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Irak, Libye, Syrie: mille raisons pour douter du bienfondé de l'alternance

Même s’ils sont situés à des milliers de kilomètres de la RD-Congo, l’escalade des conflits et des tensions en Libye et en Syrie, deux pays où les Occidentaux ont soutenu le soulèvement populaire contre les régimes en place -avec assassinat du président libyen Mouammar Kadhafi-, en Irak et Syrie, où l’instabilité a droit de cité au nom de l’alternance, inquiète à de nombreux points de vue et invite à la réflexion. La sécurité, aujourd’hui une menace réelle à l’existence de ces pays -l’Egypte se sort grâce au retour d’un homme fort au pouvoir, un militaire, le maréchal Al Sissi-, et l’immigration, un casse tête pour l’Union européenne, le rôle de l’Occident pour la résolution de ces crises reste flou voire incertain. Ces réalités confirment l’échec de la politique occidentale vis-à-vis de l’Afrique et du Moyen Orient, et la méconnaissance des particularités de chaque pays et de chaque peuple.
Préalablement à l’invention d’un modèle de gouvernance acceptable par tous mais adapté à chaque pays, il est nécessaire que les RD-Congolais, d’autres africains ou asiatiques, encore épargnés de la crise mais pressés d’imiter ces prototypes qui ont montré leurs limites ailleurs, prennent conscience de la portée de ce qui se passe en Libye, en Irak et en Syrie, le comparer à la situation au Maroc, où le roi Mohamed V a opté pour une démocratie sur mesure, en Algérie, où Bouteflika, malade, affaibli, plusieurs fois évacué pour des soins, autant de fois donné pour mort par des médias internationaux, les mêmes, mais se maintient, stabilité oblige.
Les occidentaux eux-mêmes prouvent que la paix et la prospérité reposent aussi sur les relations culturelles et humaines enrichissantes. Sinon, exit le partenariat avec la Chine et la Corée du Sud. Sinon, Washington ne ferait pas des échanges commerciaux avec Pékin ou Moscou, la première raillée pour le bâillonnement  de la démocratie, et la seconde stigmatisée pour son modèle politique atypique avec une alternance réduite au jeu entre deux amis, deux potes, Poutine et Medvedev. A chacun sa démocratie et ses intérêts, le développement pour tous, semble-t-il. C’est la règle. C’est évident.
Les bienfondés de l’alternance  ou du développement par l’alternance sont souvent présentés de façon maladroite et mal comprise par les peuples destinataires. On peut évoquer l’exception Tunisie mais relativiser en faisant état d’une transition encore très fragile. Le même exemple vaut pour le Burkina Faso et le Mali.
On a beau vanter le Ghana, le Nigeria ou l’Afrique du Sud comme champions de démocratie en Afrique, ils ont tout à envier à la Chine ou la Corée du Sud, où l’on n’a jamais expérimenté le pluralisme politique.
On a beau soupçonner Kabila de vouloir glisser mais on ne saura jamais expliquer objectivement pourquoi Kagame, Dos Santos, Sassou ou Museveni ne sont ou ne peuvent jamais être inquiétés. Bien au contraire, tout est question de typologie, d’approche. Question: le régime politique est-il un fatalisme ou une décision? La réponse raisonnable serait la seconde.

 

Tino MABADA

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