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L’ombre de Kodjo plane sur le pays: l’Accord du 18 octobre revigoré

Impasse, blocage, échec, c’est selon. La Conférence épiscopale nationale du Congo a mis fin à sa mission de médiation en République Démocratique du Congo, sans pouvoir arracher un accord définitif après trois mois des pourparlers directs entre les signataires de l’accord du 18 octobre et le Rassemblement. «Nous sommes devant deux points de blocage», a résumé lundi le président de la CENCO, Mgr Marcel Utembi.
«Les résultats obtenus sont loin de rencontrer les attentes de la population dont la situation socioéconomique s’est dégradée… La CENCO porte à la connaissance de l’opinion l’impasse dans les négociations», a-t-il ajouté.
«Nous pensons qu’il n’y a plus rien à faire. Nous y avons consacré tout notre temps et toute notre énergie au détriment de notre travail paroissial», a également commenté l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO.
Face à l’énorme gâchis, les évêques n’ont que leurs soutanes pour pleurer. Pourtant, mi-décembre, quand ils ont lancé leur mission, les sociétaires du Rassemblement ont salué leur implication, évoquant une «médiation congolaise… pour un dialogue entre Congolais». Objectif: les élections.
A l’arrivée, le rêve s’est brisé et le forum de la CENCO s’est révélé une foire au partage des postes. Voici qu’avant le dialogue du Centre Interdiocésain, il s’est tenu un autre, appuyé par toute la Communauté internationale, notamment l’ONU, l’UA, l’UE, la Francophonie et la SADC, bâti sur un socle juridique solide -l’ordonnance présidentielle, l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et la Résolution 2277 des Nations Unies- et l’accord qui en découle, en plus de la gestion consensuelle du pouvoir, offre toutes les garanties réalistes d’organisation des élections en vue l’alternance.
Un précieux acquis
«Un accord clair, précis, réaliste avec un chronogramme précis des élections», a commenté un internaute, indiquant que si donc l’important pour résorber la crise politique consiste à organiser les élections, il n’y a pas tout compte fait à tirer interminablement les choses en longueur tant l’Accord du 18 octobre, du reste jamais abrogé et en cours d’exécution avec la libération des prisonniers politiques, l’investiture du gouvernement et l’enrôlement des électeurs, est désormais revigoré avec l’échec des négociations du Centre Interdiocésain.
Avec la perte de temps à la CENCO, il est évident que la tenue des élections risque d’être hypothéquée, en décembre 2017 comme en avril 2018. Et si cela arrivait, ne donnerait-on pas raison à la clairvoyance et au pragmatisme tant de la médiation, de l’accompagnement que des parties prenantes au dialogue de la Cité de l’Union Africaine? Laisserait-on la place à une provocatrice campagne d’explication destinée à convaincre une opinion déjà lassée du bien fondé d’un énième glissement?
«Face à la mesure des enjeux, devant l’incapacité de la CENCO, parce que tous, nous sommes, à un moment ou un autre de la vie, tenus d’apprendre de nos erreurs, Kinshasa et la Communauté internationale, les mêmes qui ont été tentées par l’aventure du Centre Interdiocésain, peuvent et doivent sauver un précieux acquis, le compromis négocié par Edem Kodjo, un des diplomates du système qui a réussi à marquer des points dans la chaude République Démocratique du Congo», plaide désormais un ambassadeur en poste à Kinshasa. «On peut bien se ressaisir et aider le compromis de la Cité de l’Union Africaine à mettre le turbo», renchérit un autre.
Décidément, l’ombre du Togolais Edem Kodjo plane sur le pays. Un jour, devant l’impasse et les caprices du personnel politique RD-congolais, le Togolais lâcha, dépité: «vous me regretterez un jour». Le sort des arrangements particuliers tendent à lui donner raison et à faire de lui un prophète.
KISUNGU KAS

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