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Tshisekedi propose une «paix des braves» à Kagame

À Bruxelles, Félix Tshisekedi a surpris son audience en s’adressant directement à Paul Kagame pour plaider en faveur de la paix, exigeant le retrait des troupes du M23 soutenues par le Rwanda. Lors du Global Gateway Forum 2025, jeudi dans la capitale belge, Tshisekedi a pris la parole en tant que défenseur de la paix, s’adressant à de nombreux dirigeants mondiaux. Il a directement appelé Kagame à agir pour mettre un terme aux tensions croissantes, tout en montrant sa volonté de suspendre toute demande de sanctions contre le Rwanda jusqu’à ce que Kagame réponde. «Je préfère pour le moment retarder mon appel aux sanctions contre le Rwanda, en attendant une réponse du président Kagame à ma demande», a-t-il déclaré, soulignant qu’il n’a jamais montré d’agressivité envers le Rwanda, l’Ouganda ou ses neuf autres voisins.

Le président de la République Démocratique du Congo a proposé à son homologue rwandais une «paix des braves». «Nous subissons cette situation, et nous sommes les deux seuls capables de mettre fin à cette escalade». «Il n’est jamais trop tard pour bien faire», a ajouté le chef de État. Il a appelé le forum consacré aux investissements à être témoin de sa demande à Kagame de faire cesser les opérations de M23, qui ont déjà entraîné des millions de victimes. Il a précisé qu’il «n’a jamais affiché une attitude belliqueuse» envers le Rwanda ou ses voisins. 

En réponse, le président rwandais Paul Kagame a répliqué sur X, disant: «Ceux qui s’inquiètent du bruit d’un bidon vide ont aussi un problème. Il vaut mieux le laisser couler ou s’en éloigner». Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a également critiqué Tshisekedi, qualifiant ses déclarations de «comédie politique ridicule» et affirmant que seul le président de la République Démocratique du Congo pouvait arrêter l’escalade, dénonçant la coopération des FARDC avec les groupes FDLR et Wazalendos.Les réactions affluent. Il convient de noter que les négociations qui ont suivi la signature de l’accord de paix de Washington stagnent.

À Doha, la question de la libération des prisonniers du M23 demeure un obstacle majeur, empêchant toute avancée pour mettre fin aux combats et établir des accords entre Kinshasa et les rebelles sur les territoires occupés. Dans la capitale fédérale des États-Unis, les démarches pour mettre en œuvre les mesures de l’accord ont commencé avec du retard début octobre. Donald Trump, quant à lui, semble agacé et rappelle qu’il a mis fin à la guerre à l’Est du Congo, espérant voir la coopération économique entre Kinshasa et Kigali se concrétiser.

Le 3 octobre, le document censé être signé n’a pas pu l’être, bien qu’il ait été finalisé, car Kinshasa a exigé le retrait des troupes rwandaises avant toute signature. Un report mal perçu à Washington alors que le désengagement rwandais est crucial pour la sécurité de l’accord, en contrepartie de la neutralisation des FDLR.

Les critiques des opposants

Avec cette intervention imprévue de Tshisekedi à Bruxelles, Kinshasa a opté pour une nouvelle stratégie de pression sur Kigali. Certains analystes estiment qu’en faisant appel à la communauté internationale, Félix Tshisekedi tente de modifier la dynamique pour accroître la pression sur le Rwanda. Cependant, les opposants n’interprètent pas cela de la même manière, parlant d’une incohérence du Pouvoir. Jean-Marc Kabund, ancien leader de l’UDPS, a exprimé son indignation sur X: «Dites-moi que ce n’est pas vrai ce que j’entends. Si c’est le cas, je me demande dans quelle situation nous sommes».

De son côté, l’opposant Gratien Iracan ne comprend pas non plus la main tendue du président: «Félix Tshisekedi vient de démontrer, devant le monde à Bruxelles, son incapacité à avoir une stratégie claire pour rétablir la paix. Ses revirements fréquents traduisent une désconnexion avec le peuple et un excès d’ego». Depuis son exil en Belgique, Claudel Lubaya tance sévèrement le président: «De la moindre escarmouche à une main tendue inattendue, on observe une constante qui conduit à une seule conclusion: ce roi comique, se faisant appeler roi soleil, excelle dans les pirouettes, les incohérences politiques et les retournements absurdes. Il n’est pas fait pour ce poste», a-t-il tweeté.

Il a également ajouté: «Loin d’être une marque d’adaptabilité stratégique, sa versatilité maladive souligne un manque de cap et de vision claire. Sa déclaration d’aujourd’hui au Global Gateway Forum à Bruxelles en illustre l’absurdité». Pour Olivier Kamitatu, chef de cabinet de Moïse Katumbi, la sortie de Félix Tshisekedi est un échec. «À l’approche de l’annonce du Prix Nobel de la Paix, il veut se donner une image de sage, mais la réalité finit par s’imposer: son problème n’est pas extérieur, mais au Congo», a-t-il déclaré.

«De la moindre escarmouche à ça… Tout ça pour ça ! Où est le sérieux? Quelle est la ligne directrice? C’est un gâchis incarné. Un président à géométrie variable, qui adapte ses positions selon les applaudissements et les voyages, ne suscite ni confiance ni respect», a conclu Delly Sesanga sur le même réseau social. 

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