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Kinshasa vs Kigali, Trump s’implique pour la première fois

Le Potus s’implique. Donald Trump a revendiqué samedi 26 avril un rôle personnel dans les efforts de paix en Afrique, saluant les avancées diplomatiques entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, à la suite de la signature la veille au Département d’Etat d’une déclaration de principes à Washington sous l’égide des États-Unis.

C’est pour la première fois que le dirigeant américain se prononce et évoque en public son implication personnelle dans les efforts tendant à résoudre la crise entre Kinshasa et Kigali. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a déclaré: «Des grandes nouvelles en provenance d’Afrique, où je suis également impliqué dans le règlement de guerres et de conflits violents. Je ne sais pas pourquoi tant de ces événements me reviennent, à moi et à mon administration, mais c’est le cas, et nous avons accompli un travail sans précédent pour les régler ou les mettre en position pour la paix. Restez connectés !!!»

Les États-Unis jouent à fond. Ils sont à deux doigts d’arracher un accord historique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda. Vendredi 25 avril, autour du Secrétaire d’Etat Marco Rubio, les ministres des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner de la République Démocratique du Congo et Olivier Nduhungirehe du Rwanda ont signé une déclaration de principes engageant leurs pays à élaborer d’ici le 2 mai un avant-projet d’accord de paix commun, dans le cadre des processus de Nairobi et de Luanda, fusionnés sous la coordination de la CEA, de la SADC et avec l’approbation de l’Union africaine.

Le texte prévoit également des engagements en matière de souveraineté, de sécurité régionale, de retour des déplacés, de coopération économique, et de soutien à la MONUSCO, la mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo.

Plusieurs capitales ont salué cette avancée obtenue dans la capitale fédérale américaine alors que Trump a entrepris de jouer les premiers rôles dans le règlement d’un conflit né depuis trois décennies. Son administration a récemment nommé un émissaire spécial pour traiter la crise est-congolaise, avec un choix qui illustre la personnalisation de la diplomatie américaine. Massad Boulos, lié par alliance à la famille présidentielle depuis le mariage de son héritier avec la cadette du président américain, cumule désormais les responsabilités diplomatiques. Initialement chargé des relations avec le monde arabe et le Moyen-Orient, il étend maintenant son influence au continent africain.

L’envoyé spécial de Trump a récemment effectué un périple africain comprenant quatre nations: la République Démocratique du Congo, le Rwanda, le Kenya et l’Ouganda. La haute fonctionnaire Corina Sanders l’avait accompagné dans cette mission sensible.

Diplomatie et affaires: entre recherche de paix et intérêts économiques

De l’avis des experts en relations internationales et des médias sérieux, cette mission sensible poursuit simultanément deux ambitions majeures. «Elle cherche d’abord à contribuer à l’établissement d’une stabilité durable dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans les provinces orientales de la République Démocratique du Congo déchirées par des conflits récurrents depuis 1994. Parallèlement, elle ambitionne de créer des opportunités pour les investisseurs américains dans cette région riche en ressources», a estimé la «Nouvelle Tribune».

Dans sa tournée, Boulos a eu des consultations tant avec les dirigeants politiques qu’avec des acteurs économiques régionaux, soulignant cette approche hybride entre diplomatie et affaires. Cette démarche marque un engagement plus direct de Washington dans la médiation d’un conflit aux implications régionales profondes, alors que les accusations mutuelles entre Kinshasa et Kigali concernant le soutien présumé au M23 ont envenimé ces trois dernières années les relations entre les deux capitales.

Kigali poussé à concéder et Kinshasa sur le point de tirer son épingle du jeu tout en étant obligé d’améliorer la gouvernance pour ne pas rater le train!

La République Démocratique du Congo doit se positionner pour tirer profit alors que Kigali recule face à l’évidence des faits. Le Rwanda, pour la première fois, accepte de signer un document qui indique clairement le respect de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo qu’il a violée à plusieurs reprises en dépit de nombreux rapports de l’ONU. Cette fois-ci, l’épée de Damoclès est suspendue sur la tête de Kagame. Violer l’accord signifierait s’attirer l’ire de Trump.

Diplomatiquement, le Rwanda se voit ainsi imposer un agenda concocté par Washington et Kinshasa. Minerais, soient-ils. La réalité est que la République Démocratique du Congo de Tshisekedi est en train de prendre sa revanche après avoir été malmenée sur plan militaire.

Deuxièmement, les États-Unis avec son président adepte des terres rares, voudrait voir les choses aller vite. Aucune tergiversation ne sera tolérée. Kinshasa mise sur un accord minerais contre investissements multisectoriel, développement et sécurité. L’offre a séduit Trump qui veut retourner l’Amérique en République Démocratique du Congo.

Dorénavant, les décideurs du pays devront s’appliquer à la bonne gouvernance, la transparence, la lutte contre la corruption et la fin de l’impunité pour ne pas rater le train: c’est l’occasion tant rêvée pour attirer les investisseurs, redresser l’économie et amorcer le développement.

«C’est la semaine la plus décisive. Le projet Lobito bénéficiera de 6 milliards de dollars américains de source officielle, alors n’en attendez pas moins des autres investissements! On croise les doigts», a commenté un analyste politique à Kinshasa.

Natine K.

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