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Affaire Kubla: Muzito lavé

L'ancien Premier ministre RD-congolais, Adolphe Muzito
L’ancien Premier ministre RD-congolais, Adolphe Muzito
Alors que le sensationnel cède la place à l’objectivité, l’arrestation du bourgmestre MR de Waterloo, Serge Kubla, pour un dossier de corruption présumée où serait mêlée la femme de l’ancien Premier ministre est partie pour être classée dans la catégorie «Affaires congolaises de la Belgique»
Alors que la bataille électorale de 2016 approche, l’offensive est lancée. Elle ne porte cependant pas sur les idées, la compétitivité des projets sociopolitiques des probables candidats. Mais sur la calomnie, l’intrigue,… une sape impitoyable. L’une des premières cibles: Adolphe Muzito, l’ancien Premier ministre PALU cité dans une affaire de corruption présumée. L’affaire a déjà fait une victime en Belgique: Serge Kubla, ancien ministre et ex-député wallon, bourgmestre MR de Waterloo depuis 20 ans, écroué mardi 24 février à la prison de Saint-Gilles, à Bruxelles, et relaxé jeudi après-midi, sous condition, sans faire de déclaration à la presse.
Le parquet fédéral belge, notamment le juge d’instruction Michel Claise, le suspecte d’avoir servi d’intermédiaire pour le groupe industriel Duferco, qui aurait tenté de favoriser des investissements dans le secteur du jeu et des loteries en corrompant des agents publics RD-congolais, notamment l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, en exercice entre 2008 et 2012, via son épouse Chantal Ngalula, ce que nie le groupe.
Selon la presse belge, Kubla aurait remis un acompte de 20.000 euros -sur USD 500.000 réclamés- à l’épouse de Muzito lors d’une rencontre à l’hôtel Président de Bruxelles.
Mercredi 25 février, Chantal Muzito a affirmé n’avoir jamais rencontré Serge Kubla. «Mme Muzito n’a jamais rencontré Monsieur Serge Kubla dont elle ignorait même le nom avant la révélation de cette prétendue affaire. Son mari, l’ancien Premier ministre, et elle-même se déclarent extrêmement choqués par cette mise en cause sans fondement de leur honneur», lit-on dans une déclaration publiée mercredi par ses avocats, Mes Tshibangu Kalala et Kangulumba Mbambi. «Mme Muzito dément donc de la manière la plus formelle avoir reçu 20.000 euros de Monsieur Kubla», ajoute le communiqué. Puis: «Madame Chantal Muzito se réserve le droit de poursuivre en justice toute personne qui tenterait de nuire à son honneur et à sa réputation en tant qu’être humain, épouse et mère de famille».
Muzito, lui, tombe des nues. «J’ignore cette affaire visiblement créée de toutes pièces pour me salir», dit-il à AfricaNews avant de poursuivre: «Il appartient à Monsieur Serge Kubla de dire quelle Madame Muzito est allée à sa rencontre à l’hôtel Président parce que ma chère épouse ne s’est jamais rendue à cet hôtel-là». Un ciglant démenti renforcé par la déclaration de Me Forestini, l’avocat du bourgmestre libéral de Waterloo, relayée par la presse belge parue jeudi 26 février, notamment l’édition électronique du quotidien Le Soir, où il est affirmé que Serge Kubla ne nie pas «avoir remis une enveloppe à une femme présentée comme l’épouse de l’ex-Premier ministre. Il ignorait toutefois le caractère frauduleux de la transaction, pensant honorer une facture».
L’avocat a ajouté, poursuit Le Soir, que «son client ne connaissait pas très bien l’ex-Premier ministre congolais». Une femme présentée comme l’épouse du Premier ministre! Un détail précieux. Donc Kubla n’a jamais rencontrée Chantal Muzito comme la presse belge a voulu l’insinuer mardi et mercredi! Voici que les proclamations de Me Forestini lavent les Muzito. Il est évident que même si des escrocs peuvent avoir abusé de la bonne foi de Serge Kubla, il serait difficile au présumé corrupteur d’établir un quelconque lien entre ces derniers et l’ancien Premier ministre présumé corrompu. Changement de ton dans la presse belge. Du coup, le sensationnel auquel les médias ont recouru depuis mardi a cédé la place à l’objectivité, à la prudence.
Mais quelle que soit l’issue pénale réservée à l’inculpation de Kubla pour corruption, l’opinion sera toujours en droit de réclamer d’être éclairée. Est-ce un règlement de comptes? A-t-on tenté de noyer Muzito? Par qui? La sape serait-elle lancée à Kinshasa? Dans quelles circonstances Bruxelles ou sa classe politique serait-elle impliquée? L’affaire, à l’instar de celle fustigée jeudi par l’éditorialiste Marc Metdepenningen, «tombe à un mauvais moment pour la Belgique, si prompte, comme l’intervention d’Alexander De Croo à Kinshasa l’a révélé samedi, à donner des leçons de probité et de démocratie aux Congolais» ou, pourquoi pas, à régler ses comptes à des dirigeants de l’ex-colonie jugés peu coopératifs ou proches de la mouvance lumumbiste.
Vrai ou faux, selon certaines indiscrétions, des cadres MR auraient très mal digéré le gel de certaines de leurs initiatives en RD-Congo à l’époque où Muzito était à la Primature. Et dire que le MR Kubla, bourgmestre de Waterloo, dans la région wallonne -près de 49% dans le groupe Duferco, à en croire certaines sources- est poursuivi sous le règne d’un Premier ministre MR en Belgique, Charles Michel. Peut-être un feuilleton des «Affaires congolaises de la Belgique».
YA KAKESA    

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