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Révélations de «The new york times» : le PGR enquête, Kanku se défend

Aussitôt mis au parfum de ces révélations, le PGR a ouvert une enquête pour creuser davantage. Il est en attente du feu vert du président de l’Assemblée nationale pour pouvoir passer à la vitesse supérieure. Pendant ce temps, l’élu de Dibaya rejette en bloc ces allégations
Clément Kanku Bukasa, élu de Dibaya, est dans l’œil du cyclone. Impliqué, selon «The New York times», dans le sinistre affaire de l’assassinat de deux experts de l’ONU dans le Kasaï, il fait, depuis lundi dernier, objet d’une enquête initiée par le Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi. Consterné, Kanku a totalement réfuté ces allégations d’implication dans des actions criminelles.
Elu de Dibaya dans le Kasaï central, le député national Clément Kanku Bukasa wa Tshibuabua est dans le sale drap. Il serait pour quelque chose dans l’assassinat de Zaida Catalan et Michael Sharp, deux experts de l’ONU, en mars dernier dans le Kasaï. Samedi 20 mai 2017, le tabloïd américain «The New York times» a confirmé et affirmé l’implication de Clément Kanku dans les massacres perpétrés dans l’espace kasaïen d’où il est originaire. Selon ce journal, la victime Zaida Catalan détenait l’enregistrement d’une conversation téléphonique, en circulation libre sur les réseaux sociaux depuis le week-end dernier, entre Kanku et l’un des présumés auteurs de ces massacres.
Aussitôt mis au parfum de cette information qui défraie la chronique, le Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, s’est saisi du dossier. Devant la presse mardi 23 mai 2017, il a déclaré: «la nature et les circonstances de cette conversation ne peuvent aucunement laisser indifférent l’Officier du ministère public que je suis. Voilà pourquoi ce lundi j’ai été amené à ouvrir une enquête pour en savoir un peu plus».
En vrai homme de droit, Kabange Numbi, conscient du statut de député national dont revêt Clément Kanku, a saisi le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, pour conduire, sans entrave à la loi, cette enquête qu’il juge indispensable. Ce, conformément à la l’article 75 de la loi organique n°13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la cour de cassation. «Une fois cette autorisation préalable obtenue, je serai en droit de poser tous les actes qu’exige une instruction pré-juridictionnelle», a annoncé le PGR tout en énumérant les infractions qui seront retenues contre Clément Kanku si les faits sont établis à l’issue de l’instruction. Dans ce cas de figure, l’élu de Dibaya, selon le PGR, sera inculpé de participation à un mouvement insurrectionnel, incendies volontaires, destructions méchantes et association des malfaiteurs.
Pour Kabange Numbi, à ce niveau de la procédure, il n’est nullement question de chercher à obtenir levée des immunités. Il a en plus rassuré: «mon office reste ouvert à toute expertise locale ou étrangère pour élucider tout point de controverse».
Pendant ce temps, le présumé commanditaire de ces tueries à répétition dans l’espace kasaïen, Clément Kanku, a, mardi 23 mai 2017, fait sa toute première déclaration publique depuis la scandaleuse révélation de «The New York time». Kanku, dans un communiqué de presse moins long, a rejeté en bloc ces allégations. «Je suis consterné par ces allégations d’implication dans des actions criminelles que je réfute totalement», a-t-il dit. Kanku s’est dit convaincu que toute la lumière sera faite dans cette affaire et que justice sera rendue aux nombreuses victimes d’exactions abominables dans le Kasaï y compris les deux experts de l’ONU. «Je ne laisserai personne, par quelques artifices que ce soit, salir ni mon image ni la mémoire de ces nombreuses victimes qui attendent réparation», a prévenu l’élu de Dibaya, Clément Kanku Bukasa wa Tshibuabua.
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Laurent OMBA

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