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RDC: Adresse à la Nation 48h après l’installation des juges constitutionnels contestée par le FCC, Tshisekedi entretient le suspense!

Toute la surprise réside dans le fait que le camp du Chef de l’État aimerait le voir mettre fin à la coalition FCC-CACH, une option que lui-même a déjà rejetée par le passé, évoquant la crise politique qui ne profiterait pas au pays… Pendant ce temps, le Commissaire général de la Police a mis ses hommes en alerte…

C’est un communiqué de deux paragraphes, signé par Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, directeur de cabinet ad intérim du Chef de l’État RD-congolais, qui fait retenir le souffle à tout le peuple, à tout le pays. Le premier paragraphe annonce une adresse de Félix Tshisekedi à la nation ce vendredi. «La Présidence de la République porte à la connaissance de l’opinion que son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, s’adressera à la Nation, ce vendredi 23 octobre», lit-on dans ce communiqué. Puis, le deuxième paragraphe évoque le report à une date ultérieure du Conseil des ministres hebdomadaire.

«À cet effet, la 54ème réunion du Conseil des ministres prévue le même jour est reportée à une date ultérieure», précise-t-on. Selon la Constitution, le Chef de l’État s’adresse au moins une fois à la population devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès et son discours sur l’état de la nation ne fait l’objet d’aucun débat. Cependant, à cause de la crise persistante entre les membres de la collation au pouvoir, le Président de la République a été contraint à parler, loin, en dehors du Congrès.

Son adresse interviendra 48 heures après la prestation de serment de trois nouveaux juges de la Cour constitutionnelle mercredi 21 octobre au Palais du peuple. Une cérémonie boycottée par le camp du Front commun pour le Congo -FCC- de Joseph Kabila, notamment le Premier ministre, des ministres, députés et sénateurs et des présidents de deux chambres du Parlement. Tous avaient reçu le mot d’ordre de ne pas cautionner «l’illégalité», le FCC accusant le Président Tshisekedi d’avoir «violé la Constitution dans la nomination de ces juges à la Cour constitutionnelle». Allégations rejetées, non seulement par le camp Tshisekedi, mais également par le Conseil supérieur de la magistrature -CSM.

Du coup, le bras de fer est né. D’aucuns voient dans le report du Conseil des ministres hebdomadaire, la décision de Tshisekedi de ne pas parler avec les ministres FCC qui ont boudé la prestation de serment de trois nouveaux hauts juges. Le camp Tshisekedi est très remonté contre le FCC qu’il accuse de saboter les actions du Chef de l’Etat pour juste «ternir son image au sein de l’opinion nationale». «Ils ont exagéré. Tout excès nuit. Le FCC n’a pas d’injonctions à donner au Président de la République. Ils ont été au pouvoir pendant 18 ans. Ils savent ce qu’ils ont fait du pays. Ils vont s’en prendre à eux-mêmes car le Chef de l’État pourrait surprendre l’opinion ce vendredi et tout pourrait arriver, soit la dissolution du Parlement, soit la rupture de la coalition FCC-CACH», a laissé entendre un cadre de l’UDPS, visiblement en colère contre le camp Kabila.

Et ce, l’avis de Fatshi? La question vaut son pesant d’or. Sans entrer dans le secret présidentiel, Tshisekedi pourrait évoquer les relations tumultueuses entre son regroupement le Cap pour le changement -CACH- et celui de Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo -FCC. Au FCC, on se frotte les mains du fait que plusieurs ambassadeurs invités à cette cérémonie de prestation de serment n’aient pas fait le déplacement du Palais du peuple. Ce boycott a montré aux yeux du monde que la coalition au pouvoir a des divergences profondes qui mettent à mal la gestion orthodoxe du pays et son développement. Selon la CENCO, la coalition FCC-CACH a pris en otage le peuple tout entier.

À l’allure où vont les choses, le fonctionnement des institutions est bloqué. Le pays se trouve devant un dilemme: un Président de la République élu sans majorité parlementaire. Au vu du terrible tohu-bohu entre les sociétaires de la coalition, les us et coutumes politiques voudraient que le Président de la République puisse dissoudre le Parlement et organiser des élections anticipées pour se doter d’un Parlement acquis à sa cause.

Est-ce le cas pour la RD-Congo? Y a-t-il une crise grave entre le gouvernement et l’Assemblée nationale comme l’impose la Constitution? L’Institution Président de la République voudrait-elle se substituer à l’institution Gouvernement alors que le Haut représentant du Chef de l’État, l’ancien ténor mobutiste Kitenge Yezu, affirme dans un tweet que la politique est l’art de prendre le risque? Y aurait-il un autre risque envisagé après la sortie du Président pour installer des juges constitutionnels dont la nomination est jugée inconstitutionnelle par ses alliés du FCC, convoqués en réunion jeudi au QG de Procoki? C’est l’angoisse. Et le Président l’entretient bien avec le discours attendu.

Du côté FCC, on annonce que les conditions ne sont pas réunies pour que le Chef de l’État puisse recourir à la dissolution du Parlement. Tout le suspense, toute la surprise réside dans le fait que le camp du Chef de l’État aimerait le voir mettre fin à la collation FCC-CACH, une option que lui-même a déjà rejetée par le passé, évoquant la crise politique qui ne profiterait pas au pays. Tous les yeux sont désormais rivés sur la Cité de l’Union africaine. Le temps semble avoir suspendu son vol alors que le Commissaire général de la Police nationale a mis ses hommes en alerte.

Octave MUKENDI

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