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Les USA gèlent les avoirs du Général Kanyama: Washington dégaine, Kinshasa riposte

«Le gouvernement condamne l’idée même qu’un pays étranger, fut-il les USA, se permette de sanctionner un fonctionnaire RD-congolais. C’est un acte inadmissible de substitution de souveraineté que nous n’approuvons pas. Nous le condamnons», cogne Lambert Mende
Le département américain du bureau de Trésor du contrôle des avoirs étrangers -OFAC- vient de sanctionner le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la Police nationale congolaise -PNC.
Dans un communiqué officiel rendu public jeudi 23 juin, relayé par plusieurs médias du monde et sur les réseaux sociaux, le Trésor a notamment décidé de geler les avoirs basés aux Etats-Unis du commandant de la Police provinciale de Kinshasa et interdit à toute entité américaine de faire des transactions avec lui. Selon ce communiqué, l’OFAC désigne le général Kanyama comme «responsable, complice ou engagé dans des activités, directement ou indirectement, le ciblage des femmes, des enfants ou des civils par la commission d’actes de violence, d’enlèvement ou le déplacement forcé en RD-Congo, et pour être un chef de file d’une entité dont les membres ont été engagés dans une telle conduite».
Le directeur du bureau de contrôle des actifs étrangers, John Smith, cité par «Le Monde», a affirmé: «alors que la limite constitutionnelle du mandat du Président Kabila touche à sa fin en décembre, le régime s’est engagé dans une vague de répression, comprenant l’arrestation des membres de l’Opposition et la suppression violente de manifestations politiques afin d’éviter la tenue d’élections nationales programmées».
Et de renchérir: «l’initiative du Trésor envoie le message clair de la condamnation par les Etats-Unis des actions violentes et répressives du régime, en particulier celles de Célestin Kanyama, qui menacent l’avenir de la démocratie pour le peuple de la RD-Congo». Pour éviter tout amalgame, ce communiqué précise que l’action d’aujourd’hui ne vise pas le peuple de la RD-Congo. Elle est destinée à modifier le comportement des individus impliqués dans la violence contre les civils.
A Kinshasa, des ripostes et condamnations fusent. Des personnalités politiques aux illustres inconnus, tout le monde ou presque émet son avis face à ces actions ciblées.
Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, interrogé par «Politico.cd», est monté sur ses grands chevaux. «Le gouvernement condamne l’idée même qu’un pays étranger, fut-il les USA, se permette de sanctionner un fonctionnaire RD-congolais. C’est un acte inadmissible de substitution de souveraineté que nous n’approuvons pas. Nous le condamnons», a-t-il cogné. Pour lui, quel que soit le reproche à Kanyama, ce n’est à un gouvernement étranger de prendre des sanctions contre des agents du gouvernement de la RD-Congo.
«Les Etats-Unis n’ont pas à modifier ou à maintenir les comportements d’un RD-Congolais. Personne ne leur a accordé ce mandat. Je ne connais pas un RD-Congolais qui ait élu un Américain pour s’occuper des RD-Congolais», a-t-il insisté. Tellement excédé, le porte-parole du gouvernement a interrompu l’interview en ces termes: «c’est ridicule.
Je ne pourrais prolonger cette discussion. Totalement ridicule. Nous ne sommes pas un pays sous la tutelle des USA».
Dépêché par le Président de la République aux USA pour exprimer la réprobation de ces actes, le conseiller principal diplomatique du Chef de l’Etat RD-congolais, Barnabé Kikaya, joint par «Top Congo FM», a vigoureusement protesté. «La RD-Congo condamne les mesures prises par le gouvernement américain. C’est une atteinte à notre souveraineté. Et cela mettra en péril nos relations bilatérales», a-t-il asséné.
L’un des communicateurs de la Majorité présidentielle, Papy Tamba, dans un groupe sur Whatsapp, a écrit: «chers amis, je viens de m’entretenir au téléphone avec le grand général Kanyama. Je n’ai jamais vu un homme aussi serein. Il n’a pas d’avoirs aux USA et n’a pas l’intention de s’y rendre. Il se sent encore plus déterminé à concourir à la sécurité des RD-Congolais. Mes respects mon général».
L’opinion suit de très près cette affaire qui empoisonne les relations bilatérales entre la RD-Congo et les USA, déjà fragilisées avec l’arrestation du sujet américain Daryl Lewis, présumé mercenaire au service du candidat-président Moïse Katumbi.
Barick BUEMA

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