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Guerre dans l’Est: Marine Le Pen éclabousse l’Union européenne

Marine Lepen, chef de file de l’extrême droite française, s’est affichée sans gants, le temps d’une sortie médiatique sur «La Chaine info -LCI», pour éclabousser l’Union européenne, pour son rôle sombre dans la crise sécuritaire de l’Est de la RD-Congo, marquée par l’avancée des «terroristes» du M23, soutenues par le Rwanda. Marine Le Pen en a particulièrement marre de cette Union européenne moralisatrice et prête à faire des leçons à tous mais sans éthique. «Si l’Union européenne était si attachée à l’éthique, elle arrêterait d’être le receleur du pillage qu’effectue le Rwanda à l’égard de la République démocratique du Congo», a déclaré l’opposante d’Emmanuel Macron, présenté par plusieurs analystes comme le principal allié de Paul Kagame.

Le Pen n’a pas mâché ses mots: «le Rwanda pille les matières premières». Ces produits sont ensuite revendus à l’Union Européenne qui «ferme les yeux sur ce pillage». «On a fait beaucoup de morale, l’Union Européenne a fait beaucoup de morale, on pourrait beaucoup en parler d’ailleurs, parce que c’est un peu le syndrome Jonathann Daval, plus ça pleure, et puis en réalité, plus c’est coupable», a-t-elle tancé.

Vincent Hervouët, journaliste français et chef du service «Étranger» de LCI, est également du même avis. Dans un édito à la radio Europe, ce spécialiste du continent africain a récemment évoqué «une guerre qui n’intéresse guère». Cette crise vieille de 30 ans a fait 6 millions de morts. Une «estimation basse» pour ce qui est, selon l’éditorialiste français, la première hécatombe du 21ème siècle ou encore pire, «la première guerre mondiale africaine».

Alors que les projecteurs du monde entier sont braqués sur l’Ukraine et Gaza, Vincent Hervouët s’est interrogé si la guerre du Congo se déroulait sur la planète Mars. «Les miliciens du M23, soutenus par 3 à 4.000 soldats rwandais, ont lancé la nouvelle offensive en novembre. Début janvier, ils étaient à 80 kilomètres de Goma, l’ONU sonnait le tocsin, hier ils étaient à 6 kilomètres, les drones de l’armée rwandaise mettent l’ennemi en déroute, et ce matin, les assaillants sont à la porte de la ville. Goma a basculé dans le chaos, les hôpitaux sont débordés, les humanitaires aussi, les pillages ont commencé», a-t-il alerté avant la chute de Goma aux mains de l’armée rwandaise sous le regard impuissant des Nations Unies qui y a pourtant, depuis un quart de siècle, son plus important contingent de casques bleus. Pour ce journaliste, la victime d’hier, faisant allusion au génocide rwandais, est devenue le bourreau d’aujourd’hui.

Il y a quelques mois, l’Union européenne a conclu avec le Rwanda un mémorandum d’entente pour la chaine de valeur des minerais stratégiques. Sauf que le Rwanda ne possède quasi aucune des ressources concernées par l’accord. Un accord qui a clairement mis les 27 en position de recel. Déchaînée et révoltée, la brave Le Pen l’a dit tout haut. Elle a pris ses responsabilités et jeté le pavé dans la mare.

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