
Au terme de sa visite de travail en RD-Congo et au Rwanda, Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique, a rendu un verdict qui cloue au pilori Kigali et le somme de «cesser tout soutien au M23» et de «retirer» ses troupes de l’Est du pays de Tshisekedi.Il a fait part de ces exigences de l’administration Trump envers Kigali à la faveur d’un point de presse animé le jeudi 17 avril 2025, soit quelques jours seulement après s’être entretenu avec Félix Tshisekedi à Kinshasa et Paul Kagame à Kigali au sujet de la crise sécuritaire qui prévaut dans le Kivu où des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont mené, en janvier et février derniers, une offensive éclair l’ayant permis de contrôler les deux principales villes de la région, Goma et Bukavu.
«Le conflit dure depuis trop longtemps, plus de 30 ans. Il est temps d’y mettre fin», a martelé Massad Boulos, soulignant que l’administration Trump «envisage tous les moyens économiques et diplomatiques pour promouvoir la paix». Des déclarations fortes qui sont loin de ressembler à une lettre morte, tant le pays de l’Oncle Sam a déjà sévi contre certains dirigeants rwandais impliqués dans le soutien militaire apporté par Kigali aux rebelles du M23 pour agresser la RD-Congo et déstabiliser les institutions élues démocratiquement.
Le Rwanda a toujours rejeté les conclusions du rapport des experts de l’ONU faisant état de son soutien aux rebelles du M23 et de la présence de plus de 4.000 soldats rwandais sur le sol RD-congolais. Kigali évoque des raisons de sécurité interne pour justifier des mesures défensives déployées le long de sa frontière avec la RD-Congo pour se protéger de FDLR, une milice composée des hutus rwandais auteurs du génocide de 1994 contre les tutsis. Cette préoccupation de Kigali est prise en considération par Washington dont l’émissaire, Massad Boulos, a assuré avoir «discuté des FDLR» avec Paul Kagame, considérant qu’il s’agit d’un «élément clé» dans la résolution du conflit entre Kinshasa et Kigali. Ce conflit, exacerbé à la suite de la résurgence, fin 2022, de la rébellion du M23, qui contrôle plusieurs localités dans l’Est de la RD-Congo, peine à être résolu en dépit de diverses initiatives diplomatiques amorcées. Parmi elles, le Processus de Luanda, piloté par João Lourenço qui a fini par jeter l’éponge pour se concentrer, selon la présidence angolaise, à son mandat de président en exercice de l’Union africaine.
L’organisation continentale, sous le leadership de Lourenço, a jeté son dévolu, début avril, sur le Président togolais Faure Gnassingbe pour reprendre la tunique de médiateur dans le conflit entre la RD-Congo et le Rwanda.



