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Lualaba: Richard Muyej livre sa version, il fait mentir Fifi Masuka

Dans une correspondance adressée, à son tour, à l’Assemblée provinciale, le gouverneur démonte une après une les «imputations gratuites» contre sa personne du vice-gouverneur réputé pour son art de transhumance politique… depuis son départ du MLC peu avant les élections de 2011!  Derrière le n°2, à qui on miroite la direction de la province la plus riche de la République, le réseau qui a recruté François Rubota!

Le destin du Lualaba est en train de se jouer à Kinshasa, où le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, a convoqué le gouverneur Richard Muyej et le président de l’Assemblée provinciale, Louis Kamwenyi. A l’origine: la polémique née de la passe d’armes entre le gouverneur et son vice, Fifi Masuka Saini. Dans le contexte actuel, caractérisé par certains ralliements opportunistes à l’Union sacrée pour la Nation, le vice-gouverneur n’a pas voulu rater l’occasion de cibler le titulaire dont il est le second depuis 2015! Des sources concordantes rapportent que le n°2 du Lualaba est séduit par le réseau qui a recruté François Rubota du regroupement politique ADRP. Fifi Masuka a reçu des assurances après plusieurs coups de fil et un déplacement de Kinshasa. Depuis, elle n’a qu’un seul rêve: prendre les commandes de la province. De retour des consultations dans la capitale et sur instructions de ses nouveaux parrains, elle a rédigé et transmis à l’Assemblée provinciale un pamphlet anti-Muyej avec une batterie de griefs. A l’en croire, le gouverneur viole ses attributions, gère sans égard à ses fonctions de VG, utilise les fonds de la province pour des fins politiques privées, viole son intimité familiale via des caméras de surveillance installées devant sa résidence et reliées à des téléphones, entretient environ 20 comptes bancaires fictifs, attribue les marchés publics à ses enfants alors que la province a une dette de près de 40 millions de dollars américains auprès des banques commerciales.

Sauf que le brûlot signé de la main de l’ex-députée MLC, rompue dans l’art de la duplicité depuis son départ du parti bembiste peu avant les législatives nationales de 2011 qui l’ont vue se rapprocher du camp Kabila tout en devenant patronne de sa propre formation politique, FIDEC -un député national au sein du regroupement ADRP et deux députés provinciaux-, s’apparente, aux yeux de l’entourage du gouverneur, «à une dénonciation calomnieuse, une démarche haineuse visant à nuire à Richard Muyej, ce gouverneur qui a la meilleure cote dans sa catégorie» depuis son arrivée aux commandes du Lualaba.

En droit pénal, la dénonciation calomnieuse se définit comme un délit. Il s’agit de dénoncer une personne pour un fait basé sur un mensonge, que l’on sait inexact, même partiellement. La dénonciation est adressée     aux autorités qui sont en mesure d’y donner suite ou de saisir l’autorité compétente. Pour pouvoir affirmer qu’une dénonciation est calomnieuse, elle doit porter sur un fait passible de sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires. Ce caractère répréhensible du fait pour lequel la victime est accusée perturbe sa tranquillité et son intégrité morale.

Les proches du gouverneur ont le sentiment que le courrier du vice-gouverneur à l’Assemblée provinciale réunit tous les critères d’une dénonciation calomnieuse. Caresse-t-elle le projet d’abandonner le camp Kabila au profit de la légion en gestation de Félix Tshisekedi comme il l’avait déjà fait en défaveur de Jean-Pierre Bemba peu avant 2011 qu’elle se permet tous les coups? Bien malin qui saurait y répondre. Mais Yannick Tshisola, le directeur de cabinet adjoint du gouverneur du Lualaba, donne son opinion: «Si la vice-gouverneure a choisi de migrer vers une autre coalition, c’est son choix! Cela ne surprend pas étant donné qu’elle n’est pas à sa première lune de miel. Jean-Pierre Bemba en sait quelque chose. Elle ne doit pas ternir l’image de la province», tempête-t-il sur le site d’informations «grandjournalcd.net». 

«Madame le vice-gouverneur en veut au gouverneur avec ces fausses affirmations. Chercher à faire sanctionner le gouverneur par l’Assemblée provinciale et à offrir sa tête à la place publique après toutes les performances enregistrées et dans ce contexte de divorce entre le FCC et le CACH transpire le positionnement politique, la méchanceté et la mauvaise foi», soupire, pour sa part, un député provincial PPRD du Lualaba, non sans admettre le caractère impitoyable de la politique.

