Dossier à la UneJusticeSécurité

Kalev: ses avocats mettent à nu la cabale

«Aucun des plaignants n’a produit un seul fait précis, dans sa plainte, sur la responsabilité ou l’implication individuelle et personnelle de Monsieur Kalev Mutondo, concernant les allégations des tortures, d’enlèvements, de traitements inhumains et dégradants, d’empoisonnement ou de tentative d’assassinat», notent les avocats de l’AG honoraire de l’ANR, fustigeant plutôt la déclaration médiatisée de Jean-Claude Moyambo faisant part de l’existence des Plans A, B et C visant l’arrestation, coûte que coûte, de leur client, faisant l’inventaire de certains éléments démontrant la mise en route d’un complot contre sa personne…   

Dans un document intitulé Avis technique, les avocats de Kalev Mutondo, l’Administrateur général honoraire de l’ANR invité à comparaître au parquet mardi 9 mars, ont passé au peigne fin les plaintes connues à ce jour contre leur client, une douzaine au total. Le Bâtonnier Cyprien Mbere Moba, Maître Gilbert Makanzu Mahunda et Maître Tshitembo Muleng affirment et font constater que qu’aucun des plaignants n’a pu produire un seul fait précis sur la responsabilité ou l’implication individuelle et personnelle de l’ancien AG de l’ANR concernant les allégations des tortures, d’enlèvements, de traitements inhumains et dégradants, d’empoisonnement ou de tentative d’assassinat. Ils dévoilent au contraire et de manière officielle «un complot un fondé sur la haine politique et tribale», ourdi contre Kalev Mutondo en dénonçant une manipulation politico-judiciaire contre ce haut fonctionnaire de l’Etat.

Quelques éléments fondent la conviction des avocats arrivés à fustiger ce qu’ils qualifient de «dérive qui ne peut que nuire à la cohésion et à l’unité nationale». Notamment l’identité des plaignants dont la quasi-totalité est originaire du même espace socioculturel, le Kasaï Oriental. Puis le timing et les dates de dépôt des plaintes, transmises presque toutes au parquet entre janvier et février 2021. Enfin, la déclaration de l’un des plaignants, Jean-Claude Muyambo pour ne pas le citer, relayée par les médias, se rapportant à l’existence des «Plans A, B et C» déjà concoctés.

De par cette révélation dans les médias, Muyambo met la puce à l’oreille de Cyprien Mbere et ses confrères, convaincus que leur client Kalev fait face à un bloc concerté et coaché pour une mission consistant à le faire arrêter. Sinon, ils ne s’expliquent pas pourquoi et comment tous les 12 accusateurs n’osent pas poursuivre les services d’ordre, de sécurité et défense, identifiés et cités par eux-mêmes comme auteurs de leurs arrestations respectives, encore moins la République Démocratique du Congo dont dépend l’ANR, mais s’acharnent sur l’individu Kalev Mutondo, alors qu’aucun de ces plaignants n’a déclaré avoir reçu un appel porteur de menaces de sa part ou l’avoir vu physiquement sur le lieu de son arrestation. Mbere et ses deux confrères sont d’avis qu’en son ancienne qualité de haut fonctionnaire de l’Etat, Kalev ne peut répondre, ni à titre individuel, ni au nom de l’Etat, n’en ayant été que préposé, ni au nom de différents services intervenants sur lesquels il n’exerçait aucun pouvoir. 

Dans un tableau récapitulatif reprenant les noms de ces plaignants, les dates de dépôt de leurs plaintes devant le parquet et les résumés de leurs propres récits faits à leurs avocats, les conseils de Kalev Mutondo dégagent une conclusion en 11 points ci-dessous tendant à établir une cabale contre l’ancien AG, «devenu un acteur politique avéré et constant du FCC et du PPRD».

CONCLUSION 

Il se dégage clairement du Tableau récapitulatif que :

1.La totalité de plaignants interpellés, l’a été par des Services d’Ordre, de Sécurité et de Défense autres que l’ANR;

2.Tous les plaignants interpellés, à l’exception de Jean-Claude Muyambo, de Joseph Kapepula Mulumba, de Vano Kalembe Kiboko, ont été interrogés par des OPJ à compétence générale, affectés à la Commission par différents Services d’Ordre, de Sécurité et de Défense, qui siégeait dans les locaux de l’ANR;

3.Tous les plaignants interpellés avaient été transférés au Parquet, et une bonne partie de plaignants ont vu leurs dossiers fixés devant les Cours et Tribunaux et suivre leur cours, jusqu’à la condamnation;

4. Les allégations portées devant le Parquet Général contre la personne de Mr Kalev Mutondo, sont mal dirigées en ce que, en son ancienne qualité de Haut Fonctionnaire de l’État, il ne peut en répondre aujourd’hui, à titre individuel, ni au nom de l’État, n’en ayant été que préposé, ni au nom des différents Services intervenants sur lesquels il n’exerçait aucun pouvoir;

5. La plupart des allégations portées contre Mr Kalev Mutondo, en 2021, sont supposées avoir été commises par des Services de l’État congolais, il y a plus de 5 ans. Pendant tout ce temps, les faits allégués n’avaient jamais donné lieu à une plainte ou à une dénonciation;

