
Ancien ministre de l’Industrie, Germain Kambinga a publié depuis quelques semaines un ouvrage intitulé «Pour un Congo retrouvé, continuons le changement» dans lequel il a brossé les avancées réalisées depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir. En six ans, beaucoup de choses ont été faites et encore plus reste à faire. Pour Kambinga, le président Tshisekedi doit beaucoup de ses succès au travail «louable» de l’Inspection générale des finances -IGF. Depuis la nomination de Jules Alingete Key à la tête de ce service rattaché à la présidence, un nouveau vent souffle de renaissance y souffle, ne laissant pas indifférent Kambinga.
Dans cet élan, le pays a marqué des points dans la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics. «Sans l’IGF, ce serait un désastre», a reconnu Germain Kambinga, présentant cette institution comme un véritable antidote aux scandales et catastrophes économiques. «Le président de la République s’est personnellement impliqué dans la renaissance de l’IGF. Depuis lors, ce service joue un rôle clé dans la surveillance des gestionnaires publics avec des résultats encourageants dans l’amélioration qualitative et quantitative de la gouvernance publique», a-t-il fait savoir, saluant en même temps le «dynamisme» de Jules Alingete qui a mis sur pied une «politique préventive et qualitative de la gestion des ressources de l’État». Toutefois, Kambinga a appelé au renforcement des efforts alors que la guerre d’agression imposée par le Rwanda frappe de plein fouet l’économie RD-congolaise. «Maintenant, il faut aller loin, il faut qu’il ait un répondant judiciaire et pénal qui accompagne les actions de l’IGF», a-t-il poursuivi.
Le député honoraire en a marre de voir le travail de l’IGF se limiter à un «constat d’expertise et d’orientation pointu» même si cela a permis de lancer le débat et servir de dissuasion aux détourneurs des fonds les plus timides. «Le problème n’étant pas conjoncturel, mais structurel, la seule limite, c’est ce que les économistes définissent dans la théorie de crime, la mise en balance des bénéfices qu’on retire des détournements et la crédibilité des finances en face, c’est ce qui se situe la limite de l’IGF qu’il faudra renforcer», a-t-il argumenté.
Titulaire d’un master en économie publique et d’un DEA en monnaie finance banque, l’ancien porte-parole du MLC a en même temps dénoncé l’activisme du Rwanda dans l’Est du pays, appelant la population à choisir «le camp de la patrie» et encourageant l’armée à continuer à défendre l’intégrité du territoire national. L’occasion a été parfaite pour dénoncer «les naïfs qui pensent qu’une alternance par la violence, par la remise en cause des acquis démocratiques, est une solution soutenable» pour la RD-Congo.
Cet expert en marchés financiers et bourses a dressé un tableau des potentiels méfaits de cette guerre qui pourrait «conduire -le- pays dans le chaos» et faire effondrer les finances publiques. «Les réserves de change seront vidées par la guerre. La monnaie ne sera plus soutenue. Nos importations ne pourront plus bénéficier des ressources financières en devise», a-t-il avisé, se basant notamment sur l’extraversion de l’économie RD-congolaise avec la majorité de ressources budgétaires en provenance des exportations, principalement des mines. Kambinga craint que les détenteurs de ces gisement décident de plier bagage «face à l’insécurité», ce qui pourrait occasionner une «baisse drastique» des exportations. Un coup dur pour une économie qui peine à se diversifier et que Kambinga veut éviter. «En gros, il n’y a aucun bénéfice dans ce qui est en train de se tramer», a-t-il conclu, espérant que les rebelles n’atteindront pas Kinshasa, de peur de se retrouver dans un «pays en situation de patchwork, saucissonné».
Pour éviter le pire, Kamnbinga a mobilisé pour sauver la nation en temps crucial, invitant les uns et les autres à attendre 2028 pour leurs reproches.
WIDAL
