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Le MSR n’existe plus juridiquement, selon le fondateur Yoko : Lumbi trône sur un cadavre

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Le Mouvement social pour le renouveau -MSR- qui n’est qu’une sorte d’association momentanée entre le Mouvement pour la nouvelle République -MNR- et le Mouvement social -MS-, est désormais interdit d’agir en tant que parti politique, faute de base légale. Maître Yoko Yakembe, membre-fondateur du MSR et président national du MNR, l’a signifié lors d’un point de presse organisé jeudi à Kinshasa. «Le MSR n’existe plus juridiquement», a-t-il lancé, interdisant aux dirigeants du MSR, à Pierre Lumbi et consorts, de se servir de l’Arrêté ministériel n°91/0042 du ministère de l’Intérieur comme soubassement juridique de leurs actes.
Yoko Yakembe est catégorique. Il a fait savoir que le revirement brusque de position fait par le MSR pour des intérêts partisans ne peut être considéré par les fondateurs du MNR que comme un manque d’idéal et d’engagement politique, c’est-à-dire une rupture flagrante du contrat moral, une véritable trahison. Face à cette fraude et à cette tricherie, les fondateurs et les membres du directoire du MNR ainsi que la majorité silencieuse du parti reprennent officiellement leurs droits en tant que parti politique agréé.
Le MSR est donc mort. Et Pierre Lumbi , l’ex-Conseiller de spécial de Kabila qui s’y accroche, règne sur un cadavre. Yoko le met en garde contre toute éventuelle tentation de parler   et d’agir au nom du MSR. Ci-dessous, la déclaration de Me Yoko Yakembe.     
 
