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Affaire BGFI banque : Nangaa accuse

En réaction aux affirmations de la presse belge relatives à une série de décaissements suspects sur un compte de la CENI à la BGFI, le président de la Centrale électorale dément et apaise les esprits, affirmant que les personnes qui ont effectué ces retraits ont qualité pour le faire, et l’argent a servi à la paie en cash du personnel et des temporaires
On le sait, les faits et gestes du staff de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- sont suivis à la loupe. Face aux accusations des retraits louches d’un montant de 7,5 millions sur un compte de la CENI logé à la BGFI Banque, Corneille Nangaa a dénoncé dimanche l’intoxication tendant à désorienter l’opinion et renforcer le climat de méfiance et de panique en RD-Congo.
«La CENI est comme une victime dans cette affaire. La CENI, cliente à la banque depuis 2009, ne trouve rien de compromettant dans les retraits des fonds destinés au paiement en cash de son personnel et des temporaires. On a fini les opérations au Nord-Ubangi. Il fallait payer les agents électoraux. On vient de lancer les opérations dans l’ex-Katanga mais ces gens doivent être payés. Et les personnes qu’on tente de faire passer pour des suspects sont des agents qualifiés et compétents pour procéder à ces retraits. Ce sont des comptables affectés à la Questure», a déclaré Corneille Nangaa, joint dimanche au téléphone peu après son retour de Lubumbashi.
Et d’ajouter: «Bien entendu, la Banque citée devait réagir pour calmer les esprits et nous sécuriser. Les gens sont peut-être choqués, je le comprends, parce que la presse belge a évoqué des liens entre la banque et certains noms mais la CENI est cliente à la BGFI au même titre que les autres clients, comme elle a des comptes dans d’autres banques.  Je ne suis pas d’accord avec cette manière de faire. Je dénonce et accuse les auteurs de cette campagne d’intoxication tendant à désorienter l’opinion et renforcer le climat de méfiance et de panique en République démocratique du Congo».
Nangaa faisait allusion aux révélations sur la RD-Congo et un présumé détournement des fonds destinés à l’organisation des élections qui ont fait la Une du quotidien belge «Le Soir» samedi 29 octobre 2016. Des révélations gênantes pour la Centrale électorale et la banque BGFI dont l’un des cadres, notamment Jean-Jacques Lumumba, membre de la famille de l’illustre ancien Premier ministre Patrice Emery Lumumba, a claqué la porte et livré une abondante et compromettante documentation à la presse belge.
L’article fait part de l’existence de deux comptes de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- et d’autres divulgations encore bien graves. «Il apparait que le gouvernement congolais a déjà versé des fonds destinés à financer l’achat du matériel électoral. Depuis janvier 2016, la CENI a reçu six versements du Trésor pour un total de 55 millions de dollars» dans un compte logé à la BGFI, y affirme-t-on.
 
Des figures bien connues au siège de la CENI
«Si ce n’est un chèque d’un peu plus de 900.000 dollars rien n’a été dépensé sur ce compte. Fin septembre, au moment où s’arrêtent nos informations, il reste à la CENI plus de 54 millions sur ce livret», ajoutent les auteurs, accusant cependant la Centrale électorale de jouer un double jeu avec un 2ème compte, un crédit de 25 millions de dollars, également logé à la BGFI, où des opérations douteuses sont signalées.
Selon l’article incriminé par Nangaa, outre des virements effectués au bénéfice de la société française Gemalto, fournisseur des kits électoraux commandés par la CENI, et des intérêts ponctionnés par la banque, des individus ont procédé, entre mai et septembre 2016, à des retraits par chèque pour un montant total de 7,5 millions de dollars.
Comme preuve, il y a un extrait d’un rapport d’audit de la BGFI réalisé par Pwc, «qui illustre parfaitement l’opacité de certains paiements réalisés par la banque», sur lequel «on observe d’étranges retraits par chèque» et où, «bizarrement toujours, les montants retirés sont particulièrement arrondis, avec au minimum cinq zéros à la suite».
Sur ces extraits, trois noms, trois personnes, trois femmes apparaissent. Il s’agit de Madame Kibango Mujinga Doris, qui a retiré 350.000 dollars; Madame Lenge Upungu Christelle 700.000 dollars et 1.500.000 dollars et Madame Claire Kisula 1.065.000 dollars.
Selon les informations d’AfricaNews obtenues des sources internes à la CENI, ces personnes sont des figures bien connues, elles sont affectées à la Questure: Kibango Doris et Lenge Christelle sont des comptables.
Jean-Pierre Kambila, directeur de cabinet du chef de l’Etat, a beau démentir ces informations qu’il qualifie de «montage et piège à cons», comme d’autres parues dans le même dossier du Soir et mettent en cause des proches du Président de la République, accusant dans un tweet «la coalition anti-Kabila» d’être passée «à la vitesse supérieure», Félix Tshisekedi n’est pas de cet avis. Toujours sur Twitter, le secrétaire général adjoint de l’UDPS soutient que «les révélations de Jean-Jacques Lumumba confirment l’absence de la volonté d’organiser les élections et dévoilent la raison du monologue de Tshatshi».
L’Association congolaise de défense des droits de l’homme -ASADHO- appelle, pour sa part,  le Procureur général de la République à diligenter des enquêtes sur ces malversations.
YA KAKESA

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