
Le 4 mai 2026, l’AFDC a marché aux côtés de l’UDPS et d’autres partis membres de l’Union sacrée pour saluer les sanctions contre Joseph Kabila avant de camper devant le ministère de l’Intérieur pour ses résolutions. D’abord, il y a eu la foule. Ce lundi 4 mai 2026, l’Union Sacrée de la Nation a pris la rue à Kinshasa. Aux côtés de l’UDPS, plusieurs partis de la majorité ont manifesté pour saluer les sanctions américaines du 1er mai contre Joseph Kabila. Ensuite, il y a eu la vague rouge et blanc. L’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo s’est imposée comme la force la plus visible du cortège. Car l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo n’a pas fait semblant.
Drapeaux et calicots en mains, près de cinq mille militants ont quitté la paroisse Saint-Raphaël à Limete sous un soleil de plomb. Direction: le Palais du peuple. Tout au long du parcours, la deuxième force de l’USN a tenu son rang. Une mobilisation massive, disciplinée, qui rappelle l’ancrage de l’AFDC à Kinshasa comme en provinces. Message direct: réaffirmer la «loyauté au Président de la République Félix Tshisekedi» et féliciter sa «diplomatie agissante». Celle qui a conduit Washington à sanctionner Joseph Kabila «pour son appui aux groupes rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda».
Pourtant, le Palais du peuple n’était pas le terminus. Après les discours, la marée AFDC a changé de cap. Direction: l’immeuble de la Territoriale. Cible: le cabinet du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo. Là, la marche s’est muée en sit-in. Les chants ont changé. Les banderoles aussi. Fini les slogans anti-Kabila. Place aux revendications maison.
Car depuis le 15 mars 2026, l’AFDC attend. Ce jour-là, le parti a tenu son 4e Congrès ordinaire. Les résolutions ont été déposées au ministère de l’Intérieur. Plus d’un mois plus tard, aucun acte. Aucune prise en compte. Le ministère évoque «une prétendue opposition d’un groupe dissident». Pour l’AFDC, ce groupe n’a «aucune qualité pour engager le parti». Et le Congrès, organe suprême, doit voir ses décisions s’imposer.
Dès lors, le 4 mai prend un double visage. D’un côté, la rue avec Tshisekedi. Soutenir les sanctions contre Kabila, créditer la diplomatie du chef de l’État, jouer la carte de l’Union Sacrée unie. De l’autre, la pression sur Shabani. Lui montrer que l’AFDC peut sortir cinq mille personnes un lundi. Lui rappeler que la loyauté se mérite, et que les résolutions d’un Congrès ne se négocient pas. En toile de fond, Bahati envoie trois messages en une journée. À Kabila: les sanctions sont populaires. À Tshisekedi: l’AFDC est un allié puissant et mobilisé. À Shabani: l’Intérieur ne peut pas bloquer indéfiniment la machine interne du parti.
Natine K.