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Dany Banza- Kao Mandungu: les origines d’une inimitié explosive au cœur du pouvoir

Dans les arcanes du pouvoir RD-congolais, une rivalité implacable déchire deux proches collaborateurs du président Félix Tshisekedi. D’un côté, Dany Banza Maloba, ancien puissant ambassadeur itinérant rétrogradé au rang de chargé de mission avant de se refroidir. De l’autre, Kao Mandungu, actuel conseiller privé du chef de l’État. Entre les deux hommes, la tension a franchi depuis 2023 le simple cadre politique pour atteindre une dimension quasi mystique, avec menaces de mort et pratiques occultes.

Des menaces jusqu’aux incantations mystiques

Entre mars et avril 2023, plusieurs vidéos tournées au Grand Katanga et largement relayées sur les réseaux sociaux ont jeté une lumière crue sur l’intensité de ce conflit. On y voit des chefs coutumiers invoquer les esprits pour «protéger l’enfant du terroir» et jeter le mauvais sort à Kao Mandungu, nommément cité, ainsi qu’à deux autres personnalités originaires du Kasaï. Des incantations proférées au nom de Dany Banza, dont la presse, notamment AfricaNews, avait déjà souligné le rôle central dans cette cabale. À Kinshasa, ces scènes spectaculaires furent immédiatement associées à la purge intervenue la même année à la Gécamines. L’ancienne équipe dirigeante, réputée proche de Banza, avait alors été démise avec fracas.

La Gécamines, au cœur du bras de fer

Selon plusieurs indiscrétions recueillies dans les cercles politiques kinois, la disgrâce de Dany Banza trouve son origine dans une «faute lourde»: la vente controversée d’une dizaine d’actifs miniers stratégiques. Ces transactions, évaluées à des centaines de millions de dollars, auraient compromis un accord en négociation entre Kinshasa et les Émirats arabes unis. À cette période, la coopération économique entre les deux pays connaissait un tournant majeur. À travers Primera Gold RDC SA, première société congolaise issue de ce partenariat, la RDC venait d’exporter 207 kilos d’or vers les Émirats en seulement 45 jours – soit six fois la production annuelle précédente.

Kinshasa ambitionnait alors d’étendre cette dynamique au cobalt et au cuivre, en s’appuyant sur le stock stratégique de la Gécamines. Mais les «pratiques mafieuses» reprochées à l’ex-management de la société minière, soutenu par Banza, auraient compromis ces plans. Les bureaux du président du conseil d’administration Alphonse Kaputo et du directeur général Sama Thambwe furent perquisitionnés par la Garde républicaine, tandis que l’Agence nationale de renseignements -ANR- les maintenait sous haute surveillance. Les deux dirigeants furent limogés par ordonnance présidentielle et réduits au silence, victimes collatérales d’un système mis en place par Banza.

Mandungu, l’homme des enquêtes

C’est dans ce contexte que s’impose Kao Mandungu, conseiller privé de Félix Tshisekedi, chargé de piloter les investigations sur la gestion de la Gécamines. Pour Dany Banza, son implication sonne comme une mise à mort politique. Les menaces et attaques mystiques qui ont suivi illustrent une animosité profonde, transformant une rivalité de pouvoir en guerre ouverte. Mais à l’extravagance de Banza, Mandungu, récemment aperçu à Manhattan, 5e Avenue à Peninsula, le chic hôtel où le Président Tshisekedi avait installé son QG de la 80e Assemblée générale de l’ONU, oppose une nature discrète. 

De Kinshasa à Monaco, la traversée du désert

Après avoir assuré son élection au Sénat lors des scrutins de décembre 2023 et immédiatement laissé son siège à son suppléant Hervé Nkulu, Dany Banza a choisi de retirer pendant un moment. Depuis, il a quitté la scène politique nationale et serait installé à Monaco, selon des sources concordantes. Son départ n’a cependant pas effacé les rancunes, ni dissipé les zones d’ombre entourant ses activités passées.

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