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RDC: Kabila reprend la parole pour défendre la Constitution menacée

Sept ans après avoir quitté le pouvoir, Joseph Kabila brise à nouveau le silence. Dans un message adressé à la nation jeudi, à quelques heures du sit-in de l’opposition, l’ancien président dénonce un projet de révision constitutionnelle qu’il qualifie de «forfaiture manifeste» et met en garde contre le risque de «soudanisation» de la République Démocratique du Congo.

L’alerte rouge

«Notre pays est en effet gouverné de manière arrogante, liberticide, prédatrice, et profondément discriminatoire», écrit Joseph Kabila.  Il y a un peu plus d’un an, le 23 mai 2025, il avait déjà dressé un état des lieux «préoccupant» des institutions et proposé une «thérapie de choc en douze points». Sans effet selon lui. Depuis, la justice militaire l’a condamné à mort par contumace et les États-Unis l’ont sanctionné pour son rôle présumé aux côtés des rebelles de l’AFC/M23, implication qu’il continue de nier. Cette fois, l’ex-chef de l’État estime disposer d’arguments plus solides.

Il accuse à son tour le pouvoir d’avoir levé “toute ambiguïté sur ses véritables intentions” après l’adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale. Objectif assumé: changer la Constitution, «expression suprême du pacte républicain».  «La trahison de son serment constitutionnel par le premier d’entre eux est désormais incontestable», assène-t-il, sans citer nommément Félix Tshisekedi. «Personne ne pourra donc prétendre, demain, qu’il ne savait pas», tape-t-il. 

La cocotte-minute  

Le diagnostic est implacable. Pour Kabila, la République Démocratique du Congo est progressivement transformée en «une véritable cocotte-minute, prête à exploser». Cause: l’absence de «respiration démocratique indispensable à sa stabilité et à sa cohésion». Il met en garde contre une «soudanisation» du pays, c’est-à-dire son «implosion, si rien n’est entrepris rapidement». Un scénario déjà évoqué pour alerter sur les dérives de la gouvernance actuelle.

L’article 64 comme arme  

Face à ce qu’il considère comme un «complot contre la Nation, la République et la démocratie», l’ancien président brandit l’argument constitutionnel. «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation de la Constitution», rappelle-t-il en citant l’article 64 alinéa 1. 

«Il ne s’agit pas seulement d’un droit. Il s’agit d’un devoir patriotique», martèle Joseph Kabila qui marque sa «ferme opposition» au projet.

La mobilisation générale

Le message bascule dans l’appel à l’action. L’ex-président exhorte les Congolais à «soutenir massivement toutes les initiatives» et à «participer activement à toutes les actions» des forces politiques et sociales engagées dans la défense de la Constitution.

Sa formule fait mouche: «Que chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville de notre pays devienne un mirador». Objectif: détecter et dénoncer «les atteintes aux libertés publiques» et faire de chaque espace «autant de cellules de résistance citoyenne». «Ce qui est en jeu, c’est la survie même du Congo. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir des générations futures», conclut-il avant de lancer: «Vive la République démocratique du Congo, une, indivisible et démocratique».

Retour sur la scène  

Ce deuxième message en 13 mois intervient alors que le débat sur la révision constitutionnelle entre dans sa phase décisive. En mai 2025, Joseph Kabila avait déjà dénoncé une dégradation «constante» des institutions. Ses mises en garde étaient restées sans suite.

Avec ce nouveau coup de semonce, l’ancien président reprend le rôle de «gardien de la Constitution» qu’il revendiquait à la fin de son mandat. Un retour qui risque d’embraser davantage un débat déjà sous haute tension.

KISUNGU KAS

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