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La pluie fait des nouvelles victimes: Un mort et huit personnes vivantes tirées des boues dimanche à Mont-Ngafula

Les pluies diluviennes continuent à provoquer des morts d’hommes et des dégâts matériels à Kinshasa, la capitale RD-congolaise. Après la forte pluie qui s’est abattue dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 janvier 2018, causant 44 morts de suite de l’inondation, Emmanuel Mvula, un gamin de trois ans, est mort, dimanche 7 janvier matin, dans le quartier Masanga Mbila à Mont-Ngafula. Selon le bourgmestre de cette commune, Olivier Saya, qui confirme l’information à «Radio Okapi», un mur de la maison s’est écroulé sur l’enfant pendant qu’il dormait. «La victime Emmanuel Mvula, de sexe masculin, âgé de trois ans. Il dormait et s’est retrouvé englouti sous les briques. Le temps de l’amener à l’hôpital, il a succombé», a signalé le bourgmestre Saya.
 
Huit personnes vivantes tirées des boues
Huit autres personnes ont été sauvées de justesse des boues qui ont englouti leurs maisons au quartier Dimez, toujours dans la commune de Mont-Ngafula, pendant la forte pluie qui s’est abattue dimanche 7 janvier à Kinshasa. Selon «Radio Okapi», une dizaine de maisons se sont écroulées et l’espace ne ressemble plus qu’à un terrain à ciel ouvert. Une cinquantaine d’autres habitations restent exposées aux dangers. Plusieurs personnes trouvées sur place ont témoigné qu’il existe bien une mesure d’interdiction de construire dans cette zone où des maisons se sont écroulées. «Tous les curieux trouvés sur le lieu de l’éboulement condamnent les victimes des maisons qui se sont écroulées. Ils indiquent que certains ont construit leurs maisons sur les ravins et d’autres sur un terrain aux abords d’un bassin destiné à la rétention des eaux de ruissèlement», a-t-on appris. Ce bassin qui est non construit jusqu’à ce jour a cédé à la suite de l’importante quantité d’eau qu’il a encaissée. Jusqu’à 14 heures, des fissures laissent encore craindre un nouveau glissement de terre. Selon «Radio Okapi», quelques voisins de l’éboulement prennent déjà des précautions. Ils se précipitent à récupérer quelques tôles de leurs maisons et d’autres biens pour chercher de nouvelles habitations ailleurs.
En dehors de cette perte en vies humaines et l’écroulement des maisons, a indiqué le bourgmestre Saya, la route s’est également dégradée à l’entrée du quartier Masanga Mbila. Dans le quartier Matadi Kibala, la circulation est bloquée sur la route nationale numéro 1, précisément à l’arrêt en Vrac. Deux camions remorques ensablés au milieu de la chaussée bloquent le passage. Après cette pluie abondante, les eaux ont charrié du sable sur l’asphalte. C’est ce qui explique cette situation, ont affirmé des conducteurs sur place. Les membres des familles éprouvées qui accompagnent leurs mort vers le cimetière de Benseke, a fait savoir «Radio Okapi», sont obligés de poursuivre leur parcours en transportant les cercueils par les mains avant de trouver un autre moyen de l’autre côté, notamment, des taxis moto pour poursuivre leurs chemins vers le cimetière.
La population appelée à «s’abstenir de construire dans des zones interdites»
Pour lutter contre les inondations lorsque la pluie s’abat sur les villes de la RD-Congo, le directeur chef de service juridique au Secrétariat général de l’Urbanisme et habitat, Alexis Mbikayi, a, lors d’une interview accordée à «Radio Okapi», appelé la population à s’abstenir de construire de façon anarchique dans des zones interdites. «La population doit s’abstenir de construire de façon anarchique. Il y a des zones qui sont frappées par l’interdiction de construire, comme des vallées, des marécages, des terrains accidentés et ou le long des cours d’eaux», a affirmé Alexis Mbikayi, déplorant le fait que les gens construisent dans la ville de Kinshasa ou dans d’autres villes du territoire national n’importe comment, sans respect des normes.
Par ailleurs, Alexis Mbikayi a invité l’Etat RD-congolais à construire des logements sociaux pour les populations démunies afin d’éviter une telle catastrophe. «L’Etat doit construire des maisons à caractère social et les mettre à la disposition de la population la plus démunie. L’Etat doit aussi être rigoureux en frappant les arrêtés ministériels autorisant des constructions dans des zones interdites», a conseillé le directeur chef de service juridique au secrétariat général de l’Urbanisme et Habitat. Alexis Mbikayi a enfin regretté la perte en vies humaines lors de la forte pluie qui s’est abattue la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 janvier 2018 à Kinshasa. Pour lui, cette situation est la conséquence logique des constructions anarchiques à Kinshasa et en provinces.

Christian BUTSILA

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