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Elections des gouverneurs : les 3 indépendants qui ont battu la Majorité

A l’Equateur, dans la Mongala et le Bas-Uélé, les non-alignés n’ont laissé aucune chance à leurs concurrents tant de la Majorité présidentielle que de l’Opposition. Leurs images dans cette édition 
De l’élection du gouverneur de l’Equateur, la Majorité présidentielle -MP- voulait faire un symbole en bataillant aux côtés de Jean-Claude Baende, ancien n°1 de la grande province de l’Equateur évincé par ordonnance présidentielle pour mégestion et invalidé par la CSJ pour fraude, tricherie et violences électorales aux législatives du 28 novembre 2011 à Mbandaka. Las, un jeune, une nouvelle figure, Tony Cassius Bolamba, l’a emporté, captant 73% des suffrages des députés provinciaux, opposant son étiquette d’homme nouveau et tenace à la témérité du candidat de la Majorité.
Au soir de l’élection, le 26 mars, une marée humaine en liesse a envahi les rues de Mbandaka, chef-lieu de la nouvelle province de l’Equateur, pour célébrer le sacre du jeunot Tony Cassius Bolamba, 44 ans,  opposé à Jean-Claude Baende, de dix ans son ainé, présenté par la Majorité présidentielle et qui avait déjà occupé ce poste pendant près de 5 ans avant le démembrement de l’ancienne province. Contre toute attente, Bolamba a recueilli 17 voix sur 23 attendues, soit 73% des suffrages. «Je viens d’être élu gouverneur de la province de l’Equateur avec 17 voix sur 23. Je remercie Dieu, les députés provinciaux de l’Equateur et la population de l’Equateur», a déclaré Bolamba, cité par la presse. A y regarder de près, le quadra doit cette victoire à sa ténacité et à une campagne bien ficelée par une équipe bien rodée, conduite par le député national MP Henry-Thomas Lokondo.
La Majorité présidentielle -MP- voulait faire un symbole en bataillant aux côtés de Jean-Claude Baende. Elle a déployé pour ce faire une équipe costaud menée de son Bureau politique accompagnée du ministre d’Etat en charge du Budget, apprend-on.
Mais plusieurs sources affirment que Lokondo, le coach, a abattu un travail idéologique destiné à conscientiser les députés provinciaux, considérant comme une insulte le fait de contraindre les élus provinciaux à voter un cadre de la Majorité révoqué par le Président de la République pour mégestion et invalidé par la Cour suprême de justice pour fraude, tricherie et violences électorales à l’issue des législatives nationales du 28 novembre 2011.
 
Victime d’un frais passé
Dans un post samedi sur son mur Facebook, le député UNC Sam Bokolombe a ces commentaires: «Dans un vote rejet plutôt que d’adhésion, néanmoins un vote de dignité, de fierté, d’orgueil, de cohérence mais surtout de preuve d’humanité, les député provinciaux de l’Equateur optent pour le jeune Tony Bolamba en qualité de gouverneur de province». Puis: «Mon jeune frère Jean-Claude Baende est victime d’un frais passé que certainement les filles et les fils de l’Equateur ont refusé de revivre».
Joint dimanche au téléphone, le député Lokondo laisse entendre qu’il s’agit d’un vote sanction, assurant avoir suggéré au tombeur de Baende de travailler sous la direction du Président de la République, dans l’intérêt tant de la province que du pays tout entier.
Licencié en Relations internationales de London School, Tony Bolamba, ancien de Tumba au Kongo Central et diplômé d’Etat en Pédagogie générale du Collège Boboto, a essentiellement évolué dans le secteur privé, notamment dans les multinationales et pour son propre compte.
Comme à l’Equateur, le gouvernorat de la Mongala a également échappé au contrôle de la MP et de l’Opposition au profit d’un autre indépendant, l’ancien député provincial MLC Bienvenu Essimba a réussi à s’imposer face à un poulain de la Majorité, l’AFDC Louis Mbonga, transfuge de l’UFC de Léon Kengo wa Dondo.
Autre non-aligné, Armand Borrey Kasumbu Mbaya a, lui aussi, fait parler la poudre dans le Bas-Uélé, l’autre province sur laquelle la MP avait sérieusement misé et où son candidat, l’ECT Robert Payisayo, a été moins coriace. Armand Borrey Kasumbu a été ministre du Plan dans le gouvernement Bamanisa aux commandes de l’ex-Province Orientale entre 2012 et 2015.
AKM

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