil de «refondation» de la nation.

Cenco, Ecc et C64: «flouées» par une promesse de dialogue

La réaction de Claudel Lubaya vise aussi l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo. «Ce soir, la C64, la CENCO et l’ECC s’en trouvent flouées pour avoir cru en la parole de Félix Tshisekedi», affirme-t-il. L’opposant accuse le chef de l’État d’avoir utilisé la promesse d’un «hypothétique dialogue» comme «un levier de temporisation au service d’un agenda politique désormais assumé». Il lui reproche d’avoir profité de ce répit pour «affaiblir la mobilisation citoyenne et imposer, par un passage en force, son projet référendaire». Ses mots sont particulièrement durs à l’égard du cardinal Fridolin Ambongo. «Mes respectueuses pensées vont à Son Éminence Fridolin Ambongo qui a eu tort de faire confiance à la parole de Tshisekedi en mettant, au péril de sa propre crédibilité, son autorité morale au service d’une initiative dont il ne maîtrisait ni les véritables contours ni les objectifs ultimes», écrit-il.

Une faute stratégique majeure

La C64, plateforme qui regroupe plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile, est également visée. Claudel Lubaya lui reproche d’avoir «naïvement suspendu une dynamique de mobilisation pourtant en mesure de peser dans la balance».  Il pointe deux moments clés: «le déplacement de Bujumbura et la réunion du Centre Lindonge». Selon lui, le choix de «surseoir aux manifestations apparaît aujourd’hui […] comme une faute stratégique majeure». «En offrant, sans contrepartie, au pouvoir le répit et la sérénité dont il avait besoin, la C64 a, malgré sa bonne foi, créé les conditions qui ont permis à son adversaire de franchir l’obstacle décisif. Ce qui devait être une pause tactique s’est finalement transformée en avantage stratégique pour le pouvoir», conclut-il.

Appel à la remobilisation

Face à ce qu’il qualifie de tournant, Claudel Lubaya appelle désormais à changer de stratégie. «Il ne s’agit plus de préparer un dialogue dont les conditions de crédibilité ont été durablement compromises, mais de rassembler et de remobiliser le peuple autour de la défense de la Constitution et de l’État de droit». Parce que, dit-il, «la C64 continue de bénéficier de la confiance d’une large frange du peuple congolais» et a «désormais le devoir de reprendre l’initiative politique». La publication de l’arrêt complet de la Cour et les premières décisions de la CENI pour l’organisation du référendum seront désormais scrutées comme les prochains indicateurs de la tension politique en République Démocratique du Congo.

YA KAKESA

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