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Fermeture des universités à Goma et Bukavu: Delly Sesanga refuse le sacrifice des étudiants sur l’autel de la guerre

La décision de Kinshasa de suspendre les activités académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur de Goma et Bukavu continue de susciter des réactions. Dans une déclaration publiée jeudi 27 août, Delly Sesanga a exhorté le gouvernement de faire marche arrière, craignant de voir les étudiants payer le prix d’une situation dont ils ne sont pas responsables. Pour l’ancien député national, «la guerre ne doit pas entrer dans les salles de classe». Faire le contraire, explique-t-il, serait une atteinte au droit à l’éducation. «On ne défend pas la République en fermant ses universités. On la défend en garantissant l’avenir de tous ses enfants», a-t-il ajouté.

Face à cela, il préconise au gouvernement de «rapporter l’arrêté de fermeture» et de «procéder à la réouverture immédiate de ces établissements». En même temps, il met en garde contre toute tentation «d’utiliser la population comme cible de sanctions de la situation de guerre que connait le pays».

Cette prise de position intervient tout juste trois jours après la décision de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire de radier plusieurs personnes de son secteur accusés d’entretenir des liens avec l’AFC/M23. Dans la foulée, Marie-Thérèse Sombo avait également décidé de la suspension des activités académiques dans toutes les institutions publiques des zones sous occupation rebelle. Ces mesures ont été prises à la suite de la désignation, début août par la rébellion, de nouveaux membres des comités de gestion dans dix établissements publics de Goma et Bukavu.

À Goma, cinq établissements sont concernés, notamment l’Université de Goma -UNIGOM-, l’Institut supérieur de commerce -ISC-, l’Institut supérieur des techniques médicales -ISTM-, l’Institut supérieur des techniques appliquées -ISTA- et l’Institut supérieur pédagogique -ISP. À Bukavu, six institutions sont visées, parmi lesquelles l’Université officielle de Bukavu -UOB-, l’ISC, l’ISTM, l’ISP, l’ISDR et l’ISAM.

Mais pour Sesanga, la réponse à l’occupation des villes «ne devrait pas se traduire par une rupture de la scolarité des jeunes qui y vivent». L’ancien candidat à la présidentielle a rappelé les prescrits des articles 42 et 43 de la Constitution qui consacrent notamment la protection de la jeunesse et le droit à l’éducation.

À Bukavu, le Conseil urbain de la jeunesse estime que la mesure touche plus de 25.000 étudiants dans les établissements publics. Des étudiants qui, de l’avis de Sesanga, ne sont responsables ni de l’occupation de leurs villes, ni des décisions prises par l’AFC/M23, ni des nominations de ses comités de gestion. «Pourquoi devraient-ils en subir la sanction?», interroge-t-il.

Le timing de la décision a été également été épinglé. S’il propose la mise en place des mécanismes garantissant la continuité des enseignements, Sesanga rappelle que plusieurs institutions sont en période d’examens. Ces mécanismes devraient également de valider les diplômes, sans pour autant «reconnaître ni légitimer l’administration imposée par les forces rebelles».

Tino Mabada

Doyen de la rédaction, Tino Mabada en est également le couteau suisse. Attaché à la rigueur journalistique, il suit avec une attention particulière les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la vie publique. À travers ses reportages et ses analyses, il s'attache à fournir une information claire, contextualisée et fiable, contribuant ainsi à la mission d'AfricaNews : offrir une information crédible, vérifiée et sans filtre.

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