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Kinshasa veut rapatrier et digitaliser les données géologiques détenues en Belgique

À la faveur du sommet d’affaires USA-Afrique, tenu récemment à Luanda, la République Démocratique du Congo a réaffirmé sa volonté de rapatrier et de digitaliser ses données géologiques historiques, notamment celles détenues à l’étranger, en particulier en Belgique. Cette annonce a été faite par le ministre des Mines, Kizito Pakabomba, à son retour de la capitale angolaise.

«Il a été question, durant ce sommet, des enjeux cruciaux liés à la géologie et à l’exploration minière. Avant de solliciter des financements sur les marchés internationaux, il est essentiel de mieux connaître le potentiel réel de notre sous-sol. Nous avons ainsi échangé avec des partenaires américains sur la nécessité de digitaliser nos données géologiques, aujourd’hui éparpillées dans plusieurs pays. Beaucoup d’entre elles datent de l’époque coloniale, lorsque l’administration belge collectait des informations précieuses sur la géologie congolaise, encore conservées hors du territoire national», a-t-il expliqué.

Cette initiative vise à renforcer la souveraineté minière de la RDC, tout en facilitant l’accès aux investisseurs étrangers à des données fiables et modernisées.

Un sommet stratégique à Luanda

Organisé en Angola, le sommet USA-Afrique 2025 a réuni plus de 1 500 participants, venus des États-Unis et de l’ensemble du continent africain, dont plusieurs chefs d’État et de gouvernement, tels que Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo, Brice Oligui Nguema du Gabon et Christian Ntsay -Premier ministre de Madagascar. Les discussions ont porté sur des thématiques majeures: les ressources minières, le pétrole, les infrastructures, ainsi que l’avenir des accords commerciaux entre l’Afrique et les États-Unis.

Le corridor de Lobito, au cœur des ambitions économiques

Parmi les projets phares évoqués figure le corridor de Lobito, une infrastructure ferroviaire stratégique reliant les régions minières de la République Démocratique du Congo à l’océan Atlantique via l’Angola. Soutenu par les États-Unis, ce corridor vise à fluidifier l’exportation des minerais tout en stimulant le développement économique régional.

Selon Osvaldo Mboco, expert en relations internationales à l’université technique d’Angola, joint par la rédaction portugaise de RFI, ce projet pourrait attirer de nouveaux investissements. «Le corridor de Lobito est bien plus qu’une simple ligne ferroviaire. Il représente une opportunité d’investissements dans des plateformes logistiques, des industries de transformation et d’autres secteurs économiques situés le long de l’axe», a-t-il indiqué.

Les enjeux commerciaux en toile de fond

La rencontre de Luanda a aussi permis à Félix Tshisekedi de s’entretenir une nouvelle fois avec Massad Boulos, conseiller Afrique de la Maison Blanche. Si les relations entre l’Afrique et Washington ont longtemps été axées sur l’aide au développement, elles semblent désormais se réorienter vers des partenariats plus commerciaux.

Le sommet s’est tenu dans un contexte géopolitique tendu, alors que les États-Unis gardent les yeux rivés sur l’Iran et que Donald Trump, en campagne, envoie des signaux ambigus concernant l’Afrique. Enfin, le dossier sensible de l’African Growth and Opportunity Act -AGOA-, l’accord commercial Afrique–États-Unis qui expire en septembre 2025, a également été abordé. Les discussions autour de son renouvellement ou de sa révision pourraient être retardées par Washington, alors que la Chine vient d’annoncer vouloir exonérer quasiment tous les pays africains de droits de douane sur leurs exportations vers son marché, accentuant ainsi la compétition globale pour l’influence économique en Afrique. 

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