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Baromètre Présidentielle 2016:Katumbi champion, Kamerhe second

Ni Aubin Minaku, ni Matata Ponyo, s’ils étaient désignés candidats de la Majorité présidentielle, n’obtiendrait plus de 5% si l’élection avait leur dimanche! Le speaker de la chambre basse et le Premier ministre PPRD arriveraient respectivement 4ème et 7ème, loin derrière les dissidents MP qui engloutiraient même l’éventuel candidat UDPS Félix Tshisekedi et Freddy Matungulu, candidat issu de la communauté RD-congolaise de l’étranger

 
La présidentielle est encore loin, mais si elle avait lieu dimanche, aucun candidat de la Majorité présidentielle ou de la Diaspora ne l’emporterait selon une récente enquête  Les Points. Fraichement parti de la Majorité, l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga arriverait en tête, suivi de l’opposant ex-PPRD Vital Kamerhe, lui-même pourchassé par le tout nouveau ex-MP Pierre Lumbi… Le trio distance de loin Aubin Minaku, le poulain MP le mieux placé, devancé de plus de 22 points par le vainqueur virtuel. Dans les détails, tous les candidats estampillés Opposition réuniraient 60,1% contre près de 12% pour le bloc issu du groupe MP-PALU. 
 
La Majorité présidentielle -MP- et la Diaspora ne font pas le poids face aux dissidents kabilistes. C’est l’enseignement majeur du tout premier sondage Les Points consacré à la présidentielle de 2016 après les vagues de démissions à la MP dont il ressort que 27% des RD-Congolais seraient prêts à voter pour le nouvel opposant Moise Katumbi si cette élection se tenait dimanche. A en croire Les Points, l’ex-gouverneur du Katanga présente quelques points à son avantage. Il a, par exemple, multiplié sa fortune de manière exceptionnelle et acquis une forte popularité grâce à son équipe TP Mazembe et à sa politique de dons. «Il s’est aussi acheté une forte notoriété dans la province et des soutiens politiques dans nombreux coins du pays grâce à son argent», explique Freddy Panda.
Entré en dissidence en 2009, l’ex-président PPRD de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe se placerait en deuxième position avec 18%, talonné par un autre dissident kabiliste et l’un des ténors du G7, le MSR Pierre Lumbi crédité de 8% d’intentions de vote. Kamerhe a l’avantage d’être polyglotte, d’être connu sur l’ensemble du territoire national pour avoir battu campagne en faveur de Kabila en 2006, d’être à la tête d’un parti implanté, l’UNC, et de jouir du statut d’opposant. Lumbi peut aussi targuer de disposer d’une machine aussi bien implantée à travers le pays, le MSR, environ 30 députés à l’Assemblée nationale qui lui ont témoigné leur loyauté dans le conflit avec la MP. L’idéologie de son parti basé sur le communautarisme demeure aussi un atout.
Ni Aubin Minaku, ni Matata Ponyo, s’ils étaient désignés candidats de la Majorité présidentielle, n’obtiendrait plus de 5%. Le speaker de la chambre basse récolterait 5% d’intentions de vote et arriverait 4ème, à 2,4 points du Premier ministre, 7ème au classement, et à 2,8 points du vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab. Selon Les Points, Minaku a connu une ascension politique météorique. Encore inconnu du public en 2006, il navigue aujourd’hui dans les hautes sphères de la politique nationale. Sa position privilégiée au perchoir lui vaut une notoriété à l’échelle nationale et de grandes entrées dans les chancelleries. Présenté comme son plus grand rival, Matata a lui aussi connu une ascension fulgurante, passant en moins de dix mois du BCECO à la Primature via le ministère des Finances, sans avoir affronté une élection.
 
Matungulu éjecté!
Boshab, lui, passe pour l’une des figures emblématiques du PPRD qu’il a dirigé entre 2009 et 2015. Il dispose d’un vaste réseau national en termes des ressources humaines avec des hommes dans tous les secteurs de la vie nationale et des contacts dans l’Opposition. Ses fonctions actuelles en font un des hommes les mieux informés du pays.
Entre Minaku et Matata se classent deux autres opposants au Régime, notamment le 5ème classé Docteur Denis Mukwege, qui glanerait 3,4%, soit 0,2 point de plus que l’UDPS Félix Tshisekedi. L’un a été rendu populaire au pays et à l’étranger de par son action humanitaire aux côtés des femmes victimes de viol qu’il opère à l’hôpital de Panzi dans le Sud-Kivu et des oscars remportés sur la scène internationale consécutivement à cet engagement. L’autre pourrait profiter de l’aura de son géniteur, l’opposant historique Etienne Tshisekedi, et de l’emprise sociologique de sa formation politique, l’UDPS, pour jouer dans la cour des grands. Félix Tshisekedi a commencé à se faire parler de lui en défiant certains caciques du parti, en contrôlant sa communication et prenant le leadership des tractations en cours en vue d’un dialogue national.
L’AFDC Modeste Bahati et le PALU Adolphe Muzito confirment la mauvaise passe de la MP et de son principal allié lumumbiste. Désormais, à la tête de la deuxième force de la Majorité à la faveur de l’auto-exclusion du G7, Bahati n’obtiendrait que 1% d’intentions de vote, à 0,4% de l’ancien Premier ministre Muzito, suspendu du parti à cause de ses tribunes pertinentes ou impertinentes -c’est selon- mais assuré du soutien de la base du PALU qui raffole ses prestations, et à 0,5% de l’ARC Olivier Kamitatu, l’un des ténors G7 tout récemment révoqué du gouvernement et exclu de son propre parti pour violation des statuts. Enfin, Les Points a testé la  possibilité de l’élection de Freddy Matungulu, candidat issu de la diaspora, le seul à avoir abattu ses cartes jusque-là, mais fraichement arrivé dans l’arène.
L’ancien ministre des Finances, Budget et Economie de Kabila retourné au FMI où il dispose d’un bon carnet d’adresses mais dont le programme ou le projet politique reste inconnu et se limite aux critiques virulentes contre le Pouvoir, ferait piètre figure. Il plafonnerait à 0,5%. Un score insuffisant pour espérer se faire une place au soleil comme, du reste, la Majorité présidentielle dont tous les probables candidats réunis ne dépasseraient pas la crête de 12%, contre 60,1% à l’ensemble des candidats issus de l’Opposition.   L’enquête a été réalisée sur le terrain du 8 au 9 octobre dans les chefs-lieux des anciennes 11 provinces, sur un échantillon de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus, disposant chacun d’une carte d’électeur.

 

 

AKM

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