6. C’est pour la première fois que ces allégations, médiatisées de manière outrancière, font l’objet d’un déferlement des plaintes sur un laps de temps très court, de janvier à février 2021, ce qui concourt à démontrer l’existence d’un complot, d’une manipulation et des montages grotesques des allégations qui ne sont que de pures calomnies destinées à régler des comptes à une personnalité qui, pendant toute sa carrière de Haut Fonctionnaire de l’État, n’a fait que son devoir, dans le respect de la Constitution, des Lois et Règlements de la République;

7. AUCUN des plaignants ne déclare avoir reçu un appel porteur de menaces ou avoir vu physiquement Mr Kalev Mutondo, sur le lieu de son arrestation, par les différents Services de l’État, dans le local des OPJ -Officiers de Police Judiciaire-, chez un Magistrat du Parquet, au bureau d’un Juge ou encore ailleurs, pour poser un ou plusieurs actes rentrant dans les faits allégués par différents plaignants;

8. AUCUN des plaignants n’a produit un seul fait précis, dans sa plainte, sur la responsabilité ou l’implication individuelle et personnelle de Monsieur Kalev Mutondo, concernant les allégations des tortures, d’enlèvements, de traitements inhumains et dégradants, d’empoisonnement ou de tentative d’assassinat;

9. Les Services de l’État ne comptant pas que des Saints dans leurs rangs, il est possible que des actes prohibés par la Loi, aient été commis sur terrain ou dans leurs bureaux respectifs, par des Agents, des Cadres ou des Officiers de l’Armée, de la Police Nationale, de l’ANR ou de la DGM, dans l’exercice de leurs fonctions. Dès lors, il revient aux plaignants, soit de démontrer en quoi leurs actes étaient commis sur ordre ou instruction personnels de Monsieur Kalev Mutondo, ce qui est inconcevable lorsque l’on considère la nature structurée et hiérarchisée des Corps, tels que les FARDC, la PNC ou la DGM; soit de diriger leurs plaintes contre les Services de l’État concernés qui seraient éventuellement responsables des situations déplorées, au lieu de chercher un bouc émissaire en la personne de Mr Kalev Mutondo, parce que devenu acteur politique avéré et constant du FCC et du PPRD, au risque de concourir  au sacrifice d’un innocent.

10. Il ressort de la relation objective des faits, sur chacune de 12 plaintes réelles ou supposées, répertoriées à ce jour, qu’aucun acte précis n’est imputable individuellement à Monsieur Kalev Mutondo, qui justifierait sa comparution en Justice, pour rendre compte des faits qui auraient été commis soit par d’autres Services de l’État, soit encore par autrui.

11. la quasi-totalité de plaignants ainsi identifiés, est originaire du même espace socio-culturel, c’est-à-dire l’ex-Province du Kasaï Oriental, hormis le Sankuru.

Tous les éléments ci-dessus recensés tendent à établir qu’on est au cœur d’un complot ourdi contre Monsieur Kalev Mutondo, Administrateur Général honoraire de l’ANR, complot fondé sur la haine politique et tribale, et qui inspire toutes les pensées, tous les comportements, tous les actes, tous les discours de diabolisation, d’acharnement, de mensonges, de diffamation, de dénonciation calomnieuse, de manipulations grossières et des montages grotesques, émanant des personnes impliquées et recrutées dans ce complot destiné à anéantir un adversaire politique, désormais considéré comme un ennemi à abattre par tous les moyens, y compris les plus vils et les plus malhonnêtes. 

La révélation médiatique, arrogante et triomphaliste faite par l’un des plaignants, sur l’existence des «Plans A, B et C» déjà ourdis et destinés à faire arrêter, coûte que coûte, Monsieur Kalev Mutondo, en est une parfaite illustration. 

Dans ces circonstances, et au regard de l’environnement totalement délétère autour de sa personne, Monsieur Kalev Mutondo, Administrateur Général honoraire de l’ANR, aujourd’hui cadre du FCC et du PPRD, n’aura d’autre choix que d’en tirer, aussi bien sur le plan légal que pratique, toutes les conséquences que lui imposent ces manipulations politico-tribalo-judiciaires, dont il ne cesse d’être victime, afin de défendre l’honneur des Services de l’État congolais, son propre honneur, ainsi que celui de sa famille, de sa  Communauté, de l’ANR et de la Nation congolaise toute entière.

En définitive, tout observateur averti et tout bon citoyen, qui prendraient connaissance du contenu de ce Tableau, devraient regretter cette dérive politico-tribaliste qui ne peut que nuire à la cohésion et à l’unité nationales, en RDC, Pays qui compte 483 tribus et qui, compte tenu de notre histoire Post-Indépendance tumultueuse, a résolument fait le pari de la concorde sociale et ethnique, envers et contre tout, pour éviter l’éclatement qu’espèrent nos ennemis intérieurs et extérieurs.

Maître Gilbert MAKANZU MAHUNDA

Maître TSHITEMBO MULENG

Articles similaires

Fermer
Fermer