
Investi le 11 juin 2024, le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa dresse, un an après, un premier bilan marqué par des avancées économiques et sociales significatives. Fort d’une équipe de 57 membres, l’Exécutif affiche une volonté politique affirmée, traduite par des chiffres en progression et des réformes structurelles ambitieuses.
Un programme centré sur le social et la relance économique
Construit autour de six piliers stratégiques, le Programme d’Actions du Gouvernement -PAG- donne la priorité au bien-être de la population. Dès la première année, des réformes notables ont été engagées dans le cadre du pilier relatif à l’emploi et au pouvoir d’achat.
Résultat: l’économie nationale amorce un virage vers la stabilité. Le taux de change du franc congolais, historiquement instable, s’est stabilisé autour de 2.850 CDF/USD depuis août 2024. Selon le ministre des Finances, Doudou Fwamba, cette performance n’est pas le fruit du hasard, mais d’une gestion technique rigoureuse. En parallèle, l’inflation, qui atteignait 23,8% fin 2023, a chuté sous la barre des 10 %, avec une projection à 7,8 % d’ici décembre 2025.
Réduction du train de vie de l’État et soutien au pouvoir d’achat
L’un des chantiers majeurs du gouvernement Suminwa a été la maîtrise des dépenses publiques. Les procédures d’urgence, qui représentaient 33 % des dépenses en 2023, sont désormais limitées à 12 %. Le train de vie des institutions a été réduit de 30 %, tandis que les crédits d’investissement ont été portés à 44 %, contre 32,6 % l’an dernier.
Cette rigueur budgétaire se reflète également dans la baisse des prix des produits de première nécessité. Grâce à une politique de réduction des taxes sur les denrées de base, le sac de maïs de 100 kg est passé de 255.000 CDF à 150.000 CDF, soit une baisse de plus de 41 %. Autre avancée notable : la réduction de 13 % du prix du carburant à la pompe. La dette pétrolière, autrefois lourde, a été entièrement apurée. Les «manques à gagner» à financer sont passés de 340 millions USD à 31,5 millions, soit une réduction de 91 % en un an.
Hausse des salaires et relance des investissements
Côté revenus, le gouvernement a pris des mesures concrètes. Le SMIG, resté inchangé depuis 2018 à environ 7.000 CDF, a été porté à 14.500 CDF en mai 2025, et devrait atteindre 21.500 CDF dès janvier 2026. Parallèlement, le salaire des militaires et policiers a été doublé en mars, accompagné de mesures de soutien aux familles des forces engagées sur le terrain. Les réserves de change, quant à elles, ont progressé à 6,15 milliards USD, assurant plus de trois mois de couverture des importations -un record pour le pays.
Entrepreneuriat et climat des affaires en mutation
Avec l’appui de la Banque mondiale, le gouvernement a lancé le programme «Transforme», doté de 300 millions USD pour soutenir l’autonomisation des femmes et des jeunes entrepreneurs. L’objectif: formaliser et renforcer 25.000 PME, générant 75.000 emplois directs. Le secteur de la sous-traitance connaît également un essor avec 1.385 contrats signés, pour un montant de 2,045 milliards USD, répartis entre 786 entreprises RD-congolaises.
L’industrie n’est pas en reste: des fonds publics à hauteur de 51 millions USD ont permis de relancer plusieurs projets industriels majeurs, notamment SUKI, SOTEXKI, NEW CIMAIKO ou encore TRIOMF RDC. En parallèle, une rationalisation de la parafiscalité est en cours afin de favoriser un climat des affaires plus attractif.
Conclusion: une dynamique de rupture saluée, mais des défis à relever
En une année, Judith Suminwa a posé les fondations d’un État plus rigoureux, tourné vers le social et la croissance inclusive. Les chiffres sont là, les réformes sont lancées, et les signaux macroéconomiques sont encourageants. Reste à maintenir le cap dans un contexte régional complexe, face à la crise sécuritaire qui perturbe les priorités et à une demande sociale toujours plus pressante.
WIDAL