La RD-Congo traverse actuellement l’une des périodes la plus délicate de son histoire relativement à l’incertitude qui plane autour de l’organisation des élections présidentielle, législatives nationales, provinciales, sénatoriales, municipales et locales ainsi qu’à cause de la longue attente de la convocation du Dialogue national. Dans ce contexte et il y a peu, la vie politique a été, dans notre pays, fortement secouée par la Déclaration faite par sept partis politiques, tous membres de la Majorité présidentielle.
Dénommée G7, leur plate-forme annonce leur désaccord sur un éventuel troisième mandat présidentiel, leur opposition à tout changement ou révision de la Constitution et leur revendication pour la tenue, dans les délais constitutionnels, des élections libres, démocratiques et transparentes. Parmi les signataires de cette déclaration incendiaire, figure le Mouvement social pour le renouveau -MSR-, parti politique créé par trois principaux membres-fondateurs, le Professeur Guillaume Samba Kaputo, Maître Yoko Yakembe et Monsieur Pierre Lumbi Okongo.
Pour comprendre la suite des événements, il faut nous référer à l’historique du Mouvement social pour le renouveau. En effet, en 2005 et en prévision de la situation politique dominée par la prochaine entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, la Cellule de réflexion initiée par quelques cadres dont le Professeur Samba Kaputo, alors Conseiller spécial du Chef de l’Etat, Monsieur Pierre Lumbi Okongo, son directeur de cabinet, et Maître Yoko Yakembe, Président national du Mouvement pour la nouvelle République -MNR-, avaient compris que le Président de la République allait être placé devant un grand défi, celui d’asseoir, d’élargir et de consolider sa légitimité.
Pour y parvenir, il devait, d’une part, se faire élire démocratiquement au suffrage universel direct et, d’autre part, améliorer la condition humaine de la population RD-congolaise. Cet ambitieux objectif nécessitait une vaste mobilisation non des partis politiques mais surtout de la population organisée, c’est-à-dire, la Société civile à qui le Président faisait plus confiance. Aussi va-t-il inspirer la création d’une ONG de développement -le Mouvement social- devant mobiliser les cadres formés, compétents et désireux de servir leurs pays dans les différentes structures dirigeantes. Ce travail a été fait sous l’impulsion du Professeur Samba Kaputo. Deux objectifs devaient être atteints.
D’abord aider le Président à élargir sa base électorale par l’adhésion massive de la Société civile. Ensuite, aider le Président à gouverner avec une Assemblée nationale acquise à sa vision d’un Congo fort, uni, démocratique et solidaire. Malheureusement, l’œuvre gigantesque entreprise par MS fut compromise par la loi électorale qui venait d’être votée par l’Assemblée nationale, laquelle loi interdisait aux organisations de la Société civile de présenter des candidats aux élections à tous les niveaux. En clair, il fallait, pour être candidat à une élection, être présenté par un parti politique ou agir à titre individuel.
Or, le MS en tant que ONG de développement, était conçu comme l’instrument principal du pouvoir pour rajeunir et renouveler la classe politique par la voie électorale. Cette malencontreuse loi intervenant à trois mois des élections, les leaders du Mouvement social ne pouvaient envisager ni de présenter à titre individuel les candidatures des centaines des milliers des membres ni de créer et faire agréer un parti politique pour piloter cette démarche.
Devant cette impasse, le Professeur Yoko Yakembe offrit la solution idéale sur un plateau d’or. En effet, en sa qualité de Président national du Mouvement pour la nouvelle République, parti agréé par l’Arrêté ministériel n° 91/0042 du 19 avril 1991, il pouvait, en premier lieu, envisager de mettre le MNR en tant que tel à la disposition du MS en vue de réaliser ses objectifs; mais une telle proposition était de nature à susciter la méfiance de ses partenaires. En deuxième lieu, il lui restait alors l’idée d’un changement de dénomination moyennant une demande auprès de l’Autorité compétente afin de passer du MNR au MSR.
Aussitôt dit, aussitôt fait: le Collège des fondateurs du MNR introduisit cette demande auprès du ministère de l’Intérieur qui, en retour, prit, sans autre forme de procès, acte de ce changement de dénomination. Ainsi, le MNR -Mouvement pour la nouvelle République- devint le Mouvement social pour le renouveau -MSR. Tirant toutes les leçons de la situation, le Directoire politique du MNR eut l’élégance de démissionner afin de permettre au MSR de se doter des animateurs répondant à ses exigences. Dans le même ordre d’idée, le président national du MNR, sans réticence aucune, mit son accord pour que soit confiée la direction au MSR à Monsieur Pierre Lumbi Okongo. Dans ce contexte de cet exercice, deux choses essentielles méritent d’être particulièrement soulignées:
Premièrement.
Il est clairement établi que le changement de dénomination intervenu n’avait ni affecté l’acte de naissance du MNR -l’Arrêté ministériel n°91/0042 du ministère de l’Intérieur- ni généré un nouvel acte de naissance au bénéfice du MSR, ce qui eut donné lieu à un parti différent. Ceci veut dire que seul le MNR existe juridiquement comme parti politique, tandis que le MSR n’est qu’une sorte d’association momentanée entre le MNR et le MS fonctionnant sous la couverture juridique du premier cité.
Deuxièmement.
Il est primordial de garder présent à l’esprit que l’accord intervenu entre le MNR et le MS était fonction de l’engagement à respecter le contrat moral liant le MSR au Président Kabila en tant que son Autorité morale, lequel contrat repose  sur les trois piliers ci-dessous:
-le premier pilier consiste à soutenir le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, en vue de consolider et élargir la légitimité de son pouvoir dans un régime démocratique;
-le deuxième pilier consiste à aider le Président à procéder au rajeunissement progressif de la classe politique de manière à améliorer les performances des élus du peuple, à combattre les antivaleurs notamment la corruption et à canaliser les efforts de tous sur l’idéologie de la Révolution de la modernité pour l’émergence du Congo à l’horizon 2030;
-le troisième pilier consiste à inviter instamment le Président à placer la gouvernance sociale au centre de sa vision politique afin de mieux satisfaire les besoins essentiels des RD-Congolais dans les domaines notamment de la santé, de l’éducation, du logement, du transport, de l’eau et de l’électricité pour mettre fin au paradoxe de «Congo pays riche, population très pauvre».
Tel est, répétons-le, le fondement idéologique qui sous-tend le contrat moral liant le MSR au Président de la République. Dans le cadre de ce contrat moral, le MSR s’est toujours efforcé de concrétiser son engagement. Le score honorable des députés nationaux réalisé lors de sa participation aux élections législatives témoigne de l’importance de son apport et a fait de lui incontestablement un poids lourd de la Majorité présidentielle. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à l’éclatement de l’affaire de G7 au sein de la Majorité présidentielle: le MSR, par son président en exercice, a signé la pétition séditieuse, un  véritable brûlot prétendant rappeler à l’ordre sa propre Autorité morale. La signature de la lettre du G7 par le président en exercice du MSR soutenu par d’autres cadres constitue une grave violation du contrat moral sur base duquel le Mouvement pour la nouvelle République avait pris l’engagement de troquer sa dénomination contre celle d’une association momentanée appelée Mouvement social pour le renouveau, MSR.
Cette violation du contrat moral comporte des conséquences multiples.

