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RDC : Le FCC organise la contre-offensive

Après la déchéance du Bureau Mabunda, le Front commun par le Congo -FCC- organise la contre-offensive, en prévision de la session extraordinaire. L’autorité morale Joseph Kabila a personnellement donné le ton avec la mise en place d’une Cellule de crise dirigée par un autre fidèle des fidèles, Raymond Tshibanda Ntungamulongo, et dans laquelle les alliés du PPRD semblent avoir la part belle. Tshibanda et ses équipes ont reçu mission de faire l’inventaire des troupes, d’entendre chaque député et chaque sénateur FCC en vue d’identifier, de comprendre les problèmes à l’origine du malaise et de trouver les réponses idoines. Des sources ont confié le weekend que c’est fort des résultats encourageants engrangés par la Cellule de crise, qui ne vient pas se substituer à la Coordination, que le porte-parole André-Alain Atundu a fait une sortie médiatique jeudi dernier à Kinshasa.

C’est un Atundu très tranchant, avec un langage soigneusement aiguisé, qui s’est présenté à la presse, la veille de la Noël, pour donner la réaction du FCC face «à la situation politique ambiante créée par la décision unilatérale du Président Tshisekedi de mettre fin à la coalition FCC-CACH pour la remplacer par l’Union sacrée de la nation».

«L’Union sacrée de la nation, ce projet FCCcide, n’est pas la voie idoine pour consolider la cohésion nationale, renforcer la souveraineté de la République, déclencher un élan de développement économique et améliorer de façon significative la situation sociale de nos populations. Bien pire par sa philosophie politique de déconstructionnisme et d’ostracisme, l’Union sacrée de la nation hypothèque dangereusement la cohésion nationale et la dignité du Peuple congolais», a estimé André-Alain Atundu, considérant, dans cette déclaration, «les escarpements d’ordre politique, économique, juridique et sociologique de la montagne des problèmes que soulève l’initiative du Chef de l’Etat».

Union sacrée, un bâtard démocratique

Aux yeux d’Atundu, l’Union sacrée est «un bâtard démocratique», un «coup d’épée dans l’eau» et un «gâchis», convaincu que la déchéance du bureau Mabunda est une illusion de prestidigitation, malicieusement exploitée par les ennemis du FCC comme un effritement et un basculement de la Majorité. «Grande et grave méprise!», a-t-il martelé, expliquant que tous les transfuges du FCC au sein de l’Union sacrée de la Nation devraient signaler leur honteuse défection au bureau de l’Assemblée nationale, avec comme conséquence la perte de leur mandat et leurs remplacements par les suppléants qui se reconnaissent du FCC. «Telle est l’exigence d’un Etat de droit», a souligné Atundu. Autrement, le FCC n’a pas perdu son écrasante majorité à la Chambre basse, à scruter les propos d’Atundu qui n’a pas omis de saluer le combat mené «avec hargne et courage» par les élus FCC à l’Assemblée nationale en vue de «contenir la terrible bourrasque politique faite de trahison, d’ingratitude, de rancœur, de rancune et d’aversion contre Kabila, loin du prétendu intérêt du Peuple d’abord qu’ils continuent néanmoins de proclamer sans vergogne et sans remord».

Saisissant la balle au bond, André-Alain Atundu a profité de sa rencontre avec les chevaliers de la plume et du micro pour fustiger le comportement d’une «masse de mutants qui donnent la Majorité au pouvoir ou à l’opposition selon la satisfaction de leurs frustrations financières et de leurs humeurs cyclothymiques».

«En plus d’être politiquement incorrecte, cette pratique communément répandue au sein de la classe politique congolaise heurte violemment la morale et les bonnes consciences. Certains sont partis avec une telle précipitation qu’ils ont oublié de remettre Kabila Désir à son propriétaire légitime», a dénoncé Alain Atundu. Et de poursuivre: «les panégyriques du Président Tshisekedi se présentent abusivement comme un courant nouveau dans la vie politique, alors qu’ils ne sont que de vils démarcheurs, appâtés par le fumet du gain immédiat et facile. Des marionnettes en somme».

