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Kingakati: Dossiers chauds, Kabila s’affiche!

Le Raïs est formel. Il ne changera pas de Constitution pour se représenter aux élections en 2016
Le Raïs est formel. Le débat sur 2016 a été lancé très tôt…
Evocation pour la première fois de la question liée à la fin de son mandat, élections provinciales au suffrage indirect, référendum populaire, révision de la Constitution et gouvernement de cohésion nationale, le Président s’est affiché en pointe sur tous les dossiers chauds nationaux face à ses troupes, faisant part du caractère spécial de Session de mars en cours au Parlement
Fini le suspense. Joseph Kabila, Président de la République et Autorité morale de la Majorité présidentielle -MP- était face à ses troupes jeudi 20 mars dans sa ferme de Kingakati, dans la périphérie Est de la ville de Kinshasa, où il s’est affiché en pointe face aux dossiers sensibles: évocation pour la première fois de la question liée à la fin de son mandat, élections provinciales au scrutin indirect, révision de la Constitution, gouvernement de cohésion nationale… Autant de matières qui confèrent un caractère spécial à la session de mars en cours au Parlement RD-congolais et pour lesquelles le Président a donné des orientations précises à ses principaux lieutenants.
La rencontre tant attendue entre Joseph Kabila et les sociétaires de la Majorité présidentielle -MP- a bel et bien eu lieu à Kingakati. Face à l’Autorité morale, tous les régiments ont affiché complet: des sénateurs, des députés, des ministres, des gouverneurs, des ambassadeurs et le Bureau politique de la MP. Un bel échantillon venu assister à la répétition générale à la veille de grands enjeux. Enjeux cruciaux dans un contexte d’affrontement sanglant entre la Majorité et l’Opposition, dans un pays où la Société civile, impulsée par l’Eglise, et l’opinion, de plus en plus éveillée et exigeante, prend une part active au débat politique. Face à une Opposition rusée, les hostilités ont été ouvertes prématurément.
Le débat sur la fin du mandat présidentiel a été lancé avant l’heure. Et le relais a été pris par le chaud Katanga, où sévissent les milices Bakata Katanga, d’où partent les grands rendez-vous de son Histoire. Via sa société civile, le Katanga, province du Président de la République, a donné le ton. Il s’est prononcé contre toute tentative de révision de la Constitution et de prolongation du mandat présidentiel. Un débat sur le mandat présidentiel en pleine législature, à quoi ça sert? Kabila a posé la question à ses hommes réunis à Kingakati.
Non, c’est trop tôt d’en parler alors que le moment exige beaucoup de concentration pour donner des réponses satisfaisantes aux attentes du peuple, a tranché l’Autorité morale. Trop tôt de s’y pencher au moment où chez les voisins, au Congo-Brazzaville, en Afrique de l’Ouest, au Burkina Faso, où des élections sont attendues à la même période et où des présidents sont également en train d’épuiser leur quota, personne n’a osé se précipiter dans l’arène.
Kabila a donc évoqué la question pour la première fois et fixé les esprits une fois pour toutes. Comme il l’a fait avec son prétendu dauphin. Comme il s’est affiché en pointe sur le projet d’organiser les élections provinciales au scrutin indirect. Le projet avance. Il gagne de nombreux adhérents, même au sein de l’Union européenne, à en croire la consœur du Soir, Colette Braeckman. Les arguments techniques soutenus par la CENI sont en train de faire mouche.
Dosage entre la démocratie et la stabilité
Le Président a, lui, expliqué qu’il s’agit d’éviter le blocage au pays. Il est donc favorable à la proposition de la Centrale électorale. La démarche suppose donc l’aval du peuple, un référendum. C’est prévu par la Constitution. «L’initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment: 1. Au Président de la République; 2. Au Gouvernement après délibération en Conseil des ministres; 3. A chacune des chambres du Parlement à l’initiative de la moitié de ses membres; 4.
A une fraction du peuple congolais, en l’occurrence 100.000 personnes, s’exprimant par une pétition adressée à l’une de ses chambres», prescrit l’article 118 de la Constitution avant d’ajouter: «Chacune de ces initiatives est soumise à l’Assemblée nationale et au Sénat qui décident, à la majorité absolue de chaque chambre, du bien fondé du projet, de la proposition ou de la pétition de révision. La révision n’est définie que si le projet, la proposition ou la pétition est approuvée par référendum…». Le débat n’a donc pas lieu.
Voici que Kabila a son courage de tancer ceux qui versent dans la mystification d’un texte qui renferme son propre mécanisme de remaniement. Voici qu’il a fait une belle leçon d’histoire à son auditoire, surpris, évoquant le nombre des fois que le pays a été appelé ou contraint de réviser sa Constitution. D’abord en1961, seulement une année après l’indépendance. Puis en 1965, 1967. Puis plusieurs fois sous le Léopard. Puis encore en 2010.
Voici que Kabila a pris date avec l’Histoire, faisant part du caractère spécial de la session de mars en cours au Parlement au regard de la matière à traiter, mettant en exergue l’impérieuse nécessité de faire un bon dosage entre stabilité et la démocratie, l’une ne devant pas être sacrifiée au profit de l’autre.
Outre la révision constitutionnelle, la Session de mars va voir s’installer le gouvernement de cohésion nationale. Un engagement pris par le Président de la République à l’issue des Concertations nationales. L’intervention de Kabila s’imposait, aux dires de ses proches. Il visait le réarmement moral de sa légion avant le traitement de tous les dossiers brulants.
Achille KADIMA MULAMBA
Octave MUKENDI

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