  1. Les fondateurs et la Majorité silencieuse demeurés fidèles au MSR réaffirment leur engagement à respecter le contrat moral qui les lie à l’Autorité morale du parti.
  2. Le MSR étant un parti issu de l’alliance entre différentes forces politiques et sociales demeure ferme sur sa base.
  3. Les fondateurs informent l’opinion que le MSR n’est pas un bien sans maître à la merci de ceux qui l’ont délibérément trahi et abandonné. A ce sujet, c’est ici le lieu de prendre les membres du parti à témoins pour rejeter en bloc les actes d’un Congrès organisé à l’insu de l’Autorité morale, en marge du cadre statutaire du MSR et des pratiques démocratiques.
  4. Dans les prochains jours, il sera procédé à une restructuration provisoire du parti en attendant le Congrès. L’ancien Directoire est sommé de restituer le patrimoine et les archives du MSR.

     5. Le MNR met en garde et invite les anciens dirigeants  auto-exclus de         s’interdire de poser des actes ni de parler au nom du parti.
Le soutien que les fondateurs du MSR avaient promis au Chef de l’Etat était inconditionnel et indéfectible, c’est-à-dire que les pères géniteurs de cette formation politique avaient promis fidélité et loyauté au Président  de la République, Joseph Kabila Kabange, pendant et après l’exercice de son mandat.
Après signature et diffusion de la déclaration des partis membres de G7, leur adhésion à l’opposition tant institutionnelle qu’extra-parlementaire et la tenue par le MSR d’un congrès subversif, le Président de la République a pris une Ordonnance portant révocation des signataires de la déclaration qui occupaient les postes de responsabilité au sein de son Cabinet et du Gouvernement. Les autres membres de ces partis qui étaient dans les Institutions du fait de l’appartenance à la Majorité présidentielle ont été invités à donner leur démission. Curieusement et contre toute attente et au lieu de se repentir, les dirigeants du MSR ont, sans consulter la majorité silencieuse et unilatéralement, décidé de se verser dans l’opposition parlementaire, se rangeant ainsi parmi les formations politiques qui combattent publiquement le régime de Joseph Kabila Kabange. Cette position hostile au Président est confortée par les travaux et les déclarations du 2ème congrès du MSR, tenu à Kinshasa, au mois de novembre 2015. Cette prise de position est contraire aux idées fondatrices du MSR. Elle viole foncièrement la mission idéologique qui a constitué le socle du parti lors de sa création. Car, en effet, le MSR a été créé pour Joseph Kabila et non pour se verser un jour dans une famille politique autre que celle qui soutient les initiatives et les actions du Chef de l’Etat, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, pendant et après l’exercice de son mandat. Le revirement brusque de position pour des intérêts partisans ne peut être considéré par les fondateurs du MSR que comme un manque d’idéal et d’engagement politique, c’est-à-dire, une rupture flagrante du contrat moral, une véritable trahison. Face à cette fraude, à cette tricherie, à cette trahison, les fondateurs et les membres du Directoire du MSR ainsi que la majorité  silencieuse du parti portent à la connaissance de Son Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre en Charge de l’Intérieur et de la Sécurité ce qui suit:

  • Retrait aux dirigeants du MSR de la couverture juridique de l’Arrêté ministériel n°91/0042 du 19 avril 1991 autorisant le MNR à œuvrer sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo ;
  • Interdiction aux dirigeants du MSR de se servir de l’Arrêté ministériel susmentionné comme soubassement juridique de leurs actes ;
  • Interdiction absolue est faite au MSR d’agir en tant que parti politique, faute de base légale. En conséquence, le MSR n’existe plus juridiquement;
  • Reprise officielle, par le MSR, de ses droits en tant que parti politique agréé par l’Arrêté ministériel susmentionné;
  • Ne pas donner effet aux résolutions et recommandations prises par le congrès subversif du défunt MSR;
  • Interdire désormais la tenue des activités, réunions, assemblées ou congrès convoqués par les cadres du MSR devenus opposants au sein du G7;
  •   Considérer le MNR comme parti politique de la Majorité présidentielle;
  • Recevoir et traiter avec diligence le dossier contenant les mesures proposées pour la liquidation du MSR, association momentanée.

En outre, il est instamment demandé à Son Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre de bien vouloir accepter de prendre des mesures interdisant désormais la tenue des activités, réunions, assemblées ou congrès convoqués par le MSR, association momentanée, agissant dans l’illégalité, pour préserver l’ordre public et la paix sociale dans notre pays. Nous vous remercions, chers camarades, pour votre engagement à combattre les idées et entreprises déstabilisatrices visant les œuvres de l’Autorité morale de la Majorité présidentielle.
Fait à Kinshasa, le
Maître YOKO YAKEMBE
Membre-fondateur du MSR
Président national du MNR
      
 

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