Dossier à la UneNation

François Muamba pas concerné par le rapport sur les 1000 maisons de Mukilango en circulation

François Muamba Tshishimbi, coordonnateur du Conseil présidentiel de veille stratégique -CPVS-, conteste avoir publié, comme récemment rapporté par les médias, notamment AfricaNews, un document attribué à son service concernant les 1000 logements sociaux de Mukilango. «Mon client, le coordonnateur du CPVS, n’a jamais publié le rapport qui lui est faussement imputé», a expliqué son avocat, Maître Robert Kahenga, dans une lettre non confidentielle adressée aux avocats du journal AfricaNews.

Cependant, plusieurs sources au sein des ministères et services de l’État impliqués dans l’affaire Mukilango affirment que la version en circulation a fuité lorsqu’un conseiller l’a transmise pour garantir à l’enquête son caractère contradictoire. Ce rapport, intégralement publié par le journal et exploité par une dizaine d’autres médias, dévoile les tenants d’une affaire ayant gravement impacté le Trésor public, impliquant l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi. Il expose comment des millions de dollars ont été engloutis dans un projet social censé être symbolique, sans aucune habitation livrée aux victimes. Le document dresse un tableau alarmant: dysfonctionnements, irrégularités et absence de planification. En plus de ces logements, le projet prévoyait également la construction de ponts et de routes à Mukilango, suite à la promesse du président de la République, Félix Tshisekedi, de reloger 750 familles touchées par les pluies dévastatrices de décembre 2022. Trois ans après le lancement d’un projet initialement prévu pour durer sept mois, le rapport signale un «énorme retard» et un «décalage entre le taux d’exécution physique et le taux d’exécution financière». Bien que 94 % du budget, soit 54,05 millions de dollars sur 57,48 millions, ait déjà été débloqué au profit de l’entreprise Milvest, les travaux n’avancent qu’à 27 %, laissant les victimes dans des conditions indignes. Les images sur le terrain reflètent tristement le contenu de ce rapport.

Pour ses rédacteurs, l’échec de ce projet «décredibilise» la confiance que les sinistrés peuvent porter au Président. Lors de «séances techniques» organisées avec Milvest et les institutions concernées, telles que l’ACOPRIM et le FONHAB, les enquêteurs ont mis en évidence un «dysfonctionnement général du cadre institutionnel de mise en œuvre du projet» ainsi qu’un «processus de passation des marchés irrégulier» induit par un accord informel. En résumé, le projet n’a jamais été officialisé par un quelconque acte légal ou réglementaire. Pire encore, les paiements effectués n’ont jamais été validés par le Fonds national de l’habitat, une exigence imposée par la loi. L’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, y est donc accusé d’avoir contourné les procédures habituelles de contrôle, se positionnant ainsi comme le principal comptable politique et moral d’un échec qui touche à la notion de détournement de fonds publics.

Dans le même temps, les familles sinistrées ont été plongées dans une misère extrême, n’ayant reçu ni relogement, ni aide humanitaire temporaire, ni même assistance sanitaire. Ce rapport souligne que ces carences ont conduit à des pertes de vies supplémentaires et ont privé de nombreux enfants d’accès à l’éducation. «Les évaluations réalisées lors de la mission, tant sur le terrain que par l’analyse documentaire, ont mis en lumière plusieurs contradictions nuisant à l’état d’avancement du projet du fait de sa gouvernance opérationnelle», peut-on lire. Dans le même rapport, un autre grief est formulé à l’encontre de Nicolas Kazadi, qui a conclu un «accord tacite» avec son homologue responsable de l’Urbanisme et de l’Habitat à l’époque, afin que la Cellule technique des projets de développement urbain, CT-PDU, l’ACOPRIM et le FONHAB supervisent et certifient les factures, toutes dépendantes du ministère de l’Urbanisme. Ainsi, selon le rapport controversé, l’ACOPRIM n’a exercé aucune forme de supervision, le FONHAB a fait fi des factures et la CT-PDU a agi en tant qu’observateur passif. «La mission a aussi noté que le FONHAB, dont le rôle est de certifier et d’approuver les factures de paiement pour les services, n’a certifié ni approuvé aucune facture à ce jour, justifiant un niveau de paiement évalué à 43,65 millions de dollars en faveur de MILVEST», ont constaté les enquêteurs, tout en déplorant que le ministère des Infrastructures et des Travaux publics n’ait pas été impliqué depuis le début du projet.

Ya KAKESA

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