
La République Démocratique du Congo s’enrichit sur le papier, mais pas dans les caisses. Alors que le PIB bondit, les recettes de l’Etat stagnent. Pour le Professeur Gode Mpoy Kadima, ce paradoxe a un nom: affaiblissement des contrôles, reprise de la fraude et de la corruption.
Des chiffres interpellateurs
Selon les données citées par l’économiste, le PIB du pays est passé de 75 milliards USD en 2023 à 123 milliards USD en 2025-2026. Soit +64% en deux ans. Signe que la croissance économique est réelle. Dans le même temps, les recettes propres de l’Etat sont restées bloquées à 12 milliards USD.
Résultat: la pression fiscale réelle s’effondre. Elle tombe de 14% en 2023 à 10% en 2025-2026. Comprendre: Quand la richesse créée n’entre pas dans les caisses du Trésor, c’est qu’elle est captée en cours de route. C’est le signe d’un laxisme et d’un contournement des règles.
Contrôles contournés, impunité installée
Pour l’universitaire, trois facteurs expliquent cette déconnexion. La montée de l’économie informelle, la multiplication des exonérations fiscales, et surtout la reprise de la fraude et de la corruption au sein des régies financières. Les mécanismes de contrôle sont affaiblis. L’impunité s’installe et décourage les bons payeurs.
Un risque direct pour l’industrialisation
Avec une pression fiscale à 10%, Kinshasa est loin des 18% recommandés par le FMI pour les pays à faible revenu. Le risque, insinue Gode Mpoy, est de voir la croissance actuelle financer des réseaux plutôt que le budget.
Une situation qui pénalise directement les investissements dans l’industrialisation, les infrastructures et les services sociaux. Sans renforcement urgent de la traçabilité des recettes et des sanctions, la croissance profitera aux fraudeurs, pas à l’Etat. Un message direct au président de la République, Félix Tshisekedi.


