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Dialogue, le refus de Kinshasa face à l’invitation de Mbeki

Le gouvernement de la République a décidé de ne pas se joindre à la réunion politique suggérée par Thabo Mbeki. Quelques heures après que l’ancien président sud-africain ait annoncé sa volonté de rassembler les principaux acteurs du conflit RD-congolais dans le but d’apporter des solutions à une crise qualifiée de «multiforme», Kinshasa a choisi de décliner cette invitation. Par le biais de son porte-parole, Patrick Muyaya, le gouvernement a fermement rejeté l’initiative, la qualifiant d’«inopportune» et son animateur de «partisan».

Ce refus met en lumière la position inflexible du gouvernement, qui entend aborder la crise selon ses propres conditions et en collaborant avec des médiateurs de confiance, tels que Washington et Doha, qui ont réussi à avancer leurs objectifs pour la paix.Déterminé, le gouvernement de la République Démocratique du Congo n’est nullement intéressé par l’initiative de Mbeki, qui inclut également Corneille Nangaa, le chef de l’Alliance fleuve Congo -AFC-, un mouvement rebelle contrôlant de larges zones à l’est du pays.

En d’autres termes, c’est le propre rôle de Mbeki qui ne plaît pas à Kinshasa. Ce dernier ancien président sud-africain est notamment critiqué pour ses récentes déclarations, que Kinshasa a jugées révélatrices d’une « méconnaissance de la criseactuelle». «Nous n’avons pas besoin de nouvelles pistes, et surtout pas par celui qui est perçu comme partial», a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Selon Kinshasa, Thabo Mbeki, qui a soutenu ceux ayant «tué par milliers», ne peut pas être un médiateur fiable. Le message est on ne peut plus clair : la République Démocratique du Congo ne s’engagera pas dans des discussions avec un individu dont l’évaluation de la crise est considérée comme erronée et en désaccord avec la position officielle.

La priorité à Doha

Au-delà de l’aspect partisan, le gouvernement congolais a justifié son refus par le fait qu’il existe déjà plusieurs processus de paix en cours. Patrick Muyaya a rappelé que la RD-Congo est déjà impliquée sur plusieurs fronts pour résoudre le conflit. Il a cité, entre autres, le processus bilatéral avec Washington, qui est directement lié aux tensions avec le Rwanda, ainsi que l’initiative de Doha, qui constitue une voie diplomatique complémentaire.

En interne, des confessions religieuses ont également élaboré une feuille de route après des discussions avec le Président. Pour le gouvernement, ces trois approches sont jugées adéquates et légitimes, tandis que la démarche de Mbeki est perçue comme superflue, avec le potentiel de créer une confusion nuisant aux efforts déjà en place.

Agression plutôt que conflit interne

Un autre point de discorde avec Kinshasa réside dans la manière dont le conflit est perçu. Depuis le début, le discours RD-congolais consiste à dénoncer une agression rwandaise. Pourtant, Mbeki semble, aux yeux de Kinshasa, accréditer les revendications du M23, un mouvement dont le soutien par le Rwanda a été documenté par les Nations Unies. Pour Muyaya, l’admission du rôle provocateur du Rwanda est inacceptable.

À ses yeux, la paix doit passer par une solution impliquant directement le Rwanda, et non par un dialogue élargi qui pourrait occulter les responsabilités. D’après plusieurs observateurs, le refus de Kinshasa constitue un signal fort en faveur de la souveraineté et de la cohérence. Le gouvernement a, selon eux, choisi ses alliés et ses plateformes de discussion, refusant de tolérer toute initiative qui ne s’inscrit pas dans sa vision de la crise. 

WIDAL

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