AfricaNews a eu accès à un courrier explosif. Les élections à la FECOFA ont pris les allures d’un film d’action. Et le dernier rebondissement, plein de frissons, risque de faire mal. Maître Michy Enyeka, président de la commission électorale, a eu à sortir le carton. Il a soupçonné un «tripatouillage» des statuts et siffle contre l’organisateur et la FIFA.
Le monde est en train de regarder Kinshasa. Et Zurich. Avant la publication de la liste définitive avec le nom d’un candidat unique, l’arbitre s’est vu contraint de siffler contre l’organisateur et l’organe suprême. Le 26 avril 2026, Maître Michy Enyeka a écrit à Lyly Tshimpumpu, Secrétaire générale de la FECOFA, installée après le départ du Conor version Belinda Luntadila. Objet: «Transmission officielle du procès-verbal portant modification des statuts de la FECOFA».
Deux jours plus tôt, le scénario a basculé. Le 24 avril à 16h00, un mail d’Harraz Ahmed, de la FIFA, a atterri à la commission. En annexe: le PV de l’Assemblée générale extraordinaires du 11 janvier 2025, celle qui a changé les statuts. Avocat d’expérience et talentueux, Enyeka a du flair. Ce mail se révèle être le mail suspect. Zurich ne l’a pas expédié pour dénoncer une quelconque manœuvre dans les élections du 20 mai à la FECOFA. Zurich l’a envoyé pour couvrir un forfait présumé.
Le message a une triple mission: imposer une version, blanchir un texte douteux, contourner la commission. Dès lors, la responsabilité de Harraz Ahmed est engagée. Celle de la FIFA aussi. Riposte immédiate. Maître Enyeka a dû exiger de la SG Lyly Tshimpumpu deux documents: le PV du 11 janvier 2025, transmis de manière officielle, et le PV d’approbation par l’Assemblée générale suivante, obligatoire selon l’article 35. Sans ces pièces, les modifications sont nulles. Or la commission ne les a jamais reçues.
Pour casser l’omerta, le président de la commission électorale a pensé jouer la prudence et jouer collectif. Il a mis en ampliation des responsables de la FIFA, dont Harris Ahmed à la gouvernance, et l’ensemble de l’Assemblée générale de la FECOFA. Résultat: silence radio. Seuls les présidents des ligues du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de la Province Orientale ont brisé le rang. Les autres «se sont tus dans toutes les langues». Le mutisme devenait étrange et accablant.
Dès lors, la balle devait remonter le terrain. Elle est dans le camp de Lyly Tshimpumpu. Puis elle doit filer vers l’administration précédente: le dernier comité de normalisation coiffé par Madame Belinda Luntadila.
La FIFA mouillée
Un comité nommé par l’ancien secrétaire général de la CAF, aujourd’hui candidat unique à la présidence de la FECOFA. Juge et partie. Le conflit d’intérêts est sur la pelouse, en pleine surface.
Dans la panique, certains ont pensé couvrir le forfait par le Journal Officiel. Publier le faux PV pour le rendre «inattaquable et opposable à tous». Mauvais réflexe. Car le Journal officiel publie, il ne valide pas. Il n’efface pas la fraude. Fraus omnia corrumpit: un faux reste annulable par un juge ou le Tribunal arbitral du sport -TAS. Opposable, oui. Inattaquable, non. Surtout, Zurich s’est déjà mouillé. Le mail du 24 avril fait de la FIFA un acteur du dossier. Ceux qui l’ont fait publier au JO, ont donc signé la complicité.
L’affaire dépasse Kinshasa. C’est une affaire FIFA. C’est une affaire qui éclabousse la CAF. La commission électorale a sifflé contre l’organisateur, l’organe suprême, et le candidat devenu arbitre de ses propres règles. Mosengo ne saurait rien esquiver. En pratique, c’est la CAF qui a supervisé et normalisé. En tandem avec la FIFA, elle a mandaté le CONOR. La feuille de route: réviser les statuts de la FECOFA, garantir la conformité aux règlements internationaux, organiser des élections transparentes pour installer un nouveau comité exécutif. Le CONOR n’a rien inventé. Il a appliqué.
Ensuite, la CAF a contrôlé les compétences des dirigeants. Le CONOR a dû respecter à la lettre les statuts et règlements de la CAF sur la gestion sportive et administrative. La CAF a fixé le cadre. Le CONOR s’y est conformé.
La CAF a imposé réunions d’urgence et suivi rapproché. Elle a convoqué le CONOR pour évaluer sa gestion, corrigé la trajectoire, réorienté les actions. La transition a été scrutée, mesurée, recadrée. Le CONOR a rendu compte. La CAF a tranché. Le CONOR a agi comme un exécutif temporaire mandaté par la FIFA et la CAF pour réformer la FECOFA. La CAF a validé l’alignement des textes.
Pendant quatre ans, rien n’a bougé à la FECOFA sans l’aval du Caire. La normalisation a été sous tutelle. En novembre 2023, Mosengo, alors Secrétaire général de la CAF, avait suspendu les membres élus de la commission électorale et de la commission de recours, notamment les comités Donat Liwoke et Mechak Lomongo, suscitant colère et contestation de leur part. Une preuve supplémentaire qu’il manipulait déjà la procédure en sa faveur.
Parce que la commission électorale version Enyeka a braqué les statuts et le PV litigieux publiés venus de la FIFA, Lyly Tshimpumpu, Belinda Luntadila, l’administration de la CAF et Harraz Ahmed doivent répondre. Avec les vrais PV. Pas des annexes arrangées et parachutées par un mail FIFA. «Michy Enyeka a écrit pour se mettre à l’abri et sauver l’honneur de sa commission. Mais le processus a pris l’eau», a confié un expert. C’est le climax du film des élections 2026 à la FECOFA, le moment le plus intense, où les personnages principaux doivent affronter le conflit majeur, sous l’œil attentif du public. Saga émotionnnelle en perspective. Prière de serrer les dents. Mains sur la bouche, visages fermés ou regards perdus, comme lors de la présentation du programme du candidat Mosengo. Ils savaient. Ils savent que tous -bénéficiaires directs, FIFA, CAF, FECOFA et la République Démocratique du Congo- risquent de passer par tous les états.