La réaction de Kabila en maturation

A la suite de cette «situation d’imbroglio politique créée artificiellement et intentionnellement», Alain Atundu est revenu sur l’attitude à adopter par les regroupements membres du Front commun pour le Congo -FCC.

«Face à la furie actuelle, essentiellement alimentée par les transfuges FCC et les talibans, le FCC, aligné derrière le Président Kabila reste serein et occupé à évaluer correctement la situation pour donner des orientations précises et fixer un cap», a-t-il fait savoir, avant d’exhorter «les mini groupements qui scintillent çà et là au sein du FCC de prendre leur mal en patience pour ne pas donner une fausse impression de panique et de subir les événements».

Selon Atundu, les membres du FCC sont tenus «d’attendre le mot d’ordre du Chef, car le FCC n’est pas un avion sans pilote et en chute libre ni le radeau de la Méduse». Il y a lieu de croire en une contre-offensive en pleine élaboration par la cellule de crise du regroupement kabiliste après le divorce d’avec le CACH et la pluie de défections. A en croire Atundu, la décision tant attendue de Kabila est «en maturation».

D’où, l’appel d’Atundu aux partenaires politiques et sociaux de Kabila à «se mettre en ordre de bataille et à se tenir prêts, sabre au clair, à suivre les orientations stratégiques de notre Autorité morale dans l’intérêt supérieur du pays et de la population congolaise». De son avis, il n’est pas nécessaire de provoquer une fragmentation du FCC par des initiatives qui ne concourent pas nécessairement à l’intérêt, bien compris, du FCC et de l’Autorité morale.

Dans un élan de confiance envers le «grand stratège» qu’est Joseph Kabila, Atundu a, avec force et sur un ton interrogatif, souligné: «Puisque le FCC a déjà victorieusement affronté les houles furieuses, qu’a-t-il à craindre à présent des frémissements des eaux du fleuve provoqués par quelque brise matinale?»

Le ton de la contre-offensive semble être déjà donné par Kabila en prévision de la session extraordinaire en instituant une Cellule de crise dirigé par un autre fidèle des fidèles, l’ancien ministre des Affaires étrangères et Coopération internationale Raymond Tshibanda Ntungamulongo, et dans laquelle les alliés du PPRD semblent avoir la part belle. Leur mission: faire l’inventaire des troupes, entendre chaque député et chaque sénateur FCC. Ce, en vue d’identifier, de comprendre les problèmes à l’origine du malaise et de trouver les réponses idoines. Des sources ont confié que des résultats encourageants sont déjà engrangés par la Cellule de crise, qui ne vient pas se substituer à la Coordination.

République des copains et des coquins

Devant les chevaliers de la plume, Atundu s’est donné l’opportunité de livrer sa pensée qui fait suite à la question «où va notre pays?».

Sa réponse: «A l’allure où vont les choses, si l’on n’y prend garde, notre démocratie va créer une République des copains et des coquins au détriment d’un Etat de droit, de progrès et de solidarité». Et d’expliquer: «Une république des copains est celle où l’élément déterminant de nomination politique consiste au meilleur souvenir de proximité des temps anciens. S’éloigne ainsi l’ambition de créer un Etat de droit où seuls comptent la vertu et le talent, le professionnalisme et la compétence». Puis: «La république des coquins est une république où la compétence se mesure au degré de trahison à Kabila et à la saveur corsée de vitupération contre le FCC».

A en croire Atundu, les partisans de cette république se recrutent en grand nombre au sein de l’Union sacré. Ils «pensent plus à leur positionnement et à leur dividende personnel. Qu’importe les cris du Peuple ou son abandon, seul compte le gain financier immédiat, évalué au regard d’une rente de situation immédiate et conséquente, qu’ils qualifient hypocritement de satisfaction des frustrations créée par le FCC et Kabila».

Laurent OMBA

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