
C’est un nouvel affront pour Paul Kagame. Dans son récent rapport, le groupe d’experts des Nations-Unies a transmis au président du Conseil de sécurité des «preuves accablantes et indiscutables de l’agression» de la RD-Congo par le Rwanda. Dans un communiqué, publié jeudi dans la soirée, le gouvernement RD-congolais a saisi la balle au bond pour désormais appeler à «des mesures politiques, économiques et judiciaires sévères à l’encontre du Rwanda et de ses dirigeants», reconnus patrons des rebelles du M23.
Avec ces troupes déployées sur le sol RD-congolais et dont l’activisme a été de nouveau confirmé par les Nations-Unies, le Rwanda est accusé par la RD-Congo de cibler «les casques bleus et les infrastructures de la MONUSCO qui sont des faits constitutifs de crimes de guerre». Pour l’administration Tshisekedi, «les Nations civilisées, éprises de paix et de justice» ainsi que l’ensemble de la communauté internationale ne devraient plus user de langue de bois pendant que le Rwanda «utilise près de 4.000 militaires, nombre largement supérieur à celui des terroristes M23, comptant aussi des enfants mineurs et des personnes recrutées notamment de force dans les localités sous occupation et dans les camps de réfugiés».
Dans leur rapport, les experts des Nations-Unies ont également noté le profit que tire Kigali du pillage des ressources minières et forestières, occasionné par cette instabilité dans la partie orientale de la RD-Congo. Ce rapport, soutient Kinshasa, apparait comme un amplificateur de son point de vue d’une guerre économiquement motivée, faisant des millions des morts et encore plus des déplacés. A Kigali, cet énième déculotté résonne tel un coup de massue. Il intervient tout juste quelques jours après une résolution de l’Assemblée parlementaire francophone -APF- condamnant son implication dans la guerre en RD-Congo.
La semaine passée, Kigali a également vu une aide militaire de l’Union européenne, sollicitée par son président, être gelée. Aussi, Kagame a essuyé un revers avec l’annulation par le gouvernement britannique de l’accord sur les immigrants. Une pluie de rejet qui tombe mal, à quelques semaines des élections qui voient Kagame, lâché de partout, briguer un quatrième mandat.
