
Plus de 3.000 jeunes du Lualaba sont passés à l’école du patriotisme et de la lutte contre la corruption, samedi 29 mars 2025 au chapiteau de Kolwezi. Un des orateurs de cette conférence-débat, Jules Alingete, chef de service de l’Inspection générale des finances -IGF-, a exhorté les jeunes à faire preuve d’intégrité et à s’ériger contre les antivaleurs dans la gestion de la chose publique, en s’inspirant de bon modèles. «Vous jeunes, vous êtes appelés à défendre la mère patrie, héritage sacré de nos aïeux et à dénoncer tous les actes de corruption qui entravent votre avenir», a lancé le gendarme financier d’un ton ferme.
Ce réarmement moral vise à poser les bases d’une génération des gestionnaires publics épris des «valeurs éthiques» et des «actes patriotiques», gage d’un «avenir radieux». En dépit d’un présent tumultueux, Alingete rêve de changer la donne. Pour y arriver, l’IGF en chef compte s’appuyer sur un sursaut de la jeunesse qui devra s’écarter des tares de leurs aînés, ces «brebis galeuses qui ont fait de l’enrichissement personnel un mode vie». Cependant, a nuancé Alingete, le présent n’est pas totalement sombre, avec des «patriotes soucieux de la bonne gouvernance et du respect des deniers publics».
Aux jeunes, ceux-là qui sont censés prendre la relève, Alingete a eu un conseil: «Un patriote ne détourne jamais les fonds publics, lesquels sont nécessaires pour le développement». Dans un jeu d’analogie, l’initiateur de la patrouille financière a comparé les détourneurs à l’agresseur armé. «Un détourneur des deniers publics n’est pas différent de l’agresseur armé du pays. Leurs actes tuent autant», a-t-il tranché. Une déclaration choc qui aura marqué cette conférence-débat. En tant que «bâtisseurs du Congo de demain», les jeunes ont également été exhortés à «défendre la mère patrie, héritage sacré [des] aïeux, et à dénoncer tous les actes de corruption qui entravent votre avenir».
De son côté, la ministre de la Jeunesse et éveil patriotique, Noella Ayenaganato a salué un message qui vise à «réveiller la conscience citoyenne» dans un pays où 70 % de la population a moins de 25 ans. Cette jeunesse, fer de lance du développement devra, dans l’entendement des orateurs, «rompre avec les pratiques néfastes». L’étape de Kolwezi entre dans une démarche nationale de réarmement moral entamé par l’IGF et le ministère de la Jeunesse dans l’objectif de jeter les bases d’une nouvelle génération de gestionnaires patriotes pour une nation où «chaque franc public sert le bien commun, pas des comptes offshore».
Les participants ont accueilli le message d’Alingete avec enthousiasme, rappelant le contraste entre la richesse potentielle du Lualaa et le sous-développement qui y règne. «Merci, Monsieur Alingete, de rappeler que la corruption est une guerre silencieuse», a lancé à chaud un étudiant dans l’assistance.
Natine K.
