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Gouvernement Sama: les causes du retard

Les revendications des sociétaires, le respect de la géopolitique, la promesse de prendre en compte le genre et les jeunes, la boulimie et l’amateurisme de certains acteurs ainsi que, et c’est peut-être le débat imprévu, la migration juridique des groupes parlementaires identifiés comme problèmes…

Sama Lukonde a presque fait le job. Selon des sources proches de la Primature, le Premier ministre doit régler quelques détails importants avant la publication de son gouvernement. Le temps pris dans la composition de l’équipe attendue ne saurait lui être imputé, selon l’échographie de dépistage réalisé par AfricaNews.

Bien avant son accouchement, la légion Sama Lukonde a connu quelques problèmes congénitaux, des plus aléatoires aux plus complexes. Pas du tout aisé de former un ensemble homogène de moins de 50 membres, dans le souci justifié de contribuer à la réduction du train de vie des institutions, mais bâti sur un groupe de 391 députés représentants 24 groupes parlementaires, sans compter les mouvements de la Société civile et les personnalités indépendantes qui ont rallié l’Union sacrée, réclamant tous ou chacun un portefeuille ministériel. À ce propos, Gabriel Kyungu a craché sa colère le 28 mars dernier à Lubumbashi:

«Je suis parmi ceux qui sont révoltés. Moi j’en connais un peu plus et je sais pourquoi ça traîne et c’est tout simplement par ce qu’à Kinshasa tout le monde rêve Ministre. Particulièrement, nos amis de l’Assemblée nationale et des sénateurs. Bref, tous ceux qui ont adhéré à l’Union sacrée de la nation».

Le respect de la géopolitique, la promesse de prendre en compte le genre et les jeunes et l’amateurisme de certains acteurs politiques ont aussi retardé la sortie du gouvernement. Si le Secrétaire général a.i de l’UDPS, Augustin Kabuya, a récemment attribué cet ajournement à l’absence des candidates femmes sur les listes transmises au Premier ministre, dans certains états-majors politiques, des cadres ont fustigé la posture du même Kabuya. Le Secrétaire général a.i de l’UDPS est sermonné, d’une part, pour s’être permis de communiquer sur les tractations entre le Président, le Premier ministre et les chefs des partis et, d’autre part, pour avoir osé dévoiler en public le quota attribué à l’UDPS, étalant au passage la gourmandise et le désordre du parti dans la procédure de désignation de ses ministres.

«Cette boulimie doublée de manque de discrétion n’a pas seulement provoqué les mécontentements de certaines écuries politiques comme le MLC, l’AFDC-A et Ensemble obligées de revendiquer un traitement équitable. Elle a aussi handicapé la sortie du gouvernement parce qu’il a fallu reprendre les discussions avec les partenaires frustrés», a commenté jeudi un membre de la Société civile.

De l’avis de certains juristes, un autre détail de nature juridique pourrait, à son tour, accentuer le retard déploré. Ils sont convaincus que la fumée blanche ne pourrait finalement s’échapper qu’après la reconstitution des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale. C’est peut-être le débat imprévu, que personne n’a peut-être pas vu surgir.

«Il ne suffit pas de dire que l’on a identifié autant de groupes parlementaires membres de l’Union sacrée et autant de groupes parlementaires appartenant au FCC. Cette reconstitution institutionnelle et juridique s’impose et doit passer par l’amendement du Règlement intérieur de la Chambre basse pour permettre la migration juridique des groupes parlementaires après celle opérée individuellement par les députés», a expliqué Me Smeth Kusolika.

L’avocat a dit ne pas comprendre comment, par exemple, les Jean-Pierre Lihau et Alphonse Ngoyi Kasanji pourraient constituer un groupe parlementaire PPRD-Mosaïque sans faire réagir les bonzes de l’Avenue Pumbu. Il a le sentiment que, même si le Président et son Premier ministre devraient se passer de tous les revendications et publier les noms des ministres ce week-end comme l’ont annoncé plusieurs sources, il restera l’équation consistant à mettre le gouvernement en adéquation avec la migration juridique des groupes parlementaires de l’Union sacrée réellement constitués et acceptés comme tels.

Au demeurant, il faudra dire avec quels groupes parlementaires le Premier ministre irait-il faire le débat pour l’investiture de son équipe.

KISUNGU KAS

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