
Moïse Katumbi et Martin Fayulu protestent et adressent des messages au président de la République…
Fin brutale de la manif anti-changement de la Constitution programmée jeudi dans les rues de Kinshasa. Les opposants Delly Sesanga et Tokuawulu ont été interpellés et conduits au poste de la Police de Funa alors qu’ils étaient en train de distribués tracts et sensibilisaient la population contre le projet de changement de la Constitution annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi, et soutenu jusque-là par son parti politique, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS. Les deux opposants y ont passé plus d’une heure avant d’être libérés. Une vidéo montrant l’interpellation musclée du président du parti Envol a vite fait le tour des réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation dans les milieux de l’Opposition et de la Société civile. La Police a également fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Alors que l’UDPS a promis d’investir la rue pour obtenir ce changement, l’Opposition s’est, elle aussi, mise en ordre de bataille.
La mobilisation entamée par le groupe de Sesanga s’inscrit dans une série d’actions prévues par l’Opposition et la Société civile, opposées farouchement à toute modification constitutionnelle, perçue comme une démarche susceptible de permettre un troisième bail pour le président Tshisekedi dont le deuxième et dernier mandat constitutionnel prend fin en 2028.
Dans une récente déclaration commune, des figures de l’Opposition et de la Société civile ont laissé entendre que «toute initiative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Elles ont projeté plusieurs manifestations dans tout le pays et à l’étranger, avec un vaste rassemblement programmé le 16 décembre pour marquer l’anniversaire du référendum constitutionnel organisé en 2005.
À travers un message sur son compte X, Moïse Katumbi, leader de l’Opposition institutionnelle, a dénoncé une dérive «dictatoriale» en République Démocratique du Congo après l’interpellation de l’opposant Delly Sesanga.
«La défense de notre Constitution est désormais criminalisée! L’arrestation de @DSESANGA constitue une étape supplémentaire alarmante dans la dérive totalitaire du pouvoir. J’exprime ma plus vive indignation et j’appelle Félix Tshisekedi à retrouver le bon sens et à libérer le président d’Envol et tous les autres prisonniers politiques. Persécuter les opposants pour changer la Constitution en vue de conserver le pouvoir est une erreur tragique qui emporte toutes les dictatures», a-t-il écrit.
Autre ténor de l’Opposition, Martin Fayulu a eu ces mots pour condamner l’arrestation de Sesanga: «Je condamne avec la plus grande fermeté l’interpellation brutale de Delly Sesanga, Aena Tokwaulu et d’autres patriotes qui ont manifesté pacifiquement ce jeudi 14 novembre contre le changement de la Constitution. Les violences et les abus auxquels ils ont été soumis sont inacceptables et indignes d’un État de droit. J’en appelle au Pasteur Roland Dalo pour rappeler à Félix Tshisekedi que l’orgueil et l’arrogance mènent inévitablement à la chute. Il accomplit actuellement son second et dernier mandat frauduleux. Cela suffit ! Qu’il cesse de jouer avec le feu, car d’autres, en Afrique, en ont payé le prix fort».
Natine K.