Selon le dircab du gouverneur, le Professeur Yav Katshung, les accusations de Masuka contre Muyej constituent une montagne d’affabulations et suscitent des doutes sérieux quant au fond. Dans le gotha provincial et les salons politiques à Lubumbashi comme à Kinshasa, beaucoup de ténors et analystes politiques partagent cet avis. Ces derniers fondent leur conviction sur les réponses du gouverneur aux attaques subies de la part du vice-gouverneur.    

Imputations gratuites

Alors que l’Assemblée provinciale du Lualaba a institué une commission spéciale pour des investigations appropriées, Muyej a tenu à clarifier l’organe législatif à travers une correspondance qui a l’avantage de démonter une à une les affirmations de Madame le vice-gouverneur. Parlant des imputations gratuites lui attribuées, le gouverneur justifie l’installation des caméras de surveillance par la décision du conseil provincial de sécurité, auquel Madame le vice-gouverneur a personnellement pris part, de contrer la recrudescence du banditisme et de l’insécurité dans la ville de Kolwezi et ses environs. Il évoque même le rapport de la commission interservices constituée de l’ANR, PNC, DGM, FARDC, après une plainte de Masuka, écartant «le soupçon d’espionnage de la résidence de Madame le vice-gouverneur», précisant qu’il n’existe aucune preuve matérielle pouvant légitimer cette rumeur.

S’agissant des comptes de la province et des réalisations des infrastructures, le gouverneur fait constater que Madame Masuka affirme une chose et son contraire quand d’un côté elle se plaint de ne pas être associée à la gestion et de l’autre soutient sur cinq pages avoir «la cogestion d’un seul compte qui permet de réaliser tous les grands travaux de la province»! Il trouve normales les dettes de la province, qui est en plein chantier et ne saurait faire grand-chose en comptant uniquement sur ses ressources propres. Il fait savoir que ces dettes, du reste, autorisées par l’Assemblée provinciale, le sont dans le cadre de l’accompagnement des banques par divers montages financiers ayant permis la réalisation d’un grand nombre de projets à impact visible sur toute l’étendue de la province. «La capacité financière de la province doit s’entendre comme la capacité qu’elle a à rembourser ses emprunts et créances dans la limite du mandat de son gouvernement. Et la province a cette capacité», fait comprendre le gouverneur. Il précise à ce propos qu’à l’exception du crédit de 25 millions de dollars obtenu d’Equity Bank pour les travaux de l’aérogare avec maturité de 60 mois jusque janvier 2025, tous les autres crédits bancaires obtenus ont leurs échéances avant juin 2023 et aucune mensualité de retard n’est enregistrée. Le crédit avec RawBank va jusque juin 2021, Afriland septembre 2021, FBN Bank octobre 2021, BCDC juin 2021 et TMB octobre 2021. Il va sans dire qu’il n’y a pas un seul compte bancaire fictif. Ce que Masuka considère comme les comptes fictifs sont des sous-comptes ouverts pour des raisons de traçabilité et qui ramènent tous au compte du trésor dont elle reconnait avoir la cogestion, soulignent les experts du ministère provincial des Finances.     

Muyej jure avoir imprimé, au Lualaba, la culture de la redevabilité et juge la bienvenue la demande du vice-gouverneur adressée à l’Assemblée provinciale pour investiguer sur la hauteur des crédits bancaires.     


Lire les réponses du gouverneur Richard Muyej


Le gouverneur du Lualaba botte également en touche les graves assertions sur les marchés publics qu’il aurait attribués à ses enfants. Tout en mettant Masuka au défi de citer quelques-uns des travaux accordés à ses deux fils, majeurs et donc aptes à passer des actes commerciaux s’il le faut, le gouverneur crie à la calomnie et relève les contradictions dans la démarche de son vice. «Autant qu’elle affirme que ces structures sont sélectionnées pour certains marchés mais elle renie aux autres d’en bénéficier également dans le respect des normes en matière de passation des marchés publics». Autant de recadrages qui font mentir Madame le vice-gouverneur et font étaler sa haine contre le détenteur du poste maladroitement convoité.

AKM